Les 19 500 écoliers montpelliérains et l’ensemble des élèves de l’académie retrouvent le chemin de la classe mardi 1er septembre. Une rentrée sans grande réforme. Elle est en revanche marquée par la suppression de 148 postes d’enseignants sur fond de chute démographique. La Ville, elle, a profité de l’été pour poursuivre son chantier d’adaptation des écoles à la chaleur.
Moins d’élèves, moins d’enseignants
Le chiffre résume à lui seul l’équation de cette rentrée : l’académie de Montpellier compte 6 350 élèves de moins que l’an dernier. Une baisse qui a servi de base au calcul des moyens. Résultat : 148 postes disparaissent, 75 dans le premier degré et 73 dans le second.
Les syndicats enseignants contestent moins le constat démographique que la lecture qui en est faite.
« Cette baisse démographique est une chance d’améliorer les conditions d’enseignement à côté de laquelle on passe »
Stéphane Audebeau, secrétaire académique du SNES-FSU
Le responsable syndical relève également des classes fermées dans certains lycées.
Même tonalité du côté du Snalc. Sa vice-présidente académique Jessica Boyer pointe des effectifs qui grimpent jusqu’à 33 ou 34 élèves dans certaines classes de lycée et tournent souvent autour de 30 en CM2, avec un nombre croissant d’élèves à besoins particuliers à accompagner. Un sujet déjà soulevé en juin lors de l’examen de la carte scolaire de l’Hérault.
Le recrutement reste difficile dans plusieurs disciplines : mathématiques, technologie et lettres modernes figurent parmi celles encore en tension. La réforme du recrutement change la donne cette année : un concours est désormais ouvert dès la licence. Dans l’académie, 101 étudiants suivront une année complète de formation sous statut d’élèves fonctionnaires. À leurs côtés, 478 stagiaires, recrutés pour l’essentiel après un bac + 5, prendront des classes en charge : 247 d’entre eux à mi-temps, les 231 autres à temps plein.
Deux dispositifs pour renforcer les bases
Pas de réforme spectaculaire cette année. La rectrice Carole Drucker-Godard assume une année de stabilisation, destinée selon elle à « consolider ce qui a été entrepris, avoir du recul ». Le cap reste la maîtrise du langage, de la lecture et de l’écriture au primaire et au collège, auquel s’ajoute le raisonnement scientifique.
L’académie fait partie de celles retenues pour tester le dispositif « Pionniers des maths » à l’école élémentaire. Vingt-huit classes de CE2 et de CM1 y participeront. L’idée : mobiliser les sciences cognitives pour faire progresser les résultats, avec derrière les enseignants des formateurs passés par le Collège de France.
Au collège, les groupes de niveaux perdent leur caractère obligatoire. En parallèle, une vingtaine d’établissements identifiés comme les plus en difficulté entrent dans le programme « Collèges en progrès ». Une équipe d’appui de 40 membres, parmi lesquels des inspecteurs et des ingénieurs de l’école académique, les accompagnera sur trois ans. Semaine de stage de réussite avant le brevet, travail en petits groupes, tutorat : les leviers sont laissés à l’initiative de chaque collège. Un concours général des collèges viendra compléter le tableau, cette fois du côté de l’excellence.
Santé mentale et violences sexuelles : de nouveaux référents
C’est l’autre marqueur de cette rentrée. Après les collèges, l’interdiction du téléphone portable en classe s’étend aux lycées pour cette rentrée, une mesure dont nous détaillions les modalités concrètes. La lutte contre le harcèlement se poursuit : 12 500 personnels ont été formés sur les deux dernières années.
Sur les violences sexuelles, la rectrice met en avant « des fichiers de personnes interdites de plus en plus croisés entre l’école, le périscolaire et même le sport ». En novembre, un questionnaire anonyme sera soumis à tous les élèves, avec la possibilité pour eux de s’identifier s’ils le souhaitent.
« Un référent santé mentale recruté dans chaque département, trois psychologues et des infirmiers conseillers techniques. Un référent formé dans chaque établissement devra être en mesure d’orienter les élèves en souffrance. »
Carole Drucker-Godard, rectrice de l’académie de Montpellier
Un comité de pilotage académique réunissant psychologues, professionnels de santé et pédopsychiatres doit voir le jour. Le CHU de Montpellier sera associé à la démarche par voie de convention. Les syndicats, eux, s’interrogent sur les moyens réellement affectés derrière ces annonces. La question revient à chaque rentrée dans le département, à l’image des 14 dispositifs ULIS qui manquent dans les collèges de l’Hérault.
Sept millions d’euros de travaux dans les écoles de la ville
La Ville de Montpellier, compétente sur les écoles maternelles et élémentaires, a mis l’été à profit. Réfection de toitures, remplacement de menuiseries, films solaires, ventilateurs, brise-soleil, toiles d’ombrage, auvents et préaux : sept millions d’euros ont été consacrés au confort thermique, à la sécurité et à l’entretien du patrimoine scolaire, détaille la municipalité.
Ces chantiers relèvent du Plan École 2032 et de son enveloppe de 400 millions d’euros, dont six millions chaque année pour la seule rénovation thermique. Toutes les écoles municipales disposent aujourd’hui de ventilateurs et 111 d’entre elles ont une salle climatisée, pour un investissement de 2,8 millions d’euros.
🔔 J-5 avant la rentrée !
🏫 Dans le cadre du Plan école 2032 qui prévoit 400 M€ pour les écoles de la Ville et leurs 19 500 écoliers, des travaux ont été conduits durant tout l'été pour des lieux plus écologiques, bienveillants et inclusifs.
🚧 Parmi les travaux menés :
👉… pic.twitter.com/xs6s01Yqxx— Montpellier, Métropole et Ville (@montpellier_) 27 août 2026
Les nouveautés les plus visibles arriveront un peu plus tard dans l’année. À la Mosson, le pôle éducatif des Halles Nord accueillera ses quelque 300 élèves le 2 novembre, jour de la reprise après les congés de la Toussaint. Sur plus de 4 000 m², le bâtiment réunit une maternelle et une élémentaire, soit 22 classes, une crèche de 60 berceaux ouverte dès le 3 septembre, un plateau sportif sur le toit et des cours végétalisées. Coût de l’opération : 25,7 millions d’euros, dont 5 millions apportés par l’ANRU.
Dans le quartier Croix d’Argent, où la démographie scolaire progresse, l’école maternelle Hélène-Boucher a été étendue et rénovée. L’extension de l’école élémentaire Alain-Savary sur 400 m², prévue pour la rentrée 2028, portera l’enveloppe globale à 4,5 millions d’euros. Un autre groupe scolaire, Chevalier-de-la-Barre – Rosa-Bonheur, sortira de terre d’ici 2028 pour 18 millions d’euros, avec géothermie, pierre et bois. En centre-ville, l’école élémentaire Jules-Simon a bénéficié de 800 000 euros de rénovation thermique et structurelle sous l’œil des Bâtiments de France.
Tasnime Akbaraly, adjointe déléguée à la Ville éducative et à la Réussite scolaire, résume l’ambition municipale.
« Des moyens substantiels ont été mobilisés pour construire l’école de demain, une école qui relève les défis climatiques en intégrant aussi les nouveautés pédagogiques », explique l’élue. Rendez-vous mardi matin devant les grilles pour mesurer l’écart entre les annonces et le quotidien des classes.















