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Chaufferie CSR d’Amétyst : Montpellier vote pour, la consultation s’ouvre lundi

Perspective du projet de transformation du site Amétyst à Montpellier, zone de Garosud

Les élus montpelliérains ont donné leur feu vert au projet de transformation d’Amétyst et à sa future chaufferie CSR, mardi 6 octobre, après plusieurs heures de débat. Le vote est tombé six jours avant l’ouverture de la consultation publique, un calendrier que les élus d’opposition contestent. Les habitants auront jusqu’au 12 janvier pour déposer leurs observations.

Un avis sollicité par la préfète, rendu avant la parole des habitants

La séance publique en comptait cent-sept à son ordre du jour et a duré près de six heures. Le point consacré à Amétyst portait sur le permis de construire et sur la demande d’autorisation environnementale déposés pour installer sur le site une filière de combustibles solides de récupération (CSR). Sollicitée par la préfète de l’Hérault, la Ville devait se prononcer, au même titre que Lattes, Saint-Jean-de-Védas et Villeneuve-lès-Maguelone.

L’avis favorable a été adopté avec 16 voix contre. Le décompte des abstentions diffère selon les comptes rendus : huit dans celui publié par la Ville, neuf selon Hérault Tribune. Ce vote ne vaut pas autorisation : il s’inscrit dans l’instruction de la demande d’autorisation environnementale et du permis de construire.

Un site où la moitié des déchets ressort sans être valorisée

Mise en service en 2008 au 230 rue Raymond Recouly, dans la zone de Garosud rattachée au quartier Croix d’Argent, l’usine méthanise la part organique des ordures ménagères résiduelles ainsi que les biodéchets. Le dossier de consultation mis en ligne par la préfecture indique que les refus ont représenté 51 % des déchets traités en 2025. Autrement dit, la moitié du tonnage traité en ressort sans valorisation.

Une échéance réglementaire durcit encore le tableau. Le 1er janvier 2027, le compost produit à partir des ordures ménagères résiduelles perdra le droit de retourner au sol, soit un débouché d’environ 30 000 tonnes chaque année. Si rien ne change sur le site, la collectivité estime que le taux de refus pourrait grimper à 80 % dès l’an prochain. En 2026, l’usine traite quelque 110 000 tonnes de déchets résiduels ramassés dans la métropole. Le centre de tri Demeter absorbe de son côté quelque 31 500 tonnes d’emballages ménagers.

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Une chaufferie de 20 MW et un bâtiment de tri supplémentaire

Le projet porté par Urba Méditerranée, filiale du groupe Urbaser Environnement, repose sur quatre composantes décrites dans le dossier soumis au public :

  • la fabrication d’un combustible solide de récupération à partir d’une fraction des refus de tri des OMR et des digestats séchés, privés de retour au sol
  • une chaufferie interne brûlant ce combustible pour produire chaleur et électricité, en partie autoconsommées, injectées pour le reste dans le chauffage urbain et dans le réseau d’électricité
  • un bâtiment de tri pour valorisation de déchets, destiné à préparer un combustible à haut pouvoir calorifique réservé à des débouchés extérieurs comme les cimenteries
  • une unité d’épuration du biogaz en biométhane injecté dans le réseau de gaz

La capacité maximale de l’unité CSR est fixée à 42 525 tonnes par an. La fiche publiée par la Métropole précise que la chaufferie affichera une puissance de 20 MW et valorisera environ 40 000 à 50 000 tonnes. La plateforme de participation de la collectivité annonce quelque 10 000 équivalents-logements de plus raccordés au chauffage urbain, une production de biométhane pouvant atteindre 90 000 MWh par an et une capacité de traitement des biodéchets portée jusqu’à 33 000 tonnes annuelles. Le réseau de chaleur des Grisettes serait étendu vers le sud de la ville.

Urbaser environnement a été retenu comme délégataire par une délibération du conseil de Métropole du 16 juillet 2025, pour un contrat de quinze ans courant depuis le 1er janvier 2026. Le coût global pour la collectivité atteint 402 millions d’euros hors taxes sur la durée du contrat, dont 109 millions d’investissements. La Métropole vise la fin 2029 pour la mise en service de la chaufferie, le dossier présenté aux élus évoquant pour sa part un horizon autour de 2030 pour l’ensemble des nouveaux équipements.

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Les oppositions réclament un moratoire

Julia Mignacca, élue La France insoumise, a concentré ses critiques sur la méthode. Elle a demandé que l’assemblée attende la fin de la consultation avant de se prononcer, estimant que « la parole des habitants ne peut pas arriver après la décision politique ». Son collègue Rhany Slimane a dénoncé un déficit d’information auprès des quartiers voisins : « Je ne comprends pas cette obstination, ce manque de transparence, ce manque de démocratie. »

Marie-France Boisbault, qui siège hors du groupe Montpellier Notre Fierté depuis son exclusion, a réclamé « un moratoire immédiat » en pointant les substances issues de la combustion. Salim Jawhari a pour sa part opposé l’équipement à la politique zéro déchet, adoptée en 2022 par la Métropole : « On ne peut pas d’un côté expliquer que l’objectif est de réduire et de produire toujours moins de déchets et de l’autre dimensionner une installation pour en brûler plus de 42 000 tonnes par an. » Des élus ont saisi la Commission nationale du débat public, sans obtenir gain de cause à ce stade.

Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. Elles s’étaient déjà exprimées lors de la première réunion publique du 11 mai, salle Fernand-Pelloutier, puis dans le livre noir publié en septembre par l’association Urbanisme & Citoyens, qui réclame l’abandon pur et simple du projet. Face aux critiques, la Ville avance plusieurs garanties ajoutées au dossier : un laboratoire indépendant mènera des contrôles d’émissions en plus de ceux déjà prévus, un organisme indépendant conduira une étude complémentaire, les analyses seront étendues aux PFAS et les données de surveillance seront publiées en open data. Selon la Ville, le porteur du projet s’engage sur des rejets atmosphériques pouvant descendre jusqu’à trente fois sous les plafonds réglementaires selon les polluants.

Delafosse défend une sortie de la dépendance

Michaël Delafosse a longuement plaidé pour le projet. Son argument central tient à l’impasse actuelle : depuis la fermeture totale de la décharge de Castries en 2019, la Métropole expédie ses refus vers l’incinérateur de Sète ou vers des sites d’enfouissement situés hors de son territoire. Le maire chiffre ces allers-retours à environ 4 900 camions chaque année.

« Aujourd’hui, le temps est compté ! Nous sommes la seule métropole de France à ne pas avoir de place pour nos déchets et les endroits où nous les envoyons ne veulent plus les nôtres »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier

Pour lui, ces transports alourdissent la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, selon lui « la plus haute de France ». Il promet une baisse d’au moins 10 % une fois la filière CSR en service. Il refuse de voir dans le CSR un renoncement à la réduction des déchets, mettant en avant les biodéchets collectés séparément, les ressourceries et l’économie circulaire. Le maire rappelle que « la technologie dite CSR est celle qui est préconisée par l’Ademe ». La collecte connaît elle aussi une réorganisation sur le territoire, où la tournée du soir a disparu le 5 octobre.

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Trois mois pour déposer une observation

La consultation du public s’ouvre lundi 12 octobre pour se refermer le 12 janvier 2027. Le dossier complet et le registre dématérialisé sont accessibles sur la plateforme mise en place par la préfecture, qui accepte aussi les observations par courriel.

Deux réunions publiques sont programmées salle Fernand-Pelloutier, au siège de la Métropole, place de Zeus : le 20 octobre 2026 puis le 6 janvier 2027, de 18 h à 19 h 30. Huit permanences se tiendront dans les mairies des quatre communes concernées, dont deux à Montpellier, les 27 octobre de 14 h à 17 h et 23 décembre de 9 h à 12 h. Lattes, Saint-Jean-de-Védas et Villeneuve-lès-Maguelone accueilleront les six autres entre le 7 novembre et le 17 décembre.

Localisation : unité de méthanisation Amétyst, 230 rue Raymond Recouly, Montpellier