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Conseil municipal : Delafosse dévoile ses 26 adjoints et un budget de 157 millions d’euros

Michaël Delafosse a présidé mercredi 8 avril le premier conseil municipal de son second mandat. Réélu le 22 mars avec 50,13 % des voix à la tête de la liste « Demain Montpellier », le maire socialiste a dévoilé sa nouvelle équipe de 26 adjoints, présenté les orientations budgétaires 2026 et fait face à une opposition insoumise plus nombreuse et plus combative.

Délégations remaniées, investissements en hausse, fiscalité stabilisée et passes d’armes avec La France Insoumise : retour sur une séance dense qui donne le ton de la mandature 2026-2032.

Douze nouveaux visages parmi les 26 adjoints

Sur les 25 adjoints du premier mandat, seuls 14 sont reconduits. Douze nouveaux élus font leur entrée dans l’exécutif municipal, signe d’un renouvellement assumé par le maire. Parmi les départs notables, Véronique Brunet, ancienne première adjointe, a choisi de ne pas se représenter. Maryse Faye (urbanisme) s’est retirée pour raisons de santé.

Sébastien Cote devient premier adjoint, chargé de la tranquillité publique, de la prévention et de la cohésion sociale. Un positionnement qui place la sécurité au sommet des priorités affichées. Aux finances, poste stratégique dans une ville de 300 000 habitants, c’est Serge Guiseppin qui prend les commandes. L’homme n’est pas un inconnu : ancien directeur de campagne de Mohed Altrad en 2020, il a depuis rejoint le camp Delafosse.

Autre ralliement remarqué : celui de Muriel Ressiguier, ex-députée La France Insoumise, qui hérite du portefeuille des solidarités. Parmi les délégations qui reflètent les priorités du mandat, on retrouve la politique alimentaire confiée à Marie Massart, la ville numérique et l’intelligence artificielle attribuées à Manu Reynaud ou encore le bien-être animal confié à Eddine Ariztegui.

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Cette composition rompt avec la majorité sortante. Les départs de figures historiques comme Véronique Brunet marquent un tournant stratégique pour la majorité socialiste, recentrée sur des enjeux sécurité et finances publiques.

Un budget d’investissement de 157 millions d’euros

Le débat d’orientation budgétaire (DOB) constituait le plat de résistance de cette séance inaugurale. La majorité a mis en avant la bonne santé financière de la Ville, classée deuxième sur douze par l’Institut Montaigne avec une note de 7/10, témoignant d’une gestion financière solide et reconnaissable à l’échelle nationale. L’épargne brute atteint 76 millions d’euros en 2025, contre 61 millions un an plus tôt. La dette par habitant s’établit à 1 338 euros, avec une capacité de désendettement de 6,7 ans.

Taux d’imposition : stabilité maintenue

Côté recettes, les taux d’imposition restent inchangés pour la seconde année consécutive. Delafosse s’est engagé à maintenir ces taux sur l’ensemble du mandat, signalant une stabilité fiscale préservée pour les ménages montpelliérains.

Type d’impôt local Taux 2026 Foyer type
Taxe foncière bâtie 52,63 % Propriétaires de biens immobiliers
Taxe d’habitation (résidences secondaires) 22,49 % Propriétaires de résidences secondaires
Taxe foncière non bâtie 112,71 % Propriétaires de terrains

Investissements prioritaires et créations d’emploi

Le budget d’équipement atteint 157 millions d’euros en 2026, avec des efforts supplémentaires pour les écoles (1,2 M€), la petite enfance (0,9 M€) et la création de postes de police municipale (1,6 M€). Plusieurs grands chantiers sont programmés : la Cité de l’Alimentation, l’Hôtel des Sécurités, la rénovation énergétique des écoles et crèches (4 millions d’euros) et le vaste projet de parc Lunaret-Lavalette-Montmaur. L’ensemble devrait générer ou maintenir environ 1 600 emplois selon la majorité.

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La santé financière affichée (7/10 à l’Institut Montaigne, 76 M€ d’épargne brute) permet à la majorité de financer ces investissements sans hausse fiscale, un argument clé dans le débat politique local.

Socialistes contre Insoumis : le ton est donné

L’opposition La France Insoumise, qui a doublé ses effectifs en passant de trois à huit élus, a livré une critique méthodique du budget présenté. Nathalie Oziol, cheffe de file du groupe insoumis, a dénoncé un manque d’ambition politique.

« Gérer la dette n’est pas une orientation politique. »

Nathalie Oziol, cheffe de file La France Insoumise au conseil municipal

Son colistier Antoine Bertrand a reconnu l’équilibre comptable tout en pointant un décalage avec la réalité sociale des Montpelliérains, évoquant la crise du logement et l’insuffisance des moyens alloués à la rénovation thermique des écoles. Du côté de la majorité, Julie Frèche a défendu le bilan en rappelant la gratuité des transports en commun, estimée à 1 500 euros d’économies annuelles par foyer, ainsi que les six épiceries solidaires et l’encadrement des loyers mis en place durant le premier mandat.

Le débat s’est aussi cristallisé autour du règlement intérieur. Delafosse a obtenu l’extension de ses pouvoirs de décision sans vote du conseil à 29 domaines. L’opposition a voté contre, dénonçant une concentration des pouvoirs. Alenka Doulain a interpellé le maire sur le cumul de ses fonctions de président de la Métropole et de maire, avec des indemnités cumulées dépassant 8 000 euros mensuels.

Cette centralisation des pouvoirs (29 domaines de décision sans vote du conseil) divise fortement. L’opposition dénonce un recul démocratique, tandis que la majorité justifie cette mesure par une meilleure efficacité administrative. Un enjeu politique majeur pour le mandat.

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Cinq commissions pour structurer le mandat

Le conseil a également validé la création de cinq commissions thématiques qui remplaceront les précédentes structures de travail et reflètent les grandes orientations du programme « Demain Montpellier ».

Commission Enjeux clés
Ressources Budget, finances publiques, gestion patrimoniale
Rayonnement et attractivité Développement économique, tourisme, image de la ville
Services à la population Éducation, santé, transports, voirie
Cohésion sociale Solidarités, logement, emploi, discriminations
Aménagement durable Urbanisme, environnement, transition écologique

Ce premier conseil s’inscrit dans la continuité de l’installation du conseil métropolitain, qui réunit 102 élus issus des 31 communes de la métropole. La prochaine échéance politique majeure est attendue en septembre, avec la présentation du plan pluriannuel d’investissement qui détaillera la feuille de route financière jusqu’en 2032.