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Étudiante égorgée à Montpellier : l’agresseur aux assises

Façade du palais de justice de Montpellier, siège de la cour d'assises de l'Hérault

Le procès d’une affaire qui a profondément marqué Montpellier s’est ouvert ce lundi 22 juin devant la cour d’assises de l’Hérault. Pendant trois jours, les jurés doivent se prononcer sur le cas de Soulaimana Ambririki, accusé d’avoir tenté de tuer une étudiante en médecine dans le quartier des Arceaux, dans la nuit du 3 au 4 juillet 2024. L’homme encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Une agression d’une rare violence aux Arceaux

Il est environ 2 heures du matin, dans la petite rue Condorcet qui donne sur le boulevard des Arceaux. Madeleine, étudiante en sixième année de médecine alors âgée de 26 ans, rentre seule chez elle après une soirée passée avec ses proches. Elle remarque la présence d’un homme sur son trajet mais poursuit son chemin jusqu’à sa porte.

Au moment où elle sort ses clés, la jeune femme sent deux mains sur ses épaules, puis une douleur fulgurante au cou. Une lame de cutter lui ouvre la gorge. La plaie mesure 26 centimètres, la veine jugulaire, un nerf et deux muscles sont tranchés. Grâce à ses connaissances médicales, Madeleine comprend que sa survie se joue en quelques secondes. Elle saisit la robe rose achetée le jour même, s’en sert comme d’un garrot pour comprimer l’hémorragie et appelle à l’aide. Transportée en urgence au CHU Lapeyronie, elle survit, le pronostic vital pourtant engagé.

Un accusé au profil jugé inquiétant

Repéré sur les images de vidéosurveillance du secteur, l’agresseur présumé est interpellé à Montpellier le 17 juillet 2024, soit deux semaines après les faits. Les caméras le montrent suivant la victime sur le boulevard, accélérant le pas dès qu’elle se retrouve isolée. Selon l’enquête, il avait déjà filé quatre passantes cette nuit-là.

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Originaire de Mayotte, envoyé en métropole pour des études jamais entreprises, l’accusé a basculé à l’adolescence dans l’alcool, la drogue et la délinquance. Au moment de l’agression, il était déjà condamné à huit mois de prison pour des agressions sexuelles commises sur des femmes dans la rue, une peine alors non définitive. La partie civile décrit un homme dangereux et imprévisible.

« C’est un des profils les plus inquiétants que j’ai vus en trente ans de barre. »

Me Iris Christol, avocate de la partie civile

Trois jours d’audience, verdict mercredi

Dès l’ouverture du procès, Soulaimana Ambririki a maintenu sa version. Il affirme n’avoir jamais voulu tuer la jeune femme mais seulement lui dérober son sac à main. « Je mets la main, je suis pris de panique et en me retournant le coup il est parti », a-t-il avancé devant la cour. Une explication que l’enquête et les souvenirs de la victime contredisent, le geste décrit restant difficilement compatible avec un simple vol.

La défense, portée par Me Virginie Manzi, plaide le parcours d’un homme « qui s’est enfoncé dans la précarité » et la consommation d’alcool. Issu d’une famille décrite comme structurée, frère d’un étudiant entré à Sciences Po, l’accusé aurait basculé au moment du divorce de ses parents. Condamné dès 17 ans à une peine de prison pour un vol à main armée, il conteste aujourd’hui toute volonté homicide tout en reconnaissant sa présence dans le quartier cette nuit-là.

L’intention de tuer est au cœur des débats. L’accusé est jugé pour tentative de meurtre en récidive criminelle, ce qui justifie la peine maximale encourue. Les principales dates de l’affaire :

  • Nuit du 3 au 4 juillet 2024 : l’agression rue Condorcet, aux Arceaux
  • 17 juillet 2024 : interpellation du suspect à Montpellier
  • 22 juin 2026 : ouverture du procès devant la cour d’assises de l’Hérault
  • 24 juin 2026 : verdict attendu
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En fin de première journée, Madeleine a été brièvement appelée à la barre. L’évocation de cet instant reste douloureuse pour la jeune femme, qui a depuis quitté Montpellier et poursuit ses études ailleurs. « Je ne me souviens d’aucun contact au niveau du cou. Il y a ces mains sur mes épaules, oui, je sens la douleur, je me souviens de la sensation du sang et de comprendre que là, il y a vraiment un problème », a-t-elle confié. Le verdict est attendu mercredi 24 juin au soir.

Cette affaire s’ajoute à une série de dossiers sensibles suivis par la juridiction héraultaise, après le renvoi récent du procès d’un assassinat à la kalachnikov à Montpellier. Elle ravive aussi le débat sur le sentiment d’insécurité dans la ville, déjà soulevé lors de la tentative d’enlèvement présumée au parc Charpak.

La cour d’assises de l’Hérault siège au palais de justice de Montpellier.