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Tentative de meurtre à l’Entrepôt : le verdict d’assises annulé

La Cour de cassation à Paris, juridiction qui a annulé le verdict des assises

Près de sept ans après l’agression au couteau qui a failli coûter la vie à un employé de discothèque, l’affaire est loin d’être close. La Cour de cassation a annulé le verdict prononcé en appel contre quatre des accusés. Un troisième procès devra se tenir dans les prochains mois, sans doute à Carcassonne, pour rejuger cette tentative de meurtre commise aux portes de Montpellier.

Une agression sauvage devant la discothèque l’Entrepôt

Tout remonte au 30 août 2019. Vers 6 heures du matin, devant la discothèque l’Entrepôt à Lattes, aux portes de la capitale héraultaise, un groupe d’hommes surgit alors que l’établissement vient de fermer ses portes. Les assaillants se ruent sur un employé du nettoyage qui balayait l’extérieur. L’homme, âgé d’une quarantaine d’années, est jeté à terre puis roué de coups.

Grièvement blessé d’un coup de couteau à la gorge, il ne doit sa survie qu’à son sang-froid. Une main plaquée sur sa plaie pour bloquer l’hémorragie, il parvient à conduire seul jusqu’à l’hôpital. La scène a été filmée par une caméra de surveillance. Mais les vingt-six secondes d’images, pixélisées, compliquent toute identification formelle.

Selon les éléments de l’enquête, les agresseurs formaient un groupe de Parisiens en vacances dans la région. Certains d’entre eux auraient eu un différend quelques jours plus tôt avec les videurs de l’établissement. La thèse retenue est celle d’une expédition punitive qui aurait visé le premier employé venu, un homme sans aucun lien avec les vigiles.

Deux condamnations, puis l’annulation en cassation

Une première fois, le 30 mai 2024, la cour d’assises de l’Hérault avait tranché. Au terme d’une semaine d’audience tendue, elle était allée au-delà des réquisitions. L’accusé présenté comme l’auteur du coup de couteau avait écopé de vingt ans de réclusion criminelle. Trois de ses coaccusés avaient été condamnés à quinze ans, le dernier à quatorze ans.

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Les condamnés ont fait appel. Au printemps 2025, l’affaire a été rejugée à Perpignan, devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales. Cette fois, la préméditation a été retenue. Les peines ont été réajustées: dix-neuf ans pour l’auteur supposé, seize ans pour trois accusés et dix ans ferme pour le dernier.

C’est là que le bât blesse. Les avocats de la défense ont relevé une faille de procédure. Leurs clients ont été jugés pour tentative d’assassinat, qui suppose la préméditation. Or l’arrêt écrit ne mentionnait, lui, qu’une simple tentative de meurtre. Dans sa décision du 15 avril dernier, la juridiction suprême a estimé que cette discordance entre la feuille des questions et l’arrêt rendait la cassation inévitable. La condamnation des quatre hommes est donc annulée.

Un troisième procès qui pèse sur une justice engorgée

Conséquence directe de cette annulation: tout est à recommencer. Un troisième procès devra être organisé, probablement à Carcassonne, à une date encore inconnue. D’ici là, les quatre accusés concernés devraient déposer des demandes de remise en liberté.

Du côté de la défense, le soulagement domine. Me Laurent Pasquet-Marinacce et Me Youri Krassoulia, qui défendent le plus lourdement condamné, voient dans ce rebondissement l’occasion de plaider à nouveau l’acquittement. Ils réclament aussi la recherche effective d’un témoin clé, en fuite depuis les faits et jamais présenté aux deux précédents procès.

Pour la victime et ses proches, ce nouvel épisode est une épreuve supplémentaire. Ils devront patienter encore pour être indemnisés et voir l’affaire jugée définitivement.

« C’est un calvaire judiciaire. Humainement, c’est très difficile d’imposer un troisième procès à la victime, qui va devoir raconter une nouvelle fois ce qu’elle a subi. On a l’impression d’être dans un jour sans fin, sans parler des coûts et de la logistique qui sont très lourds pour la justice. »

Me Anthony Chabert, avocat de la partie civile

Au-delà du cas particulier, ce rebondissement illustre l’engorgement qui frappe la justice criminelle dans la région. Les délais s’étirent, les audiences s’accumulent et un dossier vieux de bientôt sept ans repart pour un tour. Les avocats montpelliérains alertent régulièrement sur l’état de cette justice criminelle. La multiplication des procès aux assises dans l’Hérault pèse sur des juridictions déjà sous tension.

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Localisation : la discothèque l’Entrepôt, à Lattes, près de Montpellier