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ULIS : 14 dispositifs manquent au collège dans l’Hérault

Façade du collège Vincent Badie à Montarnaud, dans l'Hérault

À quelques semaines de la rentrée, des familles héraultaises attendent toujours une affectation en ULIS pour leur enfant en situation de handicap. Le syndicat SNUDI FO 34 chiffre le déficit à quatorze dispositifs au moment précis du passage de l’école au collège. L’académie de Montpellier assure de son côté que tous les élèves seront accueillis à la rentrée.

Une place refusée au collège de Montarnaud

Alan, 12 ans, doit entrer en sixième en septembre. Cet élève de Saint-Paul-et-Valmalle, à seize kilomètres à l’ouest de Montpellier, a suivi toute sa scolarité élémentaire avec l’appui d’une unité localisée pour l’inclusion scolaire. Il souffre de dysphasie, de dysgraphie et d’un trouble de l’attention. La maison départementale des personnes handicapées lui a notifié une orientation en ULIS valable jusqu’au 31 août 2027.

Le 17 juin, ses parents Julie Demauras et Vianney Simoens ont reçu un courrier du directeur académique des services de l’éducation nationale, Aymeric Meiss. L’administration y écarte l’affectation demandée.

« Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de lui proposer une affectation au sein du dispositif Ulis au collège de Montarnaud, celui-ci ayant atteint sa capacité maximale d’accueil. »

Aymeric Meiss, directeur académique des services de l’éducation nationale, dans son courrier du 17 juin

Montarnaud se trouve à 3,2 kilomètres de Saint-Paul-et-Valmalle. Le collège Vincent Badie y occupe une avenue qui porte le nom du village voisin. Faute de place, l’enfant rejoindra une sixième ordinaire. Sa mère redoute un effondrement rapide de cinq années de travail. « Dès le premier jour, il ne voudra plus y aller et tout ce qui a été bâti pendant 5 ans grâce au dispositif, tout va s’effondrer comme un jeu de cartes », confie Julie Demauras à France 3 Occitanie. La famille a saisi le délégué du Défenseur des droits de Gignac, Simon Savry-Cattan, pour non-exécution de la notification.

« Il a beaucoup évolué avec le dispositif ULIS, c’est pour ça que pour nous c’est très important qu’il continue. »

Vianney Simoens, père d’Alan
Le collège Vincent Badie, avenue Saint-Paul et Valmalle, à Montarnaud.

Quatorze dispositifs manquants entre l’école et le collège

Le SNUDI FO 34 a obtenu les effectifs de dispositifs par degré. Sabine Raynaud, enseignante spécialisée ULIS et secrétaire départementale du syndicat, chiffre l’écart au moment de la sixième : 86 ULIS dans le premier degré héraultais contre 72 dans le second. Il manque donc quatorze dispositifs « soit 168 places, pour pouvoir assurer le passage du premier au second degré ».

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Rapporté aux quatorze dispositifs, ce total de 168 places revient à douze élèves chacun. La circulaire du 21 août 2015 qui organise les ULIS fixe pourtant deux plafonds distincts : douze élèves à l’école, « dix » au collège et au lycée. Le même texte autorise le directeur académique à relever cet effectif quand les projets personnalisés de scolarisation le permettent. Sur son propre site, le collège Vincent Badie présente d’ailleurs son dispositif comme « un groupe de 13 élèves au maximum ».

Le syndicat avance également que 566 élèves héraultais n’ont pas eu accès à une classe spécialisée en 2025. Il dénonce une volonté de dissimulation de la situation par le rectorat. Les mêmes organisations avaient déjà bataillé en juin sur la carte scolaire de l’Hérault et ses vingt postes supprimés.

Quarante collèges publics du département sans dispositif

Les données ouvertes de l’éducation nationale permettent de mesurer le maillage réel. Sur les 108 collèges publics recensés dans l’Hérault, 68 apparaissent dotés d’au moins une ULIS dans le fichier ministériel daté du 30 mars 2026. Quarante établissements en sont dépourvus. À Montpellier, quinze des vingt-trois collèges publics sont équipés.

Le même fichier ne recense que huit lycées publics et un établissement régional d’enseignement adapté dotés d’un dispositif dans tout le département. Le nombre d’établissements équipés se réduit donc à chaque étape du parcours scolaire.

À Mèze, une famille attend depuis octobre

Le cas d’Alan n’est pas isolé. À Mèze, Marion et Cédric Cenent attendent une place pour leur fils Noë, 6 ans et demi, atteint d’une maladie génétique, avec des retards de développement, de motricité et de langage. Leur notification MDPH date d’octobre 2025. Le dossier avait été déposé près d’un an à l’avance.

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L’ULIS de l’école Clemenceau, sur place, affiche complet. « Notre commune de Mèze est située dans une véritable zone blanche, puisqu’il n’existe aucun autre dispositif ULIS dans le secteur », expliquent les parents, qui ont fini par confier le dossier à une avocate. Fin juillet, une autre famille racontait déjà une attente sans réponse autour de Liam, trois ans, sourd profond.

Ce que répond l’académie de Montpellier

L’académie de Montpellier avance de son côté une augmentation de treize dispositifs ULIS pour cette année. Elle reconnaît que des élèves du second degré restent en attente d’affectation. Elle affirme dans le même temps que « la totalité des élèves sera accueillie dans les écoles et établissements avec un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH) ».

La réponse renvoie à un dispositif déjà sous tension. L’académie compte plus de 26 000 élèves notifiés par la MDPH, dont environ 20 000 accompagnés par un AESH, selon les données citées par la presse locale. Ces personnels avaient dénoncé leur précarité début juin lors d’une grève à Montpellier. Du côté associatif, l’Unapei 34 estimait en septembre 2025 qu’environ 2 500 enfants héraultais, tous handicaps confondus, n’avaient pas de solution, dont 700 en attente d’une place en institut médico-éducatif.

Des affectations peuvent encore intervenir jusqu’au 1er septembre. Pour les parents d’Alan, ce délai reste le seul horizon avant une sixième qu’ils n’ont pas choisie.