La 29e édition du Festival international des sports extrêmes s’installe sur les rives du Lez du 13 au 17 mai 2026. À quelques jours de l’ouverture, une pétition lancée fin avril réclame le déplacement de l’événement. Plusieurs commerçants, des familles et le comité de quartier Port-Marianne dénoncent des nuisances qui s’aggravent au fil des éditions.
Le FISE 2026 cristallise les tensions entre rayonnement national et qualité de vie locale. Voici l’état des lieux à quelques heures du coup d’envoi.
Une pétition pour déplacer le FISE hors des rives du Lez
Lancée le 28 avril 2026 sur la plateforme Change.org, la pétition « Pour le déplacement du FISE hors des rives du Lez » dépasse rapidement les premières centaines de signataires. Le texte, signé par des résidents des quartiers Port Marianne, Antigone et alentours, ne s’oppose pas au festival en lui-même mais demande qu’il soit déplacé vers un site jugé moins impactant pour les habitants.
Les griefs sont précis : restrictions de circulation, mises en fourrière dès le début des installations, bancs publics enlevés en avril, nuisances sonores prolongées jusqu’à 23h30 cette année contre 22h30 en 2025. Le restaurant L’Arbre Blanc ne peut plus utiliser sa terrasse pendant l’événement. Un autre restaurateur du quai du Pirée a vu son chiffre d’affaires chuter de 50 % pendant le montage 2025, ce qui aurait conduit à la fermeture de son établissement selon les signataires.
Au cœur du dossier : la fontaine de la place de la Révolution, condamnée depuis les détériorations causées par un poids lourd en 2023. L’assurance a couvert les dalles cassées mais pas le mécanisme. Pour les riverains, ce cas symbolise les dégâts à répétition supportés par l’espace public.
« Ça commence par le blocage des routes. On ne peut pas stationner et on est nombreux quand même. Tous les gens qui vivent dans ces bâtiments, comment ils font ? »
Une habitante du quartier Port Marianne, citée par France 3 Occitanie
29e édition : 300 000 visiteurs attendus du 13 au 17 mai
Le FISE Montpellier 2026 réunira sur cinq jours les meilleurs riders mondiaux de BMX freestyle, skateboard, roller, trottinette freestyle, parkour, breaking et basket 3×3. Le festival reste l’un des plus gros rendez-vous de sports urbains de la planète et attire chaque année près de 300 000 spectateurs sur les bords du Lez et autour de la place Georges-Frêche.
Nouveauté cette année : les rampes ouvrent dès le lundi 11 mai pour les riders engagés sur le BMX Freestyle, devenu discipline olympique depuis Tokyo 2020. L’objectif annoncé est de permettre aux athlètes de découvrir le BMX Park avant les épreuves officielles. L’Héraultais Anthony Jeanjean, médaillé de bronze aux Jeux de Paris, devrait à nouveau électriser son public local.
L’accès aux compétitions de la Spine Ramp installée sur la place Georges-Frêche reste gratuit. Un pass payant est exigé pour le reste du site, sur les rives du Lez.
Les organisateurs misent sur le dialogue
Du côté du FISE, on assure mettre en place chaque année des dispositifs pour limiter les nuisances. Une réunion de présentation a été organisée en avril 2026 entre la Ville, les organisateurs et les habitants. Pendant les cinq jours du festival, un stand de la mairie permet aux riverains de signaler des problèmes, traités le lendemain selon l’organisation.
Le fondateur du FISE, Hervé André-Benoit, défend une approche progressive : « Toutes les équipes, chez nous, sont encore plus vigilantes que chaque année. On essaye de s’améliorer d’année en année, c’est pour ça qu’on fait les réunions de présentation avec les riverains. » Pour appuyer ses propos, la directrice de projet Lucile Valat cite un cas concret allée du capitaine Dreyfus, où un bungalow a été décalé d’un mètre à la demande d’une habitante pour préserver l’espace devant son immeuble.
Le comité de quartier Port-Marianne, qui représente la fédération Balez et ses sept associations, nuance par la voix de Catherine Giret : les riverains ne sont pas opposés au festival mais réclament une vraie prise en compte des dégradations des berges et des dommages environnementaux constatés.
Une convention jusqu’en 2028 au cœur du litige
En janvier 2026, la Ville de Montpellier et l’organisateur du FISE ont signé une nouvelle convention d’occupation des rives du Lez courant jusqu’en 2028. C’est précisément ce point qui motive la pétition : ses auteurs estiment que ce renouvellement a été décidé sans véritable concertation avec les habitants directement concernés.
Sur le plan financier, le budget annoncé du festival s’élève à 3,5 millions d’euros hors taxes, dont 600 000 euros versés par la mairie. Les retombées économiques sur la métropole ont été estimées à 22 millions d’euros en 2024 par l’organisation. Un argument qui revient systématiquement pour justifier le maintien du festival sur son site historique.
Le montage des structures a démarré il y a déjà deux semaines. Le démontage durera une semaine supplémentaire après la cérémonie de clôture du dimanche 17 mai, soit près d’un mois de chantier au total sur les berges du Lez.
Un débat qui ressemble à celui d’autres événements montpelliérains
La controverse autour du FISE renvoie à d’autres polémiques récentes sur l’occupation de l’espace public à Montpellier. Comme pour la Comédie du Livre 2026 ou les Boutographies au Pavillon Populaire, les festivals attirent à la fois soutiens enthousiastes et critiques structurées des riverains.
La différence avec le FISE tient à l’ampleur du dispositif : 300 000 visiteurs cumulés sur cinq jours, des semi-remorques pendant des semaines, un boisement protégé traversé. Pour les habitants signataires, le rayonnement national de l’événement ne suffit plus à justifier l’impact local. Pour la Ville, les 22 millions d’euros de retombées et le prestige international du FISE pèsent lourd dans la balance.
Reste à voir si la pétition pèsera dans les négociations à venir. La convention 2026-2028 étant signée, c’est désormais à l’horizon de l’édition 2029 que se jouera l’avenir du festival sur les rives du Lez.












