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Agresseur sexuel de commerçantes : le GSO félicité à Montpellier

Un policier municipal du GSO en patrouille de nuit dans une rue de Montpellier

Le maire de Montpellier Michaël Delafosse a signé le mercredi 5 août une lettre de félicitations destinée aux policiers municipaux du Groupe de soutien opérationnel. Ces agents ont interpellé le 21 juillet, au terme d’une course-poursuite dans le centre, l’homme soupçonné d’avoir agressé sexuellement plusieurs commerçantes dans leur boutique de l’Écusson. La traque durait depuis un mois.

Une lettre signée à la demande du chef d’unité

Une lettre de félicitations n’a rien d’une formalité administrative. Le document vient enrichir le dossier personnel des agents concernés et pèse dans le déroulement d’une carrière. Le maire l’a signée le mercredi 5 août 2026.

La démarche a été proposée par Stéphan Guirao, chef du Groupe de soutien opérationnel, ainsi que par Sébastien Cote, premier adjoint délégué à la police municipale, à la tranquillité publique et à la sécurité. Le courrier distingue une brigade mobilisée plusieurs semaines sur une affaire qui tenait en alerte les commerces du centre historique.

Une fuite par les toits, une chute de six mètres

L’interpellation remonte au mardi 21 juillet, aux alentours de 19 heures. Une patrouille reconnaît le suspect rue du Faubourg du Courreau. À la vue des uniformes, l’homme détale.

Il grimpe sur les toits d’un immeuble du cours Gambetta puis chute d’une hauteur de six mètres. Blessé à une cheville, il est menotté puis conduit en garde à vue au commissariat central. Sur son compte X, la police municipale précise le lendemain être intervenue à la suite du signalement d’une commerçante.

Une fiche de recherche signalait que l’individu faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Il a été placé en rétention administrative en vue d’un éloignement.

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Le cours Gambetta, où le suspect a été interpellé le 21 juillet.

Un groupe WhatsApp pour se prévenir entre commerçantes

Tout démarre en juin. Plusieurs commerçantes du cœur de ville signalent des agressions subies dans leur propre magasin. Le mode opératoire décrit ne varie pas.

L’homme se présente comme un client dans un commerce tenu par une femme seule. Il se livre à des attouchements, pousse ses victimes jusque dans la réserve de l’arrière-boutique et filme les scènes avec son téléphone portable avant de repartir en courant.

Les commerçantes créent alors un groupe WhatsApp pour s’alerter entre elles, en faisant circuler la description de l’agresseur et de sa tenue vestimentaire, toujours la même. Elles gardent un contact quotidien avec les patrouilles déployées dans l’Écusson. Après l’interpellation, l’une d’elles a adressé un courrier au premier adjoint pour saluer le travail d’un agent.

« Je tiens à attirer votre attention sur le travail remarquable réalisé par l’agent Hugo Mikart concernant l’enquête pour identifier et interpeller l’agresseur sexuel qui ciblait les commerces. J’ai pu constater son professionnalisme, sa disponibilité et surtout le sérieux avec lequel il a recueilli les témoignages, prenant en considération nos inquiétudes. »

Une commerçante de l’Écusson, dans son courrier au premier adjoint Sébastien Cote

Le GSO, une unité montée fin 2024

Le Groupe de soutien opérationnel a été créé en 2024. Cette brigade réunit des agents sélectionnés puis formés pour épauler les autres unités de la police municipale, la police métropolitaine des transports et la police nationale. En décembre 2024, la police municipale la présentait comme sa nouvelle unité d’intervention rapide, forte de quinze agents pour un objectif de vingt.

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La Ville revendique aujourd’hui 207 policiers municipaux, 26 véhicules, 10 motos, 18 scooters et 28 VTT. Les agents sont équipés de caméras individuelles, en application du décret du 27 février 2019. La municipalité s’appuie aussi sur plus de 500 caméras de voie publique, qui avaient permis en juin de retrouver le vélo d’un lycéen volé pendant les épreuves du bac.

L’image de la police municipale reste scrutée dans la métropole. Début août, une interpellation filmée dans une rame du tramway avait provoqué une vive polémique à Castelnau-le-Lez.

623 victimes de violences sexuelles recensées en 2025

Les statistiques du ministère de l’Intérieur donnent la mesure du phénomène à l’échelle de la commune. À Montpellier, 623 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées par les services de police en 2025, contre 501 un an plus tôt. La hausse atteint 24 % en douze mois.

Rapporté à la population, le chiffre représente 2 victimes pour 1 000 habitants, au-dessus de la moyenne héraultaise qui s’établit à 1,8. La ville concentre 28 % des faits recensés dans le département alors qu’elle en rassemble un quart des habitants. Ces données ne comptabilisent que les faits portés à la connaissance des forces de l’ordre, consultables commune par commune.

La sécurité du centre-ville figure parmi les préoccupations récurrentes des commerçants montpelliérains. En juin, une réunion à la chambre de commerce avait rassemblé une cinquantaine de gérants autour de la police nationale. Un mois plus tard, le tramway concentrait à son tour l’attention après trois agressions en quarante-huit heures.