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Assises de l’Hérault : verdict jeudi pour le meurtre du parking de Béziers-Plage

Box vitré des accusés dans la grande salle d'audience du palais de justice de Montpellier

Un homme de 49 ans comparaît depuis lundi devant la cour d’assises de l’Hérault, à Montpellier. Il lui est reproché d’avoir volontairement écrasé une mère de famille sur le parking de Béziers-Plage, dans la nuit de Noël 2021. Le verdict est attendu ce jeudi.

« C’est un drame que je garderai toujours en moi, pour toute ma vie, et je m’en excuse encore »

Félix Tavares, accusé, lundi 7 septembre devant la cour d’assises de l’Hérault

Une nuit de Noël qui bascule sur un parking

La scène se joue dans la nuit du 25 au 26 décembre 2021, vers deux heures du matin, sur le terrain en gravier qui sert de parking à Béziers-Plage, un établissement de nuit installé route de Bédarieux. Mylvia Calvayrac, mère de deux filles, regagne sa voiture. Elle est percutée par l’arrière par un véhicule lancé à plus de 60 km/h et décède dans les minutes qui suivent.

Les témoins entendus par les enquêteurs décrivent un coup de volant délibéré. Le conducteur venait d’être expulsé de l’établissement après une bagarre. Avant de repartir, il avait lancé la phrase qui donne son titre au dossier depuis quatre ans : « Ce soir, je tue quelqu’un ! » Un agent de sécurité avait confié ses clés à une amie pour l’empêcher de conduire, en vain.

Les prélèvements ont établi une alcoolémie de 2,23 g d’alcool par litre de sang. La soirée avait commencé à Montpellier, où les deux hommes s’étaient retrouvés autour d’une première bouteille de vodka avant de gagner Béziers, selon le parquet. Leur fuite s’est achevée dans un fossé, où les policiers les ont interpellés.

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De l’assassinat au meurtre : ce que juge la cour

Le 27 décembre 2021, le parquet de Béziers ouvre une information judiciaire pour assassinat, délit de fuite et conduite en état alcoolique en récidive légale. La préméditation retenue à ce stade tenait aux propos menaçants qu’il aurait tenus avant d’aller récupérer son véhicule. Le conducteur est écroué dans la foulée.

Devant la cour, la qualification retenue n’est plus l’assassinat mais le meurtre, passible de trente ans de réclusion criminelle. Son passager, qui comparaît libre, est poursuivi pour non-assistance à personne en danger et encourt cinq ans. Les deux hommes affirment aujourd’hui n’avoir aucun souvenir de l’impact.

« [la victime] ne connaissait aucun des deux hommes mis en cause et ne semble avoir eu aucun contact particulier avec eux au cours de la soirée »

Raphaël Balland, alors procureur de la République de Béziers, en décembre 2021

Plus de quatre ans et huit mois avant l’audience

Entre l’écrou de fin décembre 2021 et l’ouverture des débats le 7 septembre 2026, l’accusé a passé plus de quatre ans et huit mois en détention provisoire. Une demande de remise en liberté avait été examinée par la chambre de l’instruction en juillet 2023, sans le faire sortir.

Lors de la rentrée solennelle de la cour d’appel de Montpellier, le 30 janvier 2026, le procureur général d’alors avait chiffré le retard accumulé. Le ressort couvre quatre départements : l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales et l’Aveyron. Ses cours criminelles et d’assises devront tenir audience 250 jours, là où elles en tiennent 200.

« L’engorgement est toujours là, le stock continue à monter, nous avons 200 affaires criminelles en attente de jugement, c’est beaucoup et ça augmente de 5 % chaque année »

Jean-Marie Beney, alors procureur général près la cour d’appel de Montpellier, le 30 janvier 2026

Le magistrat a quitté ses fonctions fin juin. Eric Mathais lui a succédé début septembre avec deux priorités affichées, les violences intrafamiliales et sexuelles d’un côté, le narcobanditisme de l’autre.

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Un accusé au parcours contrasté

Originaire des Mureaux, dans les Yvelines, l’accusé traîne treize condamnations à son casier depuis 1997, pour des faits d’usage de stupéfiants, de violence et de conduite sous l’emprise de l’alcool. Devant la chambre de l’instruction, l’avocate de la partie civile avait décrit une dangerosité intacte.

Le même homme a exercé comme médiateur social à Pérols et monté une association qui accompagne vers le logement dans les quartiers en difficulté. Cet engagement lui a ouvert les portes de l’Élysée, où Emmanuel Macron l’a reçu le 22 mai 2018. Un ami qui l’accompagnait ce jour-là est venu le dire à la barre. Choquée, la famille de Mylvia Calvayrac a quitté l’audience.

La cour d’assises de l’Hérault rendra sa décision jeudi. En juin, la même juridiction avait condamné à trente ans de réclusion l’agresseur d’une étudiante en médecine du quartier des Arceaux, assortis d’une période de sûreté de dix-huit ans.