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Rentrée : au moins un professeur manque dans 57,6 % des collèges et lycées de l’académie de Montpellier

Entrée du lycée Jean-Mermoz à Montpellier, élèves devant le bâtiment

Une semaine après la rentrée, le Snes-FSU chiffre la pénurie de personnels dans les collèges et lycées publics. Dans l’académie de Montpellier, il manquait au moins un professeur dans 57,6 % des établissements au 4 septembre, un niveau supérieur à la moyenne nationale. Le principal syndicat du second degré appelle à la grève le 29 septembre.

Une académie plus touchée que la moyenne française

Le chiffre est tombé lundi 7 septembre. Le Snes-FSU a publié son enquête annuelle de rentrée, la cinquième du genre, révélée le matin même par franceinfo. À l’échelle du pays, 69 % des collèges et lycées publics ont démarré l’année avec une équipe incomplète, c’est-à-dire privés d’au moins un professeur, un CPE, un assistant d’éducation, un accompagnant d’élèves en situation de handicap ou un psychologue de l’Éducation nationale. Le syndicat relevait 73 % l’an dernier à la même période.

Le détail par académie est plus parlant pour les familles de la région. Sur le seul manque de professeurs, la moyenne nationale s’établit à 53 % des établissements. L’académie de Montpellier affiche 57,60 %. Elle se situe donc au-dessus de cette moyenne, dans la moitié la plus mal lotie des seize académies détaillées par le syndicat. Six académies de ce tableau font encore moins bien, Versailles en tête avec 70,50 %, devant la voisine Toulouse et ses 66,70 %. À l’inverse, Amiens s’en tire avec 23,10 %. Dans le supérieur, l’université de Montpellier Paul-Valéry a ouvert son année avec des travaux dirigés sans enseignant.

L’enquête a été conduite par téléphone et par courriel auprès des responsables des sections Snes-FSU d’établissements. Elle a été arrêtée le 4 septembre à 10 h 30. Le panel réunit 1 033 établissements, pondéré selon le poids de chaque académie ainsi que la répartition entre collèges et lycées. Le syndicat précise ne compter que les postes fixes non pourvus, les blocs de moyens provisoires à l’année et les remplacements de congés longue durée. Les absences ponctuelles de la semaine de rentrée sont exclues du champ.

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Les AESH, l’écart le plus net avec la moyenne

L’écart avec le niveau national se creuse encore sur l’accompagnement du handicap. Il manquait au moins une AESH dans 24,2 % des collèges et lycées de l’académie au 4 septembre, contre 17 % en moyenne nationale. Sur les quatorze académies détaillées par le syndicat pour cet indicateur, seules Grenoble, Nancy-Metz, Créteil et Versailles font pire.

Derrière le pourcentage, il y a des élèves qui disposent d’une notification d’accompagnement et se retrouvent sans AESH effective. Le sujet n’est pas neuf dans le département : les AED avaient cessé le travail début juin, avant une mobilisation des AESH annoncée pour le 9. Le Snes-FSU réclame la création d’un statut d’AESH pour reconnaître le métier et sortir ces personnels de la précarité.

Il manque aussi au moins un psychologue de l’Éducation nationale dans 16 % des établissements du pays. Côté enseignement, quatre disciplines concentrent les tensions : les mathématiques, le français, la physique-chimie et l’anglais.

« Les concours n’ont pas fait complètement le plein. Il y a près de 440 postes qui n’ont pas été pourvus au concours pour le second degré. On paye aujourd’hui une pénurie structurelle de professeurs depuis plusieurs années »

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, sur franceinfo

Le syndicat livre un décompte un peu différent sur son site : il évoque 446 postes perdus au CAPES externe, dont 240 pour les seules mathématiques. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray avait affirmé quelques jours avant la rentrée que les absences de professeurs seraient « marginales ».

Chaleur : rien de prévu dans quatre établissements sur cinq

Le second volet de l’enquête concerne le bâti scolaire. Des aménagements destinés à affronter les fortes chaleurs n’ont été évoqués lors de la prérentrée que dans 21 % des établissements interrogés. Autrement dit, près de quatre collèges et lycées sur cinq n’ont aucune perspective de travaux à ce stade.

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Là où quelque chose est annoncé, l’ambition reste limitée. Près de 61 % de ces réponses font état de travaux simplement envisagés ou demandés, sans réalisation concrète. Quand des équipements arrivent, il s’agit avant tout de ventilateurs, cités dans 73,4 % des cas, puis de climatiseurs mobiles pour 20,2 %. L’isolation et la végétalisation ferment la marche à 9,25 % chacune.

Le calendrier tombe mal pour la région, où jusqu’à 39 °C étaient encore attendus ce lundi. Dans les écoles montpelliéraines, un collectif de parents avait déjà relevé 30 à 32 °C en classe dès 8 heures à la fin du printemps.

Une grève de la fonction publique le 29 septembre

La suite se joue le mardi 29 septembre. Huit organisations syndicales de la fonction publique appellent ce jour-là à la mobilisation sur tout le territoire : CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP. La section académique du Snes-FSU relaie l’appel dans les cinq départements qu’elle couvre, de l’Hérault à la Lozère en passant par le Gard, l’Aude et les Pyrénées-Orientales.

La question des salaires est mise en avant. Le syndicat estime que la revalorisation est « d’abord un enjeu syndical d’aujourd’hui avant d’être un enjeu électoral en 2027 » et rappelle qu’il reste un budget d’ici la fin du quinquennat. La rentrée s’est ouverte dans l’académie avec 148 postes d’enseignants supprimés, dont 73 dans le second degré, sur fond de baisse démographique. De quoi nourrir une mobilisation locale d’ici la fin du mois.