Huit mois après sa mise en service, la ligne 5 du tramway montpelliérain transporte 40 000 voyageurs par jour. Pour absorber cette affluence, TaM et la Métropole resserrent les fréquences à partir du lundi 31 août : une rame toutes les neuf minutes aux heures de pointe. Le même jour, le réseau retrouve sa configuration normale après un été de travaux.
40 000 voyageurs par jour, six millions de trajets
Les chiffres avancés par la Métropole donnent la mesure du phénomène. Depuis son ouverture le 20 décembre 2025, la cinquième ligne du réseau a comptabilisé plus de six millions de trajets. Son record journalier s’établit à 52 490 voyageurs transportés en vingt-quatre heures.
La fréquentation moyenne s’établit désormais autour de 40 000 usagers quotidiens. Elle avait déjà atteint 44 000 voyageurs début février, quelques semaines seulement après l’inauguration. Les prévisions de la Métropole tablaient sur 80 000 voyages par jour à terme.
Cette montée en charge doit beaucoup à la gratuité des transports, en vigueur pour les habitants de la métropole depuis décembre 2023. Le dispositif compte aujourd’hui plus de 437 000 pass en circulation sur un territoire de 31 communes.
Ce qui change sur le réseau dès le 31 août
Le passage aux horaires d’hiver sert traditionnellement de rendez-vous annuel pour retoucher l’offre. La date retenue cette année est le lundi 31 août, soit la veille de la rentrée scolaire.
« Le tramway évolue aussi à la rentrée : un premier départ avancé sur la ligne 2 ; des fréquences améliorées sur la ligne 5 en heures de pointe avec une rame toutes les 9 minutes. »
TaM, communiqué du 21 juillet 2026
Le tramway n’est pas seul concerné. La ligne 38 de bus gagne des arrêts, de la fréquence et une amplitude élargie pour desservir le nouveau lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, avec un dernier départ de Montpellier repoussé à 21h41. Les lignes 20, 21, 34, 40 et 42 sont retouchées elles aussi.
Le 31 août marque également la fin du chantier RénoRails, qui a occupé le centre-ville tout l’été. Depuis le 3 août, les lignes 1 et 5 circulent en deux tronçons séparés entre Saint-Éloi et Albert 1er, avec une navette bus de substitution. Les Montpelliérains retrouveront un service continu pour la rentrée. Les horaires détaillés par arrêt sont consultables sur les fiches horaires du réseau.
Neuf minutes au lieu des 7,5 minutes annoncées
La promesse initiale était plus ambitieuse. En février, la Métropole annonçait un tram toutes les 7,5 minutes pour septembre 2026, une fois l’ensemble des rames livrées. La ligne avait démarré à douze minutes d’intervalle en décembre, puis était passée à dix minutes le 9 mars, à la faveur de quatre rames supplémentaires.
Le gain réel sera donc d’une minute par rapport à la situation actuelle. Il ne concerne que les heures de pointe. Le parc affecté à la ligne doit atteindre 22 rames CAF Urbos, contre douze à l’ouverture, plus une rame multiligne. Ces véhicules de 43 mètres sont remisés au dépôt des Hirondelles, dans le quartier de la Mosson.
Dans les commentaires des articles de la presse locale, des usagers ont relevé cet écart entre l’objectif annoncé en février et la fréquence retenue pour la rentrée. Le communiqué de TaM ne fixe aucune nouvelle échéance pour atteindre les 7,5 minutes.
Un axe devenu structurant pour l’ouest et le nord
Longue de 16 kilomètres, la ligne relie Clapiers à la station Grés de Montpellier, aux portes de Lavérune, en 45 minutes et 27 stations. Elle traverse des secteurs jusqu’ici mal desservis, du nord de la métropole aux quartiers ouest de la ville.
Son tracé dessert les campus universitaires (Agropolis, CNRS, Paul-Valéry), les hôpitaux, les équipements sportifs du Septeo Stadium et du FDI Stadium, ainsi que des quartiers longtemps mal reliés comme Ovalie, la Cité créative ou Estanove. Son arrivée avait entraîné une refonte du réseau de bus : sur les 40 lignes urbaines, 24 ont vu leur itinéraire ou leur offre modifiés, avec des rabattements créés depuis Prades-le-Lez, Montferrier-sur-Lez ou Jacou.
La Métropole revendique 82 % d’habitants situés à moins de 300 mètres d’un arrêt de bus, 500 mètres d’un bustram ou 700 mètres d’une station de tramway. Les prochaines semaines diront si une rame toutes les neuf minutes suffit à décongestionner les quais aux heures de pointe, alors que la rentrée ramène étudiants et scolaires sur le réseau. La circulation reste tendue sur les autres axes, comme le montrent les prévisions de trafic sur l’A9 cette semaine. Du côté de la Mosson, des habitants réclament toujours une navette directe vers les plages.















