L’ancien directeur de la cuisine centrale et de la politique alimentaire de Montpellier a été relaxé par le tribunal correctionnel. Poursuivi pour agression sexuelle, harcèlement sexuel et harcèlement moral par trois anciennes salariées placées sous son autorité, il a été blanchi faute de faits suffisamment caractérisés. Le verdict, désormais définitif, referme une procédure ouverte en 2023.
Un cadre de la Ville blanchi au terme de la procédure
Connu sous les initiales Luc L. dans la presse locale, l’homme a dirigé la cuisine centrale de Montpellier de 2016 à 2024. À la tête d’un service qui préparait les repas des écoles de la ville, il avait une centaine d’agents sous ses ordres.
Renvoyé début mai devant le tribunal correctionnel de Montpellier, il comparaissait pour des faits dénoncés par trois femmes qui travaillaient dans son service entre 2016 et 2023. À l’issue des débats, la justice a estimé que les infractions n’étaient pas établies. Le prévenu, âgé d’une soixantaine d’années, ressort donc de cette affaire sans condamnation.
Ce que reprochaient les trois plaignantes
Une seule des trois plaignantes, qui avait déposé plainte en 2023, était présente à l’audience pour témoigner. Elle décrivait une main aux fesses lors d’un déplacement professionnel, une caresse sur la joue dans un escalier et des remarques à caractère sexuel répétées sur son lieu de travail.
Les deux autres femmes, une ancienne stagiaire et une responsable syndicale, dénonçaient elles aussi des propos déplacés et des gestes assimilés à du harcèlement. La jeune stagiaire affirmait avoir interrompu ses études de droit après cette expérience. Devant le tribunal, la procureure avait rappelé que d’autres agents faisaient état de propos sexistes, sans qu’un tiers ait toutefois assisté directement aux faits reprochés.
C’est une phrase attribuée au prévenu qui avait donné à l’affaire son retentissement local. Selon l’avocate des plaignantes, il aurait lancé à l’une de ses subordonnées que, pour obtenir une promotion, « il faudra coucher ». Au-delà des faits à connotation sexuelle, plusieurs témoignages décrivaient un mode de management sous tension, fait de pression permanente et d’humiliations en réunion.
« J’aurais préféré qu’il reconnaisse les faits, ça aurait été plus apaisant. »
Une des plaignantes, à la barre du tribunal correctionnel de Montpellier
La défense dénonce un « dossier fragile »
À la barre, le prévenu a nié l’ensemble des accusations. Il a mis en avant un climat de conflit interne, lié selon lui à la réorganisation puis à l’externalisation d’une partie du service en 2020. Il assurait que certaines salariées lui en voulaient de ne pas avoir défendu leurs anciens avantages.
Son avocat a dénoncé un dossier fragile et une procédure qu’il jugeait bâclée, critiquant notamment l’enquête administrative menée en amont. Le débat s’était aussi joué sur l’équilibre des témoignages. Plus de quinze agents avaient rapporté des remarques ou comportements déplacés quand dix-sept autres salariés défendaient au contraire leur ancien directeur.
Le ministère public avait requis six mois de prison avec sursis à l’encontre du prévenu. Après délibéré, le tribunal a finalement prononcé la relaxe, estimant que les preuves manquaient pour retenir sa culpabilité.
« Les faits ne sont pas suffisamment caractérisés. »
La présidente du tribunal correctionnel de Montpellier
Un possible volet financier avec la Ville
Aucun appel n’ayant été enregistré, le jugement est définitif. Cette relaxe pourrait ouvrir un nouveau chapitre, cette fois devant la juridiction prud’homale ou administrative. L’ancien directeur avait en effet été licencié par la Ville de Montpellier début 2024, sans préavis ni indemnité.
Depuis son départ, il n’avait plus retravaillé. Une demande de réparations financières visant la collectivité reste donc possible. L’affaire fait écho à d’autres dossiers sensibles qui ont récemment agité les institutions montpelliéraines, à l’image des soupçons d’agressions dans le périscolaire ou des récents dossiers traités par la cour d’appel de Montpellier.















