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Manifestation du 24 octobre à Montpellier : périmètre interdit élargi et couvre-feu à l’étude

Policiers CRS rassemblés sur une place de Montpellier devant la préfecture

La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a annoncé un dispositif de sécurité durci à Montpellier pour la mobilisation annoncée samedi 24 octobre. Le périmètre d’interdiction de rassemblement doit être étendu au-delà de l’Écusson, jusqu’à la place de la Comédie et à la gare Saint-Roch. Un couvre-feu est à l’étude et la manifestation pourrait être interdite.

Les annonces sont tombées mardi 20 octobre, lors d’une conférence de presse tenue à la préfecture trois jours après les violences qui ont frappé le centre-ville. La préfète y était entourée du procureur de la République de Montpellier Thierry Lescouarc’h et du directeur interdépartemental de la police nationale de l’Hérault Benoît Desmartin.

Un périmètre élargi à la Comédie et à la gare Saint-Roch

Samedi dernier, l’interdiction de rassemblement ne couvrait que l’Écusson. Elle ira plus loin cette fois. La préfète prévoit d’étendre la zone au centre-ville élargi, place de la Comédie et gare Saint-Roch comprises.

Les autres arrêtés pris la semaine dernière seront reconduits, voire durcis : interdiction du port d’équipements dissimulant le visage, interdiction de transporter des engins pyrotechniques et des matériels inflammables, autorisation de survol par drones. « J’utiliserai toutes les mesures administratives à mon niveau », a prévenu Chantal Mauchet.

La représentante de l’État a également évoqué la mise en place d’un couvre-feu, qui viserait une zone, une plage horaire et une catégorie de population définies. Aucune modalité précise n’a été communiquée à ce stade.

Des renforts demandés, la sécurité privée mobilisée

Côté effectifs, le constat du 17 octobre est sans appel. Deux cent soixante policiers et gendarmes, renforts mobiles compris, étaient déployés pour encadrer un cortège estimé à 8 000 personnes avant la journée. Ils se sont retrouvés face à 35 000 manifestants, dont 4 000 casseurs selon le décompte des services de l’État. « Notre dispositif était insuffisant », a reconnu la préfète.

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Une demande de renforts a donc été adressée à la zone de défense. La police municipale sera intégrée au dispositif. La chambre de commerce et d’industrie de l’Hérault déploiera par ailleurs des agents de sécurité privée dans le centre-ville, comme au temps des Gilets jaunes. « Ils ne seront pas en première ligne mais on a besoin de tout le monde », a précisé Chantal Mauchet. Quant aux habitants qui envisagent de se poster devant les boutiques pour les protéger, la préfète a été nette : « Ce n’est pas aux citoyens de le faire. »

Mardi soir, la préfète est allée saluer les policiers de la CRS 53, une compagnie de 70 policiers basée à Marseille, au terme de leur mission montpelliéraine.

Trente-sept policiers blessés et 1 600 grenades tirées

Le bilan chiffré de la journée du 17 octobre, présenté mardi, donne la mesure de l’épreuve. 1 600 grenades ont été employées, dont 300 aux abords de la préfecture. Trente-sept membres des forces de l’ordre ont été blessés. Quinze commerces ont été pillés et cinquante dégradés. Les forces de l’ordre sont restées mobilisées vingt heures d’affilée, le dispositif n’ayant été levé qu’après une heure du matin.

Benoît Desmartin a parlé d’une « situation insurrectionnelle ». Le patron des policiers héraultais décrit des assaillants préparés et coordonnés, montés sur les toits pour caillasser ses équipes, certains ayant détuilé la moitié d’une toiture pour s’en servir de projectiles. Il évoque aussi des tirs tendus de fusées lance-amarres, un matériel employé sur les bateaux, qui ont transpercé les boucliers. Sa compagnie d’intervention a payé le prix fort : dix-sept blessés sur trente fonctionnaires.

« L’événement que nous avons vécu à Montpellier, samedi, personne ne l’a jamais vécu avec autant de violences. Un nombre aussi important de manifestants hostiles qui sont en capacité de tenir de 16 heures jusqu’à 1 heure du matin, c’est du jamais vu. »

Benoît Desmartin, directeur interdépartemental de la police nationale de l’Hérault

Plusieurs sites ont fait l’objet de tentatives d’intrusion : le centre commercial Polygone, la gare Saint-Roch, l’office de tourisme et la préfecture elle-même. Sécuriser le Polygone figurait parmi les objectifs prioritaires de la police. Dans l’Écusson, l’étroitesse des ruelles et l’hostilité d’une partie de la foule lors des interpellations ont compliqué chaque manœuvre.

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Trente gardes à vue, une moyenne d’âge de 21 ans

Thierry Lescouarc’h a détaillé le volet judiciaire. Trente personnes ont été placées en garde à vue, majoritairement des hommes, âgés de 14 à 45 ans pour une moyenne de 21 ans. Les deux tiers n’avaient aucune condamnation inscrite à leur casier judiciaire. Le procureur précise qu’il s’agit en majorité d’Héraultais et que certains sont sans domicile fixe.

Trois d’entre elles sont ressorties libres, aucune charge n’ayant été retenue. Vingt-trois ont été déférées au parquet, certaines jugées ou appelées à l’être en comparution immédiate. Six relèvent d’un plaider-coupable simplifié. Quatre comparaîtront début 2027 et restent sous contrôle judiciaire d’ici là. Quatre autres, dont deux mineurs, font l’objet de mesures alternatives aux poursuites. Dans la moitié des cas, les poursuites visent des atteintes aux forces de l’ordre.

Les pillages et les violences donneront lieu à de nouvelles investigations. Les images de vidéoprotection et les exploitations numériques doivent permettre d’identifier, de localiser et d’entendre les auteurs de vols et de violences.

Samedi, une manifestation qui n’est pas encore déclarée

Des appels à un « acte II » circulent sur les réseaux sociaux pour samedi 24 octobre. Aucune déclaration n’était pourtant parvenue à la préfecture mardi.

« Pour l’instant je n’ai pas de déclaration de manifestation. Tant qu’il n’y en a pas elle est illégale. S’il y a une déclaration, je l’examinerai mais je me réserverai de l’interdire s’il y a des risques de troubles à l’ordre public grave. »

Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault

La préfète a ajouté une ligne rouge : des manifestations pourront se tenir hors du centre-ville. Dans l’intervalle, elle reçoit cette semaine élus, organisations syndicales et chambres consulaires. Des maires de la métropole avaient déjà appelé au rassemblement lundi. Plus d’une cinquantaine de commerçants de l’Écusson avaient annoncé qu’ils masqueraient leurs vitrines le 17 octobre.

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