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Portable interdit au lycée : ce qui change à Montpellier

Entrée du lycée Georges Frêche à Montpellier

Les lycéens montpelliérains rangeront leur smartphone dès le premier jour. La loi qui étend au lycée l’interdiction du téléphone portable a été promulguée lundi 24 août par Emmanuel Macron et publiée au Journal officiel ce mardi 25 août. Elle s’applique dans une semaine, pour une rentrée fixée au mardi 1er septembre dans les 109 lycées publics de l’académie de Montpellier.

Une loi promulguée à sept jours de la rentrée

Le calendrier tient de la course contre la montre. Le Parlement avait adopté le texte le 21 juillet, puis le Conseil constitutionnel s’est prononcé le 14 août. Restait la signature du chef de l’État, tombée lundi après-midi.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon l’a confirmé à l’issue du Conseil des ministres : l’interdiction « pourra être effective dès la rentrée avec un cadre juridique stable, consolidé et législatif ». Le texte porte le numéro 2026-813 et complète l’article L. 511-5 du Code de l’éducation, qui interdisait jusqu’ici le téléphone à l’école et au collège seulement, depuis la loi de 2018.

« Protéger les enfants des dérives des écrans ne peut plus attendre. Je viens de promulguer la loi visant à interdire les téléphones portables au lycée dès la rentrée, proposition de la commission écrans. Une école sans téléphone, c’est retrouver la sérénité de l’apprentissage. »

Emmanuel Macron, président de la République

L’annonce a été faite sur X quelques minutes après la signature.

Éteint et rangé dans le sac, pas confisqué à l’entrée

Le principe retenu ne consiste pas à déposer son appareil à la grille. Les lycéens gardent leur téléphone sur eux. Il doit simplement rester éteint et rangé pendant toute la durée de la présence dans l’établissement. La règle vaut aussi pour les objets connectés, montres et tablettes comprises.

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Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a détaillé le dispositif dans un entretien accordé à la presse régionale lundi.

« Comme c’était déjà le cas à l’école et au collège, l’usage du téléphone portable sera interdit dans les lycées. Les élèves pourront l’avoir sur eux […]. Les appareils devront être éteints et rangés dans les sacs. Si la règle est transgressée, il y aura des confiscations. »

Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale

Le vadémécum diffusé aux chefs d’établissement prévoit une réponse « graduée, personnalisée et proportionnée ». Trois marches sont prévues : la punition classique pour un premier écart, la mise sous clé du téléphone ensuite, puis le conseil de discipline quand les faits le justifient.

Les règlements intérieurs pris de court

Pour rendre l’interdiction opposable, chaque lycée doit inscrire la mesure dans son règlement intérieur. Cette modification suppose un passage devant le conseil des délégués pour la vie lycéenne, puis un vote du conseil d’administration, avant transmission au rectorat au titre du contrôle de légalité.

Or les portes sont restées closes tout l’été. « Les établissements ne sont pas prêts », déplore auprès de l’AFP François Resnais. Ce responsable national du SNPDEN-Unsa, organisation majoritaire chez les chefs d’établissement, parle d’un « mauvais timing » et estime que la plupart des lycées entameront l’année sans que la règle figure noir sur blanc dans leur texte de référence.

Du côté enseignant, le SNES-FSU dénonce depuis janvier une mesure votée sans moyens supplémentaires : ni surveillance renforcée en vie scolaire, ni casiers ou pochettes pour entreposer les appareils. Au Conseil supérieur de l’éducation, le texte avait recueilli 93 % de votes défavorables.

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Ce qui attend les lycéens de l’Hérault

L’académie de Montpellier scolarisait 241 208 élèves dans le second degré à la rentrée 2025, répartis entre 261 collèges et 109 lycées, selon les chiffres du rectorat. Dans l’Hérault, 6 763 élèves étaient inscrits en terminale générale et technologique pour la session 2026 du baccalauréat, auxquels s’ajoutaient 2 675 candidats en voie professionnelle.

Les collèges héraultais expérimentent déjà le dispositif « Portable en pause » recensé par le rectorat, généralisé depuis la rentrée 2025 avec pochettes, mallettes ou casiers selon les établissements. Autre levier déjà en place : les notifications des espaces numériques de travail sont suspendues par défaut de 20 heures à 7 heures et du vendredi soir au lundi matin, une manière d’étendre la déconnexion au-delà des grilles.

Des dérogations resteront possibles. La circulaire ministérielle autorise les usages pédagogiques encadrés, les besoins liés au centre de documentation, à la restauration ou à l’internat, ainsi qu’un régime spécifique pour les étudiants de BTS et de classes préparatoires hébergés dans les lycées. Les élèves en situation de handicap qui utilisent leur téléphone comme outil d’accessibilité conservent ce droit. Les modalités précises sont détaillées dans la circulaire du 2 juillet 2026 publiée au Bulletin officiel.

Le volet réseaux sociaux, lui, est tombé

La loi promulguée n’est qu’une version amputée du texte voté cet été. Son article phare, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, a été censuré le 14 août par le Conseil constitutionnel. Seul le volet scolaire a survécu.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit désormais proposer une nouvelle rédaction tenant compte des réserves des Sages. L’exécutif vise un cadre juridique stabilisé d’ici au printemps 2027. En attendant, les familles montpelliéraines retrouveront la question des écrans là où elle se règle le plus concrètement : dans le cartable de leurs enfants, dès mardi prochain.

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Cette rentrée s’annonce chargée pour les établissements de la métropole, entre le versement de l’allocation de rentrée scolaire à 93 000 enfants héraultais et l’arrivée des nouveaux bacheliers dans le supérieur, un sujet détaillé dans notre guide pour étudier à Montpellier.