La commune de Pérols, dans l’Hérault, a décidé de mettre fin à l’expérimentation de l’uniforme scolaire dès la fin de l’année scolaire 2025-2026. Lancée à la rentrée 2024 dans le cadre d’une initiative nationale portée par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, cette expérience n’aura duré que deux ans dans les écoles de la commune. La décision a été prise après consultation des enseignants et des parents d’élèves, dont la majorité s’y est montrée défavorable.
Deux ans d’une expérimentation contrastée
Pérols faisait partie des rares communes françaises à avoir répondu à l’appel à candidatures lancé à l’automne 2023 pour expérimenter le port de l’uniforme scolaire. La première année, à la rentrée 2024-2025, seul le groupe scolaire Font Martin avait participé, le conseil d’école de l’autre établissement, La Guette, ayant refusé. La commune avait alors fourni gratuitement à chaque écolier un trousseau de huit vêtements : hauts blancs, survêtement bleu marine, tenue adaptée aux saisons et aux activités sportives.
La deuxième année, les deux groupes scolaires de Pérols rejoignaient l’expérimentation. Pour habiller les 400 écoliers concernés, la commune a investi 90 000 euros sur l’année, prenant à sa charge la totalité du coût des vêtements , la part de l’État ayant été intégrée à l’enveloppe globale. Malgré les difficultés rencontrées pour trouver des fournisseurs adaptés, la municipalité avait tenu à aller au bout de cette deuxième saison avant de tirer les conclusions.
« La première année, les enfants y trouvaient une forme d’identité, un signe d’appartenance à leur école. Plus personne n’y voyait un intérêt, le sentiment d’appartenance a fini par s’atténuer. »
Malik Hamel, directeur de cabinet du maire de Pérols
La lassitude, raison principale de l’abandon
À l’approche de la rentrée 2026, la commune a interrogé les enseignants et les parents d’élèves des deux groupes scolaires. Le résultat est sans ambiguïté du côté du corps enseignant, qui n’avait jamais été franchement favorable au dispositif. Chez les parents, le vote est plus serré : 55 % contre, 45 % pour. Malik Hamel, directeur de cabinet du maire Jean-Pierre Rico, résume la situation : « On suit le souhait des enseignants et des parents. Ils n’y sont plus favorables, nous l’arrêterons donc à la fin de l’année scolaire. »
La principale raison invoquée n’est pas financière , la commune prenait en charge l’intégralité du coût , mais avant tout une question de lassitude. Les vêtements, usés après une année scolaire intensive, ont fini par peser aussi bien sur les familles que sur les élèves eux-mêmes. « C’est devenu moins pratique pour les parents. En fin d’année, les vêtements ont eu tendance à se dégrader, ils ont été surutilisés », note le directeur de cabinet. La question de l’identité enfantine est également revenue dans les discussions.
« Les enfants ont envie de s’habiller différemment au bout d’un moment. À cet âge-là, la façon de s’habiller construit l’identité d’un enfant. »
Malik Hamel, directeur de cabinet du maire de Pérols
La Grande-Motte fait le choix inverse
Pérols n’est pas la seule commune de l’Hérault à avoir participé à cette expérimentation nationale. La Grande-Motte, autre ville du littoral héraultais, tire des conclusions radicalement différentes. Selon son maire, Stéphan Rossignol, deux tiers des parents interrogés se disent favorables à la poursuite du dispositif. « C’est le signe que c’est très bien accepté à la fois par les parents et par les élèves », commente-t-il.
Cette divergence illustre combien le bilan de l’expérimentation nationale est contrasté selon les communes. À Pérols, la décision est désormais actée : dès la rentrée de septembre 2026, les élèves des deux groupes scolaires retrouveront la liberté de s’habiller comme ils le souhaitent. Deux ans après ses débuts, l’uniforme scolaire aura été, selon Malik Hamel, « un éphémère moment d’égalité scolaire ». La commune n’exclut pas de partager son bilan avec les acteurs nationaux de l’expérimentation.
La décision de Pérols intervient dans un contexte où le débat sur l’uniforme à l’école reste vif en France. La mobilisation de Montpellier contre les frais d’inscription rappelle que les questions d’égalité dans l’éducation restent au cœur des préoccupations locales.















