Le conseil de Métropole adopte ce mardi 28 avril 2026 son budget primitif. Au menu de la séance présidée par Michaël Delafosse à l’Hôtel de Métropole : 371 millions d’euros d’investissements pour l’année, en recul par rapport aux 482 millions inscrits en 2025. Un budget que l’exécutif présente comme « soutenable », assumant un changement de braquet pour ce nouveau mandat 2026-2032.
Les 102 conseillers issus des 31 communes valident également la trajectoire pluriannuelle : 1,2 milliard d’euros de programmation d’investissements sur la période 2027-2032, contre 2 milliards déployés entre 2020 et 2026.
Un mandat à « un niveau soutenable »
Pas de doublon. C’est le message porté par l’exécutif depuis l’installation du nouveau conseil le 9 avril dernier. La Métropole acte une décélération assumée des dépenses d’équipement sans pour autant rompre avec sa stratégie d’aménagement.
« Ce ne sera pas deux mandats en un mais un mandat avec des projets à un niveau soutenable. »
Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée Métropole
La formule traduit un arbitrage politique. Les 482 millions investis en 2025 correspondaient à la fin d’un cycle marqué par la mise en service de la ligne 5 du tramway en décembre 2025 et la livraison de plusieurs équipements structurants. Le rythme retenu pour 2026 anticipe la prochaine vague de chantiers.
Trois priorités : mobilité, attractivité, logement
Le budget primitif articule l’effort autour de trois axes. La mobilité reste le premier poste, avec la poursuite du déploiement du tramway, le projet de bustram et l’entretien du parc roulant. La métropole continue de financer ce qui constitue son équipement le plus visible auprès des habitants.
L’attractivité économique arrive en deuxième ligne. Soutien aux filières, aménagement des zones d’activité, accompagnement de l’emploi : la Métropole maintient son enveloppe pour conserver son rang parmi les territoires les plus dynamiques de France, devant Toulouse, Bordeaux, Rennes et Nantes en termes de croissance démographique.
Le troisième pilier, solidarité et logement, mobilise les aides à la pierre pour le neuf accessible et le parc rénové, ainsi que le soutien aux bailleurs sociaux. Une réponse à la crise du logement qui frappe particulièrement la capitale héraultaise.
L’État pointé du doigt par l’exécutif
La séance n’évite pas le conflit avec Bercy. Le premier vice-président aux Finances Renaud Calvat, par ailleurs maire de Jacou, a chiffré l’effort imposé par l’État à la collectivité métropolitaine.
« La dotation de l’État est injuste. Elle induit une perte de recette de 20 millions d’euros malgré les indicateurs sociaux-économiques modestes. S’ajoutent également les ponctions, 12,4 millions d’euros, liées aux décisions de l’État. »
Renaud Calvat, premier vice-président délégué aux Finances
Avec 85 euros par habitant de dotation globale de fonctionnement, la Métropole de Montpellier figure dernière au classement national, là où la moyenne approche les 600 euros. Michaël Delafosse se rendra le 4 mai au ministère des Finances pour défendre le dossier, selon les annonces faites lors du débat d’orientation budgétaire du 21 avril.
La taxe foncière intercommunale en arbitre
L’équation financière se boucle par un levier que l’exécutif présentait comme inévitable : la hausse de la part métropolitaine de la taxe foncière sur le bâti. Le taux passe de 0,16 % à 5,8 %, soumis au vote en même temps que le budget primitif.
La Métropole reste néanmoins en deçà de plusieurs grandes intercommunalités. Toulouse Métropole applique 13 %, Toulon Provence Méditerranée 6 %. La progression s’ajoute toutefois à la revalorisation automatique des bases cadastrales attendue à +3,9 % en 2026 ainsi qu’à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Les avis d’imposition à l’automne prochain s’en ressentiront pour les propriétaires des 31 communes.
La part communale de la taxe foncière reste, elle, gelée à 52,63 % à Montpellier. Le maire a verrouillé cet engagement pour toute la durée du mandat lors du vote du budget primitif de la Ville le 14 avril.
Une opposition recomposée mais limitée
La majorité reste confortable. Sur 102 conseillers métropolitains, le bloc Delafosse dispose des voix pour faire passer la délibération. La nouvelle assemblée, installée le 9 avril, intègre 13 nouveaux maires redessinant les équilibres territoriaux sans remettre en cause le bloc majoritaire.
Les critiques émanent des élus de droite et d’une partie de la gauche radicale, qui dénoncent la dérive de la dette métropolitaine, passée de 311 millions d’euros en 2020 à environ 1,2 milliard fin 2025 selon les chiffres avancés par l’opposition. L’exécutif assume ce niveau d’emprunt, jugé indispensable pour porter les grands projets de mandat.
Le vote de ce mardi 28 avril ouvre concrètement l’année budgétaire. Les délibérations qui en découlent, marchés publics, subventions, aides au logement, démarrent dans la foulée pour les services métropolitains.









