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Affaire Aveyron : Audrey et Angela retrouvées mortes au Portugal, Montpellier au cœur de l’enquête

Signalées disparues le 20 mars depuis Vailhourles, en Aveyron, Audrey et Angela ont été retrouvées mortes au Portugal le 25 mars 2026. Leur ex-compagnon commun, Cédric Prizzon, ancien policier de 42 ans, a été arrêté la veille lors d’un contrôle routier à Mêda. Le parquet de Montpellier, qui dirige l’enquête depuis le 23 mars, a immédiatement retenu les chefs de meurtres aggravés.

C’est l’une des affaires criminelles les plus suivies de ces derniers jours en France, avec un fil judiciaire qui passe directement par la capitale héraultaise.

Une semaine de fuite qui s’achève à la frontière hispano-portugaise

Tout commence le vendredi 20 mars 2026 dans le petit village de Vailhourles, 650 habitants, perdu dans les causses aveyronnais. Audrey, 40 ans, disparaît avec son fils de 13 ans. Les enquêteurs identifient rapidement Cédric Prizzon, son ex-compagnon dont il avait perdu la garde légale. L’homme est également parti avec sa nouvelle compagne Angela et leur fillette de 18 mois.

La traque prend une dimension internationale en quelques jours. Le mardi 24 mars, Cédric Prizzon est interpellé lors d’un contrôle routier à Mêda, petite localité d’environ 7 000 habitants à moins de 200 km à l’est de Porto, non loin de la frontière espagnole. Dans son véhicule, les enquêteurs découvrent une carabine, de fausses plaques d’immatriculation et 17 000 euros en espèces. Les deux enfants, son fils et sa fille en bas âge, sont retrouvés sains et saufs.

Le lendemain, les autorités portugaises localisent les corps des deux femmes. Enterrés dans un lieu isolé, selon les premières informations communiquées, ils sont identifiés comme étant ceux d’Audrey et d’Angela.

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Montpellier au cœur de la procédure judiciaire

Dès le 23 mars, le parquet de Rodez s’est dessaisi du dossier au profit du pôle criminel de Montpellier, en raison de la gravité des faits. Le procureur Thierry Lescouarc’h a ouvert une information judiciaire pour enlèvement et séquestration, confiée à deux juges d’instruction. C’est depuis le palais de justice de Montpellier que les réquisitions et les actes de la procédure sont pilotés, en étroite coopération avec la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse et les autorités judiciaires portugaises.

Le 25 mars, après la découverte des corps, le parquet de Montpellier a pris un réquisitoire supplétif des chefs de meurtres aggravés. Les deux magistrats instructeurs déjà saisis ont été notifiés. La qualification initiale cède ainsi la place à des accusations autrement plus graves, passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

« Il a déjà été condamné pour non-représentation d’enfant et harcèlement sur son ex-conjointe. »

Nicolas Rigot-Muller, procureur de la République de Rodez

Un passé judiciaire chargé, un profil préoccupant

Le profil de Cédric Prizzon n’est pas celui d’un primo-délinquant. Ancien policier, il avait déjà été condamné pour avoir soustrait illégalement son fils à la garde maternelle. En 2021, il l’avait emmené en Espagne pendant plusieurs semaines sans autorisation. Ses relations conflictuelles avec son ex-compagne avaient conduit à des condamnations pour harcèlement. En 2023, il avait participé à des grèves de la faim lors de mouvements de pères contestant leur droit de garde.

Ces antécédents avaient pourtant conduit à lui retirer la garde de son fils. La mesure n’a manifestement pas suffi à l’écarter d’un passage à l’acte que personne, semble-t-il, n’avait anticipé dans toute sa gravité. Une question que les juges d’instruction montpelliérains devront examiner dans le cadre de l’information judiciaire.

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Une coopération européenne décisive

La localisation du suspect en territoire portugais a nécessité une activation rapide des mécanismes d’entraide judiciaire européenne. Les enquêteurs ont pu croiser des données de géolocalisation et des relevés téléphoniques pour retracer le parcours de Cédric Prizzon depuis l’Aveyron jusqu’à Mêda. La coopération entre la section de recherches de Toulouse, les services judiciaires portugais et le parquet de Montpellier a permis de conclure en moins d’une semaine une affaire qui aurait pu s’étirer sur des mois.

Les corps d’Audrey et Angela ont été remis aux autorités françaises compétentes dans le cadre des procédures d’identification. Cédric Prizzon, placé en garde à vue dès son arrestation, devrait être présenté prochainement aux juges d’instruction du tribunal judiciaire de Montpellier dans le cadre d’une procédure d’extradition.

L’affaire reste sous instruction judiciaire. Cédric Prizzon bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à un éventuel jugement.