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DZ Mafia : Delafosse dénonce des « marchands de mort »

Michaël Delafosse sur le plateau du 19/20 de France 3 Occitanie consacré au narcotrafic

Invité du journal de France 3 Occitanie jeudi 23 juillet, Michaël Delafosse a vivement réagi à la vidéo dans laquelle des hommes cagoulés nient toute implication de la DZ Mafia dans les menaces de mort visant le maire d’Alès, exfiltré de son domicile par le RAID. Le maire de Montpellier, qui dit avoir lui-même été menacé, appelle les élus à ne pas céder à la peur face aux narcotrafiquants.

« Quelle indignité que ces images »

Mercredi 22 juillet au soir, une vidéo de près de deux minutes a été envoyée à la police. On y voit une personne masquée, entourée de cinq autres entièrement vêtues de noir, lire un texte devant une inscription « DZ » et un drapeau algérien. L’homme y affirme que la DZ Mafia n’est pas à l’origine des menaces contre le maire d’Alès, évoquant « un acte lâche et odieux » qui « nuit énormément à nos affaires ». Les autorités n’ont fait aucun commentaire sur l’authenticité de ces images à ce stade.

Interrogé sur ce rebondissement, l’édile montpelliérain n’a pas masqué sa colère sur le plateau du journal régional.

« Quelle indignité que ces images ! Ce sont des marchands de mort qui s’autorisent à faire une communication. Force à la justice et à la police pour interpeller ces individus qui cherchent à se jouer de nos lois. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier, sur France 3 Occitanie

Le maire de la capitale héraultaise a poursuivi en dénonçant des trafiquants qui « disent faire du business » sans hésiter « à tuer pour vendre de la drogue et semer la peur ».

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Un maire exfiltré de son domicile par le RAID

Tout commence le 16 juillet à Alès. L’épouse de Christophe Rivenq, le maire LR de la ville gardoise, découvre dans la boîte aux lettres du domicile familial une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm, signée du nom du groupe criminel. Des inscriptions menaçantes sont taguées sur les murs de la clôture. Le courrier évoque les opérations policières menées contre le narcotrafic à Alès et exige leur arrêt.

Placé sous protection policière, l’élu de 60 ans est exfiltré avec sa famille dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet par les agents du RAID, après des informations faisant état d’un projet d’action violente imminent. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé qu’un « cap a été franchi » et confirmé que le maire resterait sous protection « tant qu’on n’aura pas élucidé cette affaire ». L’enquête a été confiée au Parquet national anti-criminalité organisée, une première pour des menaces visant un élu local.

À Montpellier, Delafosse dit avoir aussi été visé

Le maire de Montpellier a rappelé qu’il avait lui-même fait l’objet d’intimidations, après l’expulsion d’un locataire d’ACM Habitat condamné pour trafic de drogue. « Un certain nombre d’individus sont venus dans l’agence du bailleur social, ont menacé les agents publics et ont dit : Delafosse, on lui réglera son compte, on connaît des gens », a-t-il relaté, tout en jugeant ces menaces « bien moins graves » que celles subies par son homologue gardois.

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L’élu a également mis en avant son combat contre certaines épiceries de nuit qui servent à blanchir l’argent de la drogue à Montpellier. Un travail de fermetures administratives mené avec la préfète de l’Hérault, illustré au printemps par la fermeture d’une épicerie du Faubourg du Courreau. « Évidemment, vous dérangez. Mais il ne faut pas céder à la peur », a insisté Michaël Delafosse, qui réclame depuis juin une juridiction interrégionale spécialisée à Montpellier pour muscler la réponse judiciaire.

« Toute la société doit faire partie de cette lutte »

Née dans les quartiers nord de Marseille, la DZ Mafia a fait irruption à Alès depuis l’été 2025. Dans cette ville de 46 000 habitants au pied des Cévennes, une branche locale dite « nouvelle génération » tente de supplanter les réseaux historiques, comme à Nîmes. Une compagnie de CRS y est déployée depuis fin 2025. Christophe Rivenq avait fait de la lutte contre le trafic de drogue un axe fort de son mandat. « Je ne céderai pas à la menace. Il ne faut pas céder, ici comme partout, sinon c’est l’échec de la République », déclarait-il à France Télévisions dès le 17 juillet.

Les menaces contre les élus locaux se multiplient sur fond de narcotrafic. En janvier, la voiture de la maire d’Échirolles, près de Grenoble, avait été incendiée devant son domicile. Pour Michaël Delafosse, la réponse doit dépasser le cercle des élus.

« Ce n’est pas à un maire d’être exfiltré de chez lui. Le maire, il est aux côtés de ses habitants. Ce sont les narcotrafiquants que nous devons combattre. Les élus de la République ne doivent pas céder à la peur. Là, on a franchi une étape, je pense que toute la société doit faire partie de cette lutte. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier

Le maire de Montpellier a conclu en réclamant davantage de moyens pour la justice. La mobilisation contre le narcotrafic, martèle-t-il, « doit être une mobilisation de tous et de toutes ».

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