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Canicule : les enseignants du lycée Joffre suspendent leurs cours à Montpellier

Entrée du lycée Joffre à Montpellier, avec le panneau de la Région Occitanie

Plusieurs dizaines d’enseignants du lycée Joffre ont cessé de faire cours ce mardi 8 septembre à Montpellier, faute de pouvoir tenir dans des salles surchauffées. Réunis en assemblée générale, ils ont écrit le soir même au rectorat et à la Région Occitanie. Trois autres établissements de la ville avaient déjà rogné leur emploi du temps la veille, un quatrième a suivi le mardi.

Une assemblée générale, puis un courrier

La décision s’est prise dans la matinée, au cours d’une réunion exceptionnelle convoquée à l’appel de la section locale du Snes-FSU. Les personnels du lycée Joffre décrivent « plus de 30 degrés depuis plusieurs jours, des taux d’humidité insupportables » dans un courrier adressé le soir même aux deux autorités de tutelle, celle des enseignants et celle des murs.

Le décompte de ces enseignants varie selon les sources. Les personnels avancent « plus de 30 enseignants » ayant ajourné leurs cours de l’après-midi. Midi Libre en dénombre pour sa part « plus d’une vingtaine ». Aucune des deux sources ne parle de grève.

« Les personnels comme les élèves sont physiquement atteints : chutes de tension, migraines, saignements de nez, épuisement, … »

Extrait du courrier des personnels du lycée Joffre au rectorat et à la Région Occitanie

Dans ce texte, les enseignants syndiqués réclament un calendrier de rénovation thermique du bâtiment et une série de mesures qu’ils veulent immédiates :

  • des fenêtres qui s’ouvrent
  • des climatiseurs
  • des brasseurs d’air
  • des rideaux thermiques

Jean-Monnet, Léonard de Vinci, Mermoz et Jules-Guesde aussi

Joffre n’est pas un cas isolé dans la capitale héraultaise. Dès le lundi 7 septembre, le lycée Jean-Monnet avait suspendu ses cours de l’après-midi : le thermomètre y dépassait les 30 degrés dans les salles. Le lycée professionnel Léonard de Vinci a fait de même à partir de 14 h 30. Au lycée Mermoz, le rectorat indiquait le même jour à ICI Hérault que seuls quelques élèves installés dans les salles les plus exposées avaient été dispensés de cours. Midi Libre fait état d’un « même constat » dans cet établissement le mardi.

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Le mardi, la vague a gagné le lycée Jules-Guesde, où « les professeurs mis en difficulté par la chaleur ont reçu l’autorisation d’annuler leurs cours de l’après-midi », rapporte un enseignant à Midi Libre. À Sète, le lycée Joliot-Curie avait renvoyé ses quelque 1 900 élèves dès le lundi. Le SE-Unsa y rapporte 35 à 36 °C dans certaines salles et jusqu’à 37 °C du côté de l’internat. C’est dans cet établissement qu’enseigne Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier.

« Il y a déjà eu des rentrées difficiles. Mais l’impossibilité de faire cours à la rentrée, à ma connaissance, c’est une première. »

Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier, à Midi Libre

La qualification de l’épisode varie d’un média à l’autre. France 3 et ICI Hérault ont titré sur des lycées « fermés » et annoncé une réouverture mardi matin. Midi Libre écrit de son côté que « l’ensemble des établissements sont cependant restés ouverts pour accueillir des élèves ». À Sète, les lycéens ont bien été renvoyés chez eux.

Un bâti signalé depuis le mois de mars

Le lycée Joffre, qui accueille 2 500 élèves et étudiants sur un site historique, n’en est pas à sa première alerte. Le 31 mars, la section Snes-FSU de l’établissement avait adressé à la Région un courrier sur « l’état préoccupant » des locaux. La collectivité lui a répondu point par point au mois de mai, après une rencontre entre le vice-président chargé de l’éducation Kamel Chibli et les représentants du lycée.

Sur le volet thermique, la Région reconnaissait alors que les problèmes d’isolation et d’étanchéité étaient « connus et intégrés » à son plan pluriannuel d’investissement. Elle annonçait qu’une étude thermique plus globale « va être initiée » pour hiérarchiser les priorités et chiffrer les travaux. Plus de trois mois plus tard, le syndicat estime que rien n’a été fait pendant l’été.

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Les écoles montpelliéraines, dont la Ville a la charge, connaissent la même difficulté. En mai, un collectif de parents relevait 30 à 32 °C dès 8 heures du matin dans plusieurs classes. Le partage des compétences complique la réponse : les écoles relèvent des communes, les collèges des départements, les lycées des régions.

Ce que prévoient le ministère et la Région

Le ministère de l’Éducation nationale s’est doté le 27 mai d’un plan de gestion des vagues de chaleur. La circulaire demande aux académies d’établir avec les collectivités un diagnostic de vulnérabilité et une cartographie des établissements les plus exposés. Elle ouvre une veille saisonnière du 1er juin au 15 septembre, période dans laquelle tombe l’épisode de cette semaine. Le texte prévoit qu’un établissement puisse être fermé si aucune modalité d’aménagement ne permet d’accueillir élèves et personnels en toute sécurité. Une mesure « par nature exceptionnelle et proportionnée », décidée au terme d’un dialogue associant préfet, autorités académiques et maire.

Du côté de la Région, la présidente Carole Delga avait consacré une partie de sa conférence de rentrée, le 26 août, à ce sujet. Elle assurait avoir demandé, avec les recteurs, d’identifier les établissements les plus exposés en vue d’un « plan d’urgence ». Brasseurs d’air, brise-soleil, rafraîchissement par géothermie et climatisation dans certains cas y sont envisagés. Selon l’exécutif régional, environ 30 % du budget d’investissement de la collectivité va à la rénovation et à l’amélioration énergétique de ses bâtiments.

Douze jours après cette annonce, les premières suspensions de cours intervenaient. Le Snes-FSU, lui, reproche à la Région de n’avoir rien fait pendant l’été. Une baisse des températures était annoncée dans la nuit de mardi à mercredi : elle devait permettre, selon actu.fr, aux enseignants de reprendre leurs cours. Dans une académie où il manquait au moins un professeur dans 57,6 % des collèges et lycées au 4 septembre, la rentrée montpelliéraine aura perdu quelques heures de plus.

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