Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Taxe foncière : la métropole de Montpellier s’apprête à augmenter sa part

Hotel de Ville de Montpellier, siege du conseil metropolitain qui doit voter la hausse de la taxe fonciere

La Métropole de Montpellier s’apprête à rompre avec six années de gel fiscal. Le conseil métropolitain votera la semaine prochaine une hausse de sa part de taxe foncière sur le bâti, pour « continuer à financer ses équipements publics ». Une décision qui vient s’ajouter à l’inflation et à la revalorisation automatique des bases cadastrales, attendue à +3,9 % en 2026.

La délibération a été présentée mardi 21 avril en commission. Elle doit passer au vote plénier dans les prochains jours. Les propriétaires des 31 communes de la métropole montpelliéraine recevront ainsi un avis d’imposition alourdi à l’automne.

Un taux métropolitain gelé depuis 2020

La part métropolitaine de la taxe foncière sur le bâti s’établit aujourd’hui à 0,16 %. Elle n’avait pas bougé depuis 2020, dans le cadre des engagements pris par Michaël Delafosse lors de son premier mandat. La collectivité revendiquait jusqu’ici « le taux le plus bas de toutes les grandes métropoles françaises ».

Ce positionnement s’inscrit dans une trajectoire fiscale volontairement modérée. Depuis six ans, ni la Ville ni la Métropole n’avaient touché à leurs taux. Les augmentations constatées sur les avis d’imposition provenaient uniquement de la revalorisation nationale des bases locatives cadastrales et de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui a, elle, bondi de près de 20 % en 2024.

Piscines, médiathèques : l’argument des équipements publics

La justification avancée par l’exécutif métropolitain tient en une phrase : récupérer des recettes supplémentaires pour « financer les équipements publics dont elle a la charge ». Piscines, médiathèques, infrastructures sportives, voirie métropolitaine. Le périmètre est large.

READ  Mariage annulé au Domaine de Grammont : rodéos et autoroute bloquée, Delafosse sévit

La Métropole gère aujourd’hui près de 500 millions d’euros de recettes fiscales. Sa dette est passée de 311 millions d’euros en 2020 à environ 1,2 milliard selon les chiffres avancés par l’opposition municipale fin 2025. Le modèle de financement des grands projets, qu’il s’agisse du prolongement du tramway ou de la transformation de quartiers entiers, repose en partie sur l’emprunt.

Installée le 9 avril dernier, la nouvelle assemblée métropolitaine avait inscrit les orientations budgétaires parmi les dossiers prioritaires des trois premiers mois de mandat. La hausse de la taxe foncière en constitue la première traduction concrète.

La Ville maintient sa part communale

Côté Ville de Montpellier, le taux communal reste verrouillé à 52,63 %. Le conseil municipal a voté le 14 avril le budget primitif 2026 de 718 millions d’euros sans toucher à la fiscalité communale.

« Nous ne consentirons pas à une augmentation du taux. 52,63 %, c’est un engagement pour tout le mandat. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier, lors du conseil municipal du 14 avril 2026

La distinction est juridique autant que politique. La taxe foncière que paie un propriétaire de Montpellier se compose de plusieurs parts : la part communale, la part métropolitaine, la TEOM. Seule la part communale est sanctuarisée par l’engagement de Delafosse. La part métropolitaine, elle, relève d’une autre assemblée, même présidée par le même homme.

Entre approbation des communes aidées et colère de l’opposition

La majorité métropolitaine reste confortable. Sur les 102 conseillers issus des 31 communes, Delafosse dispose d’un bloc suffisant pour faire passer la délibération sans difficulté. Plusieurs maires y trouvent leur intérêt : leurs communes bénéficient directement des équipements métropolitains financés par cette recette.

READ  Rémi Gaillard nommé adjoint à la culture après un recomptage des voix à Montpellier

La contradiction politique est saisissante dans certaines communes. À Castelnau-le-Lez, le nouveau maire Julien Miro a fait voter une baisse historique de 8 % de la taxe foncière communale pour 2026. Ses administrés verront la baisse locale partiellement neutralisée par la hausse intercommunale.

Dans l’opposition métropolitaine, La France insoumise et la liste de Mohed Altrad dénoncent une dérive des dépenses. Les critiques portent autant sur le niveau d’endettement que sur les choix d’équipements jugés somptuaires. Le vote de la semaine prochaine sera scruté, dans un contexte où Montpellier figure déjà parmi les dix villes les plus taxées de France selon plusieurs observatoires fiscaux.

Un calendrier d’impact pour les propriétaires

Les propriétaires concernés ne verront pas l’effet de cette décision avant l’avis d’imposition de l’automne 2026. Le taux métropolitain s’appliquera à la valeur locative cadastrale, elle-même revalorisée nationalement de 3,9 % cette année.

L’addition combine donc trois mouvements : la hausse du taux métropolitain décidée à Montpellier, la revalorisation automatique des bases cadastrales décidée à Bercy, l’inflation de la TEOM votée l’an passé. Pour un foyer moyen de la métropole, la facture foncière continuera d’augmenter, quelle que soit la ligne examinée sur l’avis d’imposition.