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Rave géante illégale dans l’Hérault : 2 000 teufeurs déjouent la préfète

Vue aérienne de la rave party illégale sur le causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verreries

Plusieurs milliers de fêtards ont envahi une propriété privée du nord de l’Hérault dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 juin. La préfète Chantal Mauchet avait pourtant déclenché la veille son plan « rave bleue » pour étouffer le rassemblement. Les gendarmes dénombrent désormais 2 000 personnes et 600 véhicules sur le causse du Mas neuf.

Une rave géante entre Claret et Ferrières-les-Verreries

Le rassemblement s’est installé vers 3 heures du matin sur le causse du Mas neuf, à la lisière entre le nord de l’Hérault et le Gard. Les teufeurs ont investi une propriété privée après avoir brisé un cadenas pour accéder au terrain, selon nos informations.

Un mur du son a été monté dans la nuit. À leur arrivée, les militaires du groupement de gendarmerie de l’Hérault ont découvert une file interminable de véhicules venus de Pompignan, Claret et Valflaunès. Les plaques d’immatriculation espagnoles, italiennes, suisses et allemandes trahissent l’ampleur d’un phénomène qui draine des fêtards de toute l’Europe.

Un vol de reconnaissance par hélicoptère a permis d’estimer la foule à 2 000 teufeurs et 600 véhicules. Les proches des organisateurs espèrent voir grossir le cortège jusqu’à 5 000 personnes, la free party pouvant durer jusqu’à mardi.

Le plan « rave bleue » déjoué par les organisateurs

La préfecture n’avait rien laissé au hasard. Dès le vendredi 5 juin, la préfète de l’Hérault avait demandé au groupement de gendarmerie de déclencher le plan « rave bleue », un dispositif qui mobilise des renforts pour bloquer l’installation de ces rassemblements sauvages.

« D’importants moyens vont être déployés pour empêcher l’installation d’une rave party dans le département. Les gendarmes sont en état d’alerte et les maires sont informés des risques. »

Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault

Les organisateurs ont malgré tout pris les forces de l’ordre de vitesse. Rompus à l’exercice depuis plus de trente ans, ils ont diffusé sur des messageries chiffrées de faux points de ralliement : « Marseille, Nîmes, Grenoble » en début de soirée, puis « Nîmes, Valence », avant d’aiguiller les initiés vers Cournonterral, un spot bien connu du secteur des éoliennes.

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Trop de gendarmes patrouillaient finalement dans cette zone. Le choix s’est porté sur Claret et Ferrières-les-Verreries, où les véhicules déjà en route se sont reportés en semant volontairement les patrouilles. Une stratégie de fausses pistes rodée qui a permis au mur du son de s’installer avant toute intervention d’envergure.

Un bras de fer sur fond de loi Ripost

Ce rassemblement éclate dans un climat législatif tendu. Un arrêté préfectoral interdit l’organisation des rave parties dans tout l’Hérault jusqu’à la fin de l’année et vise aussi le transport du matériel sonore destiné à ces fêtes.

La préfecture justifie sa fermeté par les risques que font peser ces fêtes sauvages. Dans son communiqué, la préfète rappelle qu’un tel rassemblement augmente le danger pour les participants, à commencer par les départs de feu. Ces fêtes portent aussi atteinte à l’environnement sur des terres agricoles ou des zones protégées. Un argument qui résonne fort dans un département encore marqué par les incendies de garrigue de ces dernières années.

Le mouvement teuf répond à l’examen au Sénat de la loi Ripost, qui prévoit des sanctions alourdies pouvant aller jusqu’à la prison pour les participants. Baptisée « Tankarville la riposte des chaussettes sales », la free party affiche sa volonté de défier le pouvoir. À Montpellier, plusieurs milliers de teufeurs avaient déjà défilé fin mai pour défendre leur culture.

La préfète prévient que « toutes les mesures administratives seront prises pour sanctionner les contrevenants ». Les gendarmes filtrent