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Facultés bloquées à Montpellier : la police rouvre Richter, Triolet et Paul-Valéry restent fermés

Policiers traversant le parvis d'un campus universitaire devant une entree barricadee de conteneurs et de palettes

Trois facultés montpelliéraines étaient bloquées par des étudiants ce lundi 19 octobre au matin. Sur le site Richter, le président de l’Université de Montpellier a demandé l’intervention des forces de l’ordre et les cours ont repris en milieu de matinée. Le campus Triolet et l’université Paul-Valéry sont restés fermés toute la journée.

Les CRS à Richter, les cours repris à 9 h 45

La contestation étudiante n’a pas pris de vacances. Au matin du lundi 19 octobre, la faculté des sciences, l’université Paul-Valéry et la faculté d’économie étaient barricadées à Montpellier, selon Midi Libre et France 3 Occitanie. Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) annonçait le matin même le blocage de la faculté d’économie et de Montpellier Management (MOMA), deux composantes installées sur le campus Richter. Sur son visuel de soutien, le syndicat précisait que la bibliothèque universitaire de Richter restait ouverte.

C’est sur ce site que la situation a basculé la première. Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier, a demandé dès le début des cours l’intervention des forces de police pour lever le blocage, rapporte Midi Libre. L’opération s’est déroulée dans le calme selon France 3 Occitanie. Les enseignements ont repris autour de 9 h 45.

« Dès l’arrivée des CRS, nous avons décidé de partir. Il n’y a pas eu d’arrestation cette fois », indique Enola Kraemer, porte-parole du SCUM, citée par Midi Libre. L’étudiante en histoire de l’art ajoute que « la volonté de continuer est toujours présente, tant que nous n’avons pas eu satisfaction ».

« Une décision prise en dernier recours », justifie le président

Philippe Augé assume ce choix et s’en explique longuement dans les colonnes de Midi Libre. Son argument tient en une arithmétique : quelques bloqueurs face à une masse d’étudiants privés de cours.

« J’ai sollicité l’intervention des forces de l’ordre pour le site Richter car une large majorité d’étudiants demandait la reprise des enseignements, face à un nombre très restreint de bloqueurs. »

Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier

Le président met en avant un autre motif : la période. « En plein cœur du premier semestre, le risque de décrochage est fort et implique une vigilance particulière », avance-t-il. Avant de conclure : « Faire appel aux forces de l’ordre pour lever un blocage est donc une décision prise en dernier recours. Ma responsabilité est de garantir à chacun la possibilité d’étudier et de travailler. »

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Le SCUM, lui, a répliqué dans la journée par un visuel diffusé sur ses réseaux, titré « la honte » et nommant directement le président de l’université. Le syndicat y affirme que l’intervention de ce lundi succède à deux déblocages policiers à la faculté de droit et de science politique la semaine précédente.

Triolet et Paul-Valéry fermés toute la journée

Les deux autres campus ont suivi une trajectoire différente. L’Université de Montpellier a publié une brève annonçant que le campus Triolet était fermé ce lundi 19 octobre, avec suspension des activités prévues sur le site. La page d’accueil de l’université Paul-Valéry signalait de son côté que le campus route de Mende était bloqué et qu’aucune activité ne pourrait s’y dérouler.

Paul-Valéry est un établissement distinct de l’Université de Montpellier et ne relève pas de la présidence de Philippe Augé. Sur Triolet, en revanche, ce dernier fait état auprès de Midi Libre d’échanges avec le doyen de la faculté des sciences ainsi qu’avec les directeurs de Polytech et de l’IAE. Il explique par ce dialogue qu’aucune réquisition de la force publique n’y ait été demandée, une intervention ayant selon lui pu cristalliser davantage les tensions. « Je souhaite que ces échanges permettent une réouverture du site de Triolet dans les plus brefs délais », écrit-il.

Ces blocages ne datent pas d’hier. Début octobre déjà, la faculté de droit et le campus Triolet restaient fermés plusieurs jours, pendant que Paul-Valéry enchaînait les journées bloquées depuis le 1er octobre.

Des revendications que l’université dit ne pas pouvoir trancher

Philippe Augé ne conteste pas le fond du mouvement. « De nombreuses revendications sont légitimes. La précarité étudiante est une réalité que nous constatons chaque jour : se loger, se nourrir, se soigner est devenu difficile pour beaucoup », reconnaît-il auprès de Midi Libre. Il cite aussi des réformes appliquées selon lui dans l’urgence et sans concertation.

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Sa conclusion déplace la responsabilité vers Paris. « Reste que ce ne sont pas les présidents d’université qui peuvent répondre à ces revendications. D’ampleur nationale, elles relèvent du gouvernement et de notre ministre de tutelle », poursuit-il, avant de relever une absence dans l’intervention présidentielle de la veille : « J’ai d’ailleurs été frappé qu’hier soir, lors de son intervention, le président de la République ne cite pas notre ministère parmi les interlocuteurs. »

Les revendications portées par le SCUM depuis la rentrée sont connues. Le site actu.fr les détaillait le 13 octobre :

  • une inscription en licence ou en master pour les jeunes restés sans affectation, les « sans-fac »
  • la disparition des filtres d’entrée que le syndicat impute à Parcoursup et à Mon Master
  • le remboursement des droits différenciés versés par une partie des étudiants étrangers

Le premier point avait déjà conduit des étudiants sans affectation, soutenus par le syndicat, à occuper la salle du conseil de Paul-Valéry en septembre.

Après le 17 octobre, un mouvement qui cherche sa suite

Le blocage de ce lundi arrive deux jours après la mobilisation nationale du samedi 17 octobre, qui avait réuni jusqu’à 35 000 personnes dans les rues de Montpellier selon la préfecture de l’Hérault. Les syndicats étudiants en retiennent surtout l’ampleur.

« On était très heureux de voir autant de monde, c’était le grand rendez-vous, on espère que le mouvement sera reconduit, c’est ça qui fait peur au gouvernement et qui a une chance de les faire reculer. »

Théo Haffner, porte-parole du SCUM

Même tonalité chez Renouveau syndical Montpellier. « Il y aura une réunion ce soir pour savoir ce qui est prévu, on fait au jour le jour, pour garder un effet de surprise », détaille sa porte-parole Alétheïa Bruel auprès de France 3 Occitanie. Côté lycées, les vacances scolaires ont démarré samedi et le mouvement est suspendu devant les établissements, note Midi Libre. Des réunions d’élèves sont malgré tout annoncées. Lili Livet, élève au lycée Joffre, évoque l’idée de bloquer « des gares, des ronds-points » sans que rien ne soit arrêté.

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Tous les étudiants ne partagent pas la méthode. Dans un article d’actu.fr publié le 13 octobre, Thomas, 23 ans, en master d’économie appliquée, glissait son scepticisme : « Je ne suis pas certain que le gouvernement soit particulièrement inquiet parce que deux cents étudiants de licence n’ont pas pu assister à leur cours de statistiques. » La prochaine échéance visible est fixée au samedi 24 octobre, avec l’« acte II » annoncé par les gilets jaunes.