Charles Alloncle, député UDR de la 9e circonscription de l’Hérault, se retrouve au cœur d’une polémique nationale depuis la publication, jeudi 22 mai, de photos le montrant dans les rues de Paris en compagnie de son attachée parlementaire, Shéhérazade Khandani. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a saisi le déontologue de l’institution.
Des photos de Paris-Match qui relancent la question des emplois familiaux
Tout commence dans la soirée du jeudi 22 mai quand Paris-Match publie deux clichés du député héraultais se promenant dans le XIVe arrondissement de Paris. L’article de l’hebdomadaire est d’abord titré : « Moment de détente parisienne pour Charles Alloncle et sa compagne ». Quelques heures plus tard, le titre est discrètement modifié : « Moment de détente parisienne pour Charles Alloncle et une amie ». Une correction encore visible dans l’URL de l’article.
La femme photographiée aux côtés de l’élu s’appelle Shéhérazade Khandani. Elle occupe le poste d’attachée parlementaire de Charles Alloncle depuis janvier 2025, selon son profil LinkedIn consulté par plusieurs rédactions nationales. Elle l’a notamment assisté lors de la très médiatisée commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dont le rapport a été remis début mai.
Après la publication de son rapport sur l’audiovisuel public, le député UDR de l’Hérault s’est accordé une sortie avec sa compagne et attachée parlementaire, Shéhérazade Khandani. https://t.co/m8W6EgStQq
— Paris Match (@ParisMatch) May 21, 2026
La publication de ces photos a immédiatement réveillé le spectre des emplois familiaux dans les cercles politiques. Ce vendredi, Yaël Braun-Pivet a saisi le déontologue de l’Assemblée nationale, Rémi Schenberg, afin qu’il « procède aux vérifications », selon l’entourage de la présidente.
Une loi de 2017 aux peines très lourdes
L’affaire prend une tournure potentiellement grave pour l’élu héraultais en raison du cadre légal en vigueur depuis neuf ans. La loi du 15 septembre 2017 sur la confiance dans la vie politique, adoptée après l’affaire Fillon, interdit à tout parlementaire de recruter comme collaborateur son conjoint, son partenaire de Pacs ou son concubin. La violation de cette disposition est punie de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Un point juridique est crucial dans ce dossier : la notion de concubinage ne nécessite pas de domicile commun. Le simple fait d’entretenir une vie de couple peut suffire à qualifier la relation. C’est précisément sur ce point que le déontologue devra se prononcer. « Si jamais le déontologue considère qu’il y a un manquement à la loi, elle réunira un bureau », précise l’entourage de Yaël Braun-Pivet.
L’Assemblée a également rappelé qu’une dimension pénale pouvait s’ouvrir en parallèle de la procédure interne. L’institution s’était d’ailleurs constituée partie civile lors du procès de l’ancien Premier ministre François Fillon, condamné pour l’emploi fictif de son épouse Penelope.
Alloncle clame son innocence et attaque Paris-Match
Contacté par Midi Libre et Libération, Charles Alloncle a vigoureusement contesté toute irrégularité. Le député affirme que la loi « encadre strictement les choses avec des définitions très précises » et que sa relation avec Shéhérazade Khandani « n’a en aucun cas » les caractéristiques prohibées par le texte.
« On jette en pâture une femme sans aucune forme de contradictoire. Elle n’a strictement rien demandé. »
Charles Alloncle, député UDR de l’Hérault
L’élu héraultais a annoncé son intention d’attaquer Paris-Match en justice, dénonçant des « méthodes illégales » : planque devant son domicile et filature dans les rues de la capitale. Il juge les clichés « pris dans l’illégalité la plus totale ».
Pour Charles Alloncle, la polémique survient dans un contexte déjà tendu. Début mai 2026, le député UDR avait été visé par une plainte pour trafic d’influence et prise illégale d’intérêts dans le cadre de son travail à la tête de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Cette commission avait abouti à 70 propositions jugées très sévères par les défenseurs du service public.
Un avis attendu dans les prochains jours
L’entourage de Yaël Braun-Pivet indique que le déontologue Rémi Schenberg devrait rendre son avis « assez vite ». Si le bureau de l’Assemblée est réuni, il reviendra aux groupes parlementaires de se prononcer sur d’éventuelles sanctions internes. La dimension pénale, si elle était retenue, relèverait de la justice ordinaire.
À Montpellier, l’affaire est scrutée de près. La scène politique héraultaise traverse une période mouvementée, entre l’incertitude des municipales annulées et les élections sénatoriales à venir, avec une nouvelle candidature de gauche dans l’Hérault annoncée le même jour. Charles Alloncle représente la 9e circonscription, qui couvre une partie du territoire montpelliérain. Son siège constituerait un enjeu politique de première importance pour la métropole si des poursuites venaient à être engagées.









