Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Pénurie de carburant à Montpellier : six stations sur dix-huit à sec

Station-service urbaine aux pompes condamnées et à l'accès barré par des cônes

Six des dix-huit stations-service recensées à Montpellier par le fichier officiel des prix n’avaient plus ni gazole, ni sans-plomb 95-E10, ni sans-plomb 98 ce lundi 21 septembre au matin. Dans l’Hérault, trente-deux stations sur cent soixante-deux signalaient au moins une rupture déclarée depuis le 14 septembre. La flambée des tarifs à la pompe se double désormais d’un problème d’approvisionnement.

Six stations montpelliéraines totalement à sec

Les chiffres proviennent du fichier instantané que l’État publie à partir des déclarations des gérants. Ce lundi matin, les stations des avenues de la Justice, de l’Europe, de Vanières, de la Récambale, Pierre-Mendès-France et de la rue de l’Abrivado affichaient une rupture simultanée sur les trois carburants les plus vendus. Une septième station montpelliéraine signalait une rupture partielle.

Ces indisponibilités ont toutes été déclarées entre le 16 et le 20 septembre. Le relevé dépend de la bonne volonté des exploitants : certains actualisent leur situation plusieurs fois par jour, d’autres beaucoup moins. Le nombre réel de pompes fermées peut donc être supérieur.

Sur les douze stations montpelliéraines qui vendaient encore du gazole, le prix s’étalait de 2,25 € à 2,549 € le litre, pour une moyenne de 2,467 €. Le sans-plomb 95-E10 se négociait entre 2,138 € et 2,329 €. À l’échelle du département, un relevé effectué vendredi 19 septembre sur les deux aires autoroutières de Béziers-Montblanc affichait 2,851 € le litre de gazole.

Le plafonnement de TotalEnergies vide les cuves

TotalEnergies maintient dans son réseau français un prix maximal de 1,99 € le litre pour l’essence et de 2,25 € pour le diesel. L’écart avec la concurrence attire les automobilistes, qui se pressent dans ces stations jusqu’à épuisement des stocks. Dimanche 20 septembre au matin, les stations de l’enseigne se retrouvaient en rupture totale à Montpellier, rapporte Midi Libre.

READ  Odysseum : l'ancien Géant Casino renaîtra en dix boutiques

Un salarié d’une de ces stations, interrogé au téléphone par le quotidien régional, décrivait un dimanche paradoxalement calme.

« Comme il n’y a plus de carburants, on n’est pas assailli comme les derniers jours »

Un employé d’une station TotalEnergies de Montpellier, cité par Midi Libre

Le phénomène a débordé sur d’autres communes du département. À Vias, une station de la même enseigne a baissé le rideau le 18 septembre après plusieurs jours d’affluence, rapporte Hérault Tribune.

Taxis, infirmiers, artisans : les professionnels coincés

Les conducteurs qui roulent pour travailler n’ont pas la possibilité d’attendre une accalmie. Un taxi montpelliérain interrogé par Midi Libre rappelle que ses tarifs au compteur relèvent d’une décision préfectorale : la hausse se répercute donc sur sa marge, jamais sur le client. Le transport sanitaire est logé à la même enseigne, avec des tarifs fixés par l’Assurance maladie.

Une infirmière à domicile décrit au même journal une course permanente au meilleur tarif et une succession de petits pleins, une gymnastique chronophage qui s’ajoute à ses difficultés de stationnement. Un gérant de restaurant, lui, s’est heurté au plafond de 150 € de sa carte bancaire avant d’avoir terminé son plein.

Le tram gratuit joue les amortisseurs

La métropole dispose d’un amortisseur : depuis décembre 2023, les bus et les tramways sont gratuits pour les habitants des trente et une communes, avec plus de 437 000 pass en circulation. Une automobiliste rencontrée dimanche par Midi Libre expliquait avoir réduit ses trajets en voiture et ses longs déplacements au profit du réseau.

Le maire Michaël Delafosse avait mis en avant cet effet dès le printemps, en chiffrant la progression de la fréquentation depuis la crise d’Ormuz.

La ligne 5 du tramway transporte environ 40 000 voyageurs par jour depuis son ouverture en décembre 2025. Le report vers les transports en commun trouve pourtant vite ses limites : un automobiliste interrogé dimanche travaille dans un secteur que le tramway ne dessert pas, une autre habite à quarante-cinq minutes de son lieu de travail sans pouvoir télétravailler.

READ  Taxe foncière : la métropole de Montpellier s'apprête à augmenter sa part

Ormuz, les pêcheurs et les aides de l’État

La flambée trouve son origine dans les tensions au Moyen-Orient et la perturbation du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, qui ont fait grimper le cours du baril. En France, le prix moyen du gazole a atteint 2,41 € le litre dimanche 20 septembre, un record selon les relevés cités par Midi Libre.

La consommation recule en conséquence. En août, les livraisons de carburants routiers ont chuté de 6,6 % par rapport à l’été précédent. Le recul atteint 9,2 % pour le seul gazole, selon le Comité professionnel du pétrole. Depuis janvier, la baisse cumulée atteint 5 %.

Dans l’Hérault, la colère s’est cristallisée autour du dépôt pétrolier de Frontignan, bloqué par les pêcheurs les 16 et 17 septembre avant une levée du mouvement à la mi-journée jeudi. Ces mêmes professionnels avaient déjà suspendu une grève illimitée en avril, au terme de plusieurs jours de tension sur le prix du gazole maritime.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé le 16 septembre que les dispositifs d’aide visant spécifiquement le carburant courent jusqu’au 31 décembre. L’aide versée aux pêcheurs passe dans le même temps de 25 à 35 centimes par litre. Les automobilistes qui cherchent une pompe approvisionnée peuvent consulter les déclarations des gérants sur le site officiel des prix des carburants.