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Total à l’UM : des étudiants interrompent une conférence

Des étudiants du SCUM brandissent une banderole « Total à l'UM » devant l'université de Montpellier

Une conférence scientifique stoppée net, des banderoles brandies et un slogan martelé devant le président de l’université. Ce mercredi 24 juin, le syndicat étudiant SCUM a mené une action coup de poing à l’université de Montpellier pour dénoncer le partenariat noué avec TotalEnergies. La mobilisation est loin de retomber.

Une conférence sur l’écologie interrompue

Il était encore tôt ce mercredi matin quand une dizaine d’étudiants se sont infiltrés dans l’amphithéâtre de la faculté des sciences. En pleine édition des Montpellier Global Days 2026, une conférence consacrée aux systèmes alimentaires durables, ils ont interrompu les débats au cri de « Total, Total, hors de nos facs ! ».

Les militants du Syndicat de combat universitaire de Montpellier ont déployé une grande banderole barrée d’un « Total à l’UM » rageusement raturé. Autour, des pancartes sans détour : « non au greenwashing de Total », « partenariat de la honte », « totalement contre ». La scène s’est jouée sous les yeux de Philippe Augé, président de l’université.

Pour le syndicat, la cible était toute trouvée. La conférence vantait l’engagement écologique de l’établissement, au moment précis où celui-ci scelle un accord avec un géant des hydrocarbures. Un télescopage que les étudiants ont voulu rendre visible.

Un partenariat signé « en toute discrétion »

L’accord en cause a été paraphé le 11 juin, salle des actes du campus Triolet, en présence de la directrice France de TotalEnergies. Il concerne les quelque 80 étudiants du master mention Énergie. Dès la rentrée de septembre, des cadres du groupe interviendront dans les enseignements. Des visites de sites industriels seront aussi organisées. La convention avait déjà déclenché une fronde au sein de la faculté, validée à l’arraché par la seule voix prépondérante du président de séance.

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Le SCUM dénonce un texte adopté loin des regards avec une entreprise condamnée. En octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a jugé trompeuses plusieurs formulations de TotalEnergies sur sa « neutralité carbone », reprises selon le syndicat dans la convention universitaire. Le grief du greenwashing revient comme un refrain dans la bouche des contestataires.

L’argument fait d’autant plus mouche que l’université se classe quatorzième mondiale et première française au palmarès thématique de Shanghai en écologie. Une vitrine verte que l’accord viendrait, aux yeux des opposants, sérieusement écorner.

« On se mobilisera jusqu’à la rupture »

Au-delà du coup d’éclat, les étudiants posent trois exigences claires : l’annulation immédiate de la convention, la transparence totale sur les partenariats privés de l’université et l’ouverture d’un débat associant personnels et étudiants. Ils reprochent à la présidence de refuser de communiquer aux élus la liste complète de ces accords.

« L’UM se pavane comme étant une des plus vertueuses en termes d’écologie et finalement fait un accord comme ça avec TotalEnergies. On se mobilisera jusqu’à la rupture du partenariat. »

Johan Palmier, élu à la Commission de la formation et de la vie universitaire

La pression monte aussi en ligne. Plus de 1 900 personnes ont déjà signé la pétition réclamant l’annulation de l’accord. Le mouvement s’inscrit dans une année universitaire déjà marquée par plusieurs mobilisations étudiantes à Montpellier.

La présidence, elle, campe sur sa position. Le doyen de la faculté des sciences assure que les contenus pédagogiques restent élaborés par l’équipe enseignante du master, sans pouvoir de décision laissé au groupe pétrolier. Un cadrage qui ne convainc pas les frondeurs.

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Les opposants donnent déjà rendez-vous pour la suite. Un nouveau rassemblement est annoncé le 30 juin à 13h30, devant le bâtiment 7 de la faculté des sciences. De quoi confirmer que ce mariage entre l’université et TotalEnergies n’a pas fini d’agiter le campus montpelliérain.

La faculté des sciences, campus Triolet, théâtre de la mobilisation étudiante.