Une patrouille de la police nationale a interpellé un homme de 28 ans avenue de Palavas, à Montpellier. Le coffre de la voiture qu’il conduisait renfermait 65 paquets de cigarettes ainsi que du protoxyde d’azote. Le mis en cause gère une épicerie de nuit du secteur dont le rideau aurait dû rester baissé. Il a été déféré au parquet en vue d’une comparution immédiate.
Un stationnement en double file au départ de tout
Les faits remontent à environ 1 h 30 du matin, au cours de la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 novembre, selon Midi Libre, Tout Montpellier et InfOccitanie. Actu.fr situe pour sa part le contrôle vingt-quatre heures plus tôt, vers 1 heure, dans la nuit de mardi à mercredi. Une patrouille repère cette nuit-là, avenue de Palavas, un véhicule arrêté en double file.
Son conducteur gare ensuite la voiture sur un emplacement de stationnement réservé aux personnes handicapées puis en descend. Interrogé sur ce choix, il répond d’abord que la voiture n’est pas la sienne. Les policiers procèdent malgré tout au contrôle et relèvent un défaut d’assurance. L’homme porte deux couteaux sur lui. Deux bouteilles de vodka se trouvent sur le siège du passager avant.
Des cigarettes et des ballons dans le coffre
Avant même l’ouverture du coffre, le conducteur prévient les agents de ce qu’il transporte : des cigarettes et du protoxyde d’azote, rapportent Hérault Tribune, InfOccitanie et actu.fr. Les policiers y découvrent 65 paquets ainsi que des ballons, ceux-là mêmes qui servent à inhaler le gaz. Le décompte des cartons diverge d’une rédaction à l’autre : Midi Libre évoque « un carton de bonbonnes », quand les quatre autres médias en comptent deux.
Le produit est encadré dans la capitale héraultaise. Un arrêté municipal du 26 novembre 2024, référencé VAR2024-0212, porte « interdiction de vente, de cession gratuite, de consommation de protoxyde d’azote », selon les visas de l’arrêté municipal de janvier 2026. La vente de ce gaz figure parmi les motifs récurrents de ces fermetures, selon ICI Hérault, au même titre que celle de tabac de contrebande. Les deux produits avaient été retrouvés en quantité lors d’une opération de contrôle menée avenue de Barcelone, à la Mosson, le 1er avril.
Un commerce qui aurait dû avoir le rideau baissé
L’interpellation a eu lieu non loin du magasin tenu par le mis en cause, une épicerie de nuit de l’avenue de Palavas. L’enseigne avait son rideau levé cette nuit-là alors qu’une fermeture administrative décidée par la préfecture pesait sur elle. Aucune des cinq rédactions qui ont traité l’affaire ne nomme l’établissement.
La durée annoncée est de deux mois. Hérault Tribune renvoie pourtant, à l’appui de cette fermeture, à son propre article du 30 octobre consacré aux six mois infligés à l’épicerie Première Avenue Market, au 500 avenue de Palavas. Deux décisions distinctes ont visé cette avenue en moins de trois semaines. Le 12 octobre, la préfète Chantal Mauchet signait un arrêté de deux mois contre l’épicerie Mini Market pour vente d’alcool après 22 heures. Le 29 octobre, la préfecture annonçait six mois pour Première Avenue Market, du 28 octobre 2026 au 28 avril 2027.
❌ Nouvelle fermeture administrative décidée par la préfète de l’#Hérault
— Préfète de l'Hérault 🇫🇷 (@Prefet34) October 29, 2026
👉 L’épicerie « PREMIÈRE AVENUE MARKET » située 500 avenue de Palavas à Montpellier.
6️⃣ mois de fermeture du 28 octobre 2026 au 28 avril 2027.
Motif :
▶️ Détention frauduleuse en vue de la vente de… pic.twitter.com/XLsiFoskjO
Trois motifs figurent dans ce second dossier, détaille Hérault Tribune : une « détention frauduleuse en vue de la vente de tabacs fabriqués » ; des produits « à finalité sanitaire ou cosmétique » délivrés hors des conditions posées par l’Agence nationale de sécurité du médicament ; un débit de boissons ouvert en dépit d’une décision administrative de fermeture. La préfète avait déjà prononcé six mois de fermeture en octobre contre la discothèque et bar à chicha L’Élite, avenue de Maurin.
Ce que prévoit l’arrêté municipal de janvier
Le cadre fixé par la Ville se distingue de ces décisions préfectorales. L’arrêté n° VAR2026-0004, signé le 9 janvier 2026 par Sébastien Cote, adjoint délégué à la protection de la population et à la tranquillité publique, impose aux épiceries de nuit de neuf secteurs une fermeture de 22 heures à 6 heures « du jeudi soir au lundi matin inclus », sur l’ensemble de l’année. Le reste de la semaine, ces mêmes commerces ne peuvent pas vendre de boissons alcoolisées entre 22 heures et 6 heures. La Ville a fixé l’application du texte au 12 janvier.
Les considérants du document signé en janvier motivent la mesure par le faible niveau d’activité licite de ces enseignes après 22 heures.
« l’activité commerciale licite de ces établissements est faible à partir de 22h, dans la mesure où le commerce légal de biens de consommation courante ne permet pas à ces activités de prospérer à partir de ladite heure »
Arrêté municipal n° VAR2026-0004 du 9 janvier 2026, Ville de Montpellier
Le texte abroge un précédent arrêté du 13 mars 2025 et vise expressément les « nombreux sévères avertissements, fermetures administratives prononcées à l’encontre de ces établissements par la Préfecture de l’Hérault ». Trois gérants ont porté le texte devant le juge administratif. Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté leur recours le 25 février 2026. Dans certains immeubles, la concentration de ces commerces exaspère les riverains, comme rue Eurydice où quinze cellules sur dix-sept sont occupées par des activités nocturnes.
Des rideaux qui finissent par se relever
Les fermetures administratives se comptent par dizaines dans la ville. En 2025 à Montpellier, 88 ont été prononcées pour un cumul de 4 000 jours, selon ICI Hérault, qui recense pêle-mêle des épiceries de nuit, des bars à chicha et des barbershops. L’adjoint au maire parle de « prolifération » et décrit « une vingtaine ou trentaine d’épiceries de nuit dans les années 2000, plus de 150 aujourd’hui ».
Toujours auprès de la radio locale, Sébastien Cote estime ces commerces « capables d’encaisser » des fermetures de plusieurs mois avant de rouvrir « dans les mêmes conditions ». Me Maxime Martinez, conseil de trois épiciers, s’interroge sur l’opportunité de « sanctionner tout le monde, sans enquête, sans procès ». Selon lui, « ceux qui vont survivre, ce sont justement ceux qui, éventuellement, sont des blanchisseries du narcotrafic ».
Une comparution immédiate au tribunal correctionnel
Le gérant a été placé en garde à vue. Midi Libre écrit qu’il a été déféré au parquet de Montpellier en vue d’une comparution immédiate, le jeudi 5 novembre. Les quatre autres rédactions évoquent la même procédure sans en préciser la date.
En octobre 2024, le tribunal correctionnel de Montpellier avait condamné un épicier de nuit à un an d’emprisonnement ferme et 9 500 euros d’amende, selon le compte rendu d’audience de 20 Minutes. La juridiction avait aussi ordonné la fermeture de l’établissement pour quinze ans et interdit à l’exploitant de gérer un commerce. Il était poursuivi pour l’exercice illégal de la pharmacie, la « détention de médicament à usage humain en contrebande », la « détention frauduleuse en vue de la vente de tabacs fabriqués » et l’ouverture du commerce en dépit de la décision administrative.















