La justice a tranché. Ce mercredi 24 juin, la cour d’assises de l’Hérault a condamné Soulaïmana Ambririki à 30 ans de réclusion criminelle pour la tentative de meurtre commise sur une étudiante en médecine dans le quartier des Arceaux, à Montpellier. Les jurés ont assorti cette peine d’une période de sûreté de 18 ans, allant bien au-delà des réquisitions du ministère public.
Une peine plus lourde que les réquisitions
Après trois jours d’audience, le verdict est tombé en milieu de semaine. La cour a suivi le parquet sur la durée de réclusion, fixée à 30 ans. Elle est allée plus loin sur un point décisif. L’avocat général avait requis cette peine sans réclamer de période de sûreté. Les jurés en ont prononcé une de 18 ans.
Concrètement, cette mesure interdit tout aménagement de peine avant l’exécution de ces dix-huit années. Pour la partie civile, ce surcroît de sévérité dit quelque chose de la perception qu’ont eue les jurés de l’accusé au terme des débats. La défense, elle, encaisse une décision qu’elle juge particulièrement dure.
Le rappel d’une agression d’une violence rare
Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 juillet 2024. Vers 2 heures du matin, dans la petite rue Condorcet qui débouche sur le boulevard des Arceaux, Madeleine, étudiante en sixième année de médecine, rentre seule chez elle. Au moment où elle sort ses clés, un homme la saisit par les épaules et lui ouvre la gorge d’un coup de cutter.
La plaie mesure 26 centimètres. La veine jugulaire, un nerf et deux muscles sont sectionnés. Grâce à ses connaissances médicales, la jeune femme comprend que sa survie se joue en quelques secondes. Elle se sert d’une robe achetée le jour même comme garrot pour comprimer l’hémorragie et appelle à l’aide. Transportée en urgence au CHU Lapeyronie, elle survit alors que son pronostic vital était engagé. Le déroulé complet avait été exposé à l’ouverture du procès devant la cour d’assises.
La dangerosité au cœur de la décision
Tout au long des trois journées, Soulaïmana Ambririki a maintenu qu’il n’avait jamais voulu tuer la jeune femme. Il décrivait une tentative de vol qui aurait dégénéré. Une version que les jurés n’ont manifestement pas retenue. Les experts psychiatres et psychologues avaient dépeint une personnalité inquiétante, marquée par une faible capacité à se remettre en question et une difficulté à éprouver de l’empathie.
Pour Me Iris Christol, avocate de la victime et nouvelle bâtonnière du Barreau de Montpellier, la décision traduit avant tout une volonté de mettre la société à l’abri.
« Une peine de 30 ans, ça donne la mesure de la gravité de ce qui lui est arrivé et qu’elle a toujours du mal à concevoir. La peine est autant le reflet de la gravité des faits que de la dangerosité de l’auteur. »
Iris Christol, avocate de la partie civile
La défense a elle aussi pointé le poids du contexte dans l’appréciation des jurés. Elle a rappelé que son client avait déjà été condamné pour une agression sexuelle avant les faits des Arceaux. Elle a aussi évoqué les failles du système judiciaire pointées par d’autres dossiers récents, comme l’affaire Lyhanna qui a mobilisé devant le tribunal de Montpellier.
Un appel probable
La condamnation n’est pas définitive. Soulaïmana Ambririki dispose de dix jours pour faire appel. Son avocate, Me Virginie Manzi, juge l’hypothèse vraisemblable même si aucune décision n’était arrêtée au lendemain du verdict. « Pour lui, c’est une peine extrêmement importante et dure à digérer », confiait-elle à l’issue de l’audience.
Si un appel est interjeté, l’affaire sera rejugée devant une autre cour d’assises. Dans le cas contraire, la peine deviendra définitive. Pour Madeleine, qui disait vouloir s’assurer que son agresseur ne pourra « jamais refaire ça à quelqu’un d’autre », ce procès s’achève sur une condamnation parmi les plus sévères prononcées récemment dans l’Hérault.















