En marge du Festival International des Sports Extrêmes, la ministre des Sports Marina Ferrari a confirmé depuis Montpellier que les épreuves de patinage de vitesse des Jeux Olympiques d’hiver 2030 pourraient se tenir à Heerenveen, aux Pays-Bas, à plus de mille kilomètres des Alpes françaises. Une décision historique qu’elle présente comme le signe d’un changement de paradigme pour l’organisation des grands événements sportifs.
La capitale héraultaise a servi de cadre inattendu à une annonce qui a rapidement circulé dans les milieux sportifs. Venue assister au FISE, manifestation internationale de sports extrêmes qui se tient cette semaine sur les rives du Lez, la ministre a accordé un long entretien dans lequel elle a détaillé l’état d’avancement du chantier olympique. Parmi les révélations : l’engagement de discussions avec les Pays-Bas pour l’utilisation de l’anneau de Thialf, à Heerenveen, pour les épreuves de patinage de vitesse.
Un Cojop en ordre de marche après les turbulences
La gouvernance du comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver (Cojop) avait été secouée en février 2025 par la démission de son directeur général, Cyril Linette. Marina Ferrari a confirmé la nomination prochaine de son successeur : le préfet Roberti, actuellement en poste dans le Tarn-et-Garonne, dont elle souligne « la bonne expérience de l’organisation de grands événements ».
La ministre a également insisté sur le travail accompli depuis sa prise de fonctions, en octobre 2025 : l’adoption d’un texte olympique qui permet désormais de lancer les marchés et d’accélérer certaines procédures en matière d’urbanisme. « Ce problème est derrière nous », a-t-elle dit au sujet des turbulences passées, avant de rappeler que le budget des Jeux reste « sanctuarisé » à 2,132 milliards d’euros, dont 75 % issus de financements privés.
Heerenveen, à plus de mille kilomètres des Alpes
C’est la décision la plus commentée de cet entretien. Le Cojop a été chargé d’approfondir les discussions avec les Pays-Bas pour l’utilisation du mythique anneau de Thialf, à Heerenveen, afin d’accueillir les épreuves de patinage de vitesse. Le site se trouve à plus de 1 000 kilomètres des deux régions organisatrices (Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur), ce qui constitue une première dans l’histoire des Jeux d’hiver.
La ministre assume ce choix au nom de la sobriété : « L’ambition est d’avoir les Jeux les plus sobres de l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver en termes de construction d’infrastructures, de budget et en matière environnementale. » L’empreinte totale des Jeux serait contenue à moins de 20 hectares d’urbanisation.
« J’y vois peut-être la préfiguration de ce que pourraient être les Jeux à l’avenir, avec une ouverture sur l’Europe. On voit qu’aujourd’hui peu de grandes nations seront encore en capacité d’organiser des Jeux d’hiver. Il est intéressant d’ouvrir une première porte sur la mutualisation de grands équipements sportifs au niveau européen. »
Marina Ferrari, ministre des Sports, depuis le FISE à Montpellier
Un « changement de paradigme » défendu depuis Montpellier
L’ironie géographique n’a pas échappé aux observateurs : c’est depuis Montpellier, ville du soleil et des sports urbains, que la ministre des Sports a défendu une vision résolument novatrice de l’olympisme hivernal. La présence de Marina Ferrari au FISE témoigne de l’intérêt du gouvernement pour les disciplines émergentes, qui occupent une place croissante dans les programmes olympiques.
Sur le fond, la ministre estime que la contrainte climatique pèsera durablement sur la capacité des pays à organiser des Jeux d’hiver. « Si on veut continuer à héberger ces grandes compétitions, il faut peut-être changer de paradigme », a-t-elle affirmé. Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 s’articuleront autour de quatre pôles dans les Alpes françaises, avec Heerenveen comme site complémentaire pour les épreuves de glace longue piste.
La décision n’est pas encore officiellement arrêtée. Les discussions avec les autorités néerlandaises se poursuivent. Mais le signal envoyé depuis les rives du Lez est clair : l’organisation internationale des Jeux pourrait ne plus jamais être la même.
Montpellier, carrefour des grandes décisions sportives
La visite de Marina Ferrari au FISE s’inscrit dans une tradition bien établie : Montpellier accueille depuis 1993 ce festival international, devenu l’une des plus grandes manifestations mondiales de sports de glisse et de sports extrêmes. Chaque édition attire plusieurs centaines de milliers de spectateurs sur les berges du Lez.
Ce n’est pas la première fois que la ville se retrouve au cœur de décisions qui dépassent ses frontières. Que ce soit dans le domaine de la politique sportive, de l’économie ou de l’enseignement supérieur, Montpellier s’affirme régulièrement comme un lieu de décision et d’impulsion nationale. Les annonces faites ce vendredi depuis le FISE rap








