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Fratricide présumé à Montpellier : un homme de 60 ans tué, son frère en garde à vue

Hall d'entrée d'un petit immeuble barré par un ruban de police

Un homme de 60 ans a été découvert mort dans le hall d’un immeuble de la rue de la Marquerose, à Montpellier, mardi 20 octobre au soir. Son frère aîné, âgé de 63 ans, a été arrêté le même soir à l’intérieur du logement qu’ils occupaient ensemble au rez-de-chaussée. Sa garde à vue pour homicide volontaire a été prolongée mercredi par le parquet de Montpellier.

Un corps découvert dans le hall de l’immeuble

Tout se joue dans un petit immeuble de deux étages du quartier Lemasson-Croix d’Argent. En rentrant chez lui, un locataire découvre un homme étendu face contre terre dans le hall, entouré de sang. Il alerte police secours.

L’heure de l’alerte varie d’une source à l’autre : vers 19 heures d’après Le Parisien ainsi que le site d’actualité Métropolitain, 19h20 selon Hérault Tribune. À l’arrivée des premiers équipages, la victime est en arrêt cardio-respiratoire. Les sapeurs-pompiers du SDIS 34 puis une équipe du Smur-Samu tentent de la réanimer, en vain. Le décès est constaté sur place à 19h30, indique Métropolitain.

Le constat des blessures diffère lui aussi selon les rédactions. Le médecin présent sur les lieux relève « trois plaies saignantes au niveau du thorax », rapporte Le Parisien. Métropolitain évoque au moins trois coups de lame profonds au ventre accompagnés de nombreuses traces de blessures plus légères. Hérault Tribune décompte pour sa part une quinzaine de plaies au torse.

Des traces de sang jusqu’à un logement du rez-de-chaussée

Les premières constatations orientent vite les enquêteurs. Des traces de sang courent dans les parties communes « laissant présumer que le corps a été traîné », écrit Le Parisien. Par endroits, des flaques paraissent avoir été lavées à la Javel.

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Des gouttes encore fraîches conduisent jusqu’à la porte d’un logement situé au rez-de-chaussée, non loin de l’endroit où gît la victime. Le logement est occupé par deux frères. Le témoin qui a donné l’alerte reconnaît le plus jeune des deux dans l’homme retrouvé sans vie. Le Parisien ainsi que 20 Minutes les désignent par leurs prénoms : Éric pour l’aîné, Manuel pour la victime.

Le frère aîné retranché, interpellé par la BAC

Les policiers frappent à la porte du logement. Ils perçoivent des bruits à l’intérieur, personne n’ouvre. Le frère aîné s’y trouve bien. Un policier de la BAC tente d’engager la discussion. Sans succès.

La BAC finit par forcer l’accès. L’interpellation se déroule « sans incident », à 20h20 selon Hérault Tribune, à 20h30 d’après Métropolitain. L’homme est fortement alcoolisé, blessé à une main, les vêtements maculés de sang frais. Le couteau soupçonné d’avoir servi aux coups est saisi pendant la perquisition.

Les techniciens de l’identité judiciaire figent dans le même temps la scène de crime, en présence d’un magistrat de permanence du parquet ainsi que d’un médecin légiste. Le sexagénaire est d’abord conduit aux urgences de l’hôpital Lapeyronie pour y être soigné, avant d’être emmené au commissariat central. Quatre jours plus tôt, un autre homme retranché à Montpellier s’était rendu au terme de négociations, avenue de Palavas, après l’intervention du RAID.

Une cohabitation décrite comme conflictuelle par les voisins

Les témoignages recueillis dans l’immeuble dessinent une relation dégradée. Le voisinage décrit des rapports « houleux » entre les deux hommes, rapporte Le Parisien. Leurs relations étaient tendues depuis qu’ils partageaient ce logement, précisent Métropolitain ainsi que 20 Minutes. Hérault Tribune fait état de querelles répétées, avec l’alcool souvent en arrière-plan.

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Plusieurs riverains disent avoir entendu une violente altercation vers 17h30, soit plus d’une heure avant la découverte du corps. Les blessures au visage de la victime ainsi que celles relevées à la main de l’auteur présumé signalent un échange de coups entre les deux sexagénaires, note Métropolitain.

Une garde à vue prolongée, une information judiciaire en vue

Une enquête a été ouverte pour homicide volontaire par le parquet de Montpellier, a indiqué au Parisien le procureur de la République Thierry Lescouarc’h. Le suspect est interrogé dans les locaux de la DIPN 34, la direction interdépartementale de la police nationale de l’Hérault. C’est le procureur qui a prolongé la mesure, mercredi. Le suspect demeure présumé innocent.

Deux éléments doivent encore éclairer le déroulé exact de la soirée. Le corps a été transporté à la morgue du CHU en vue d’une autopsie destinée à préciser les causes du décès. Une caméra installée dans le hall donne « directement sur les lieux de la découverte du corps » : ses images doivent être remises aux enquêteurs, rapporte Le Parisien.

Hérault Tribune, qui publiait ce jeudi 22 octobre, indique qu’un déferrement au parquet pouvait intervenir dans la journée, en vue d’ouvrir une information judiciaire. Lors de son installation, le 26 septembre 2025, le procureur avait exposé le critère qui guide ce choix.

« Mon seul vecteur de choix sera de savoir si c’est nécessaire pour aboutir à la manifestation de la vérité »

Thierry Lescouarc’h, procureur de la République de Montpellier, lors de son installation le 26 septembre 2025

Le magistrat avait alors expliqué préférer confier un dossier à un juge d’instruction lorsqu’une enquête n’est pas assez complète. Il avait retenu cette solution cet été dans une autre affaire montpelliéraine, après la fusillade mortelle devant la discothèque l’Élite.

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