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Sauramps en liquidation judiciaire : la librairie ferme

Facade de la librairie Sauramps a Montpellier, centre commercial Le Triangle

Le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé, ce vendredi 3 juillet, la liquidation judiciaire du groupe Sauramps. Faute de repreneur, la librairie indépendante fondée en 1946 ferme ses portes et ses 54 salariés vont être licenciés.

C’est la fin d’une institution culturelle montpelliéraine. Après quatre-vingts ans d’existence, la plus célèbre librairie de la capitale héraultaise s’éteint, emportée par des années de difficultés financières que ni ses actionnaires ni les collectivités locales ne sont parvenus à enrayer.

La liquidation prononcée faute de repreneur

Dès 8h30 ce vendredi matin, les employés des magasins de Montpellier et d’Alès patientaient dans les couloirs du tribunal de commerce. Leur dossier, le 47e sur plus de 80 examinés dans la journée, n’a été appelé qu’en fin de matinée. À 10h, pour la première fois depuis 1946, les portes du magasin Sauramps Comédie sont restées closes.

La décision est tombée peu avant midi. La justice, comme l’actionnaire de l’enseigne, ont acté la liquidation du groupe. Le mandataire judiciaire avait plaidé pour un règlement rapide du dossier.

« Un règlement rapide, afin de lever l’épée de Damoclès qui pèse sur les salariés depuis des mois. »

Le mandataire judiciaire, lors de l’audience du 3 juillet

Placée en redressement judiciaire le 15 juin, la librairie n’aura connu qu’une courte période d’observation. Aucun repreneur ne s’est manifesté. Les deux magasins, Sauramps Comédie à Montpellier et Sauramps en Cévennes à Alès, ferment définitivement leurs portes. Cette liquidation vient clore un feuilleton que Montpellier Infos suit depuis le printemps, quand la librairie mythique alertait déjà sur sa survie.

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Une chute financière amorcée depuis des années

Le déclin de l’enseigne était engagé de longue date. Selon les données de Livres Hebdo, le chiffre d’affaires sur le livre est tombé à 7,4 millions d’euros en 2025, contre 8,8 millions un an plus tôt. À l’échelle du groupe, la dégringolade est encore plus nette au fil des exercices.

  • 21,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021
  • 16,3 millions en 2022, puis 10,3 millions en 2023
  • 8,56 millions en 2024, avec près de 2 millions d’euros de pertes cette année-là

À ce recul s’ajoutait le poids du loyer du vaisseau amiral, situé dans le centre commercial Le Triangle, estimé à 1,5 million d’euros par an. L’enseigne pointait aussi un bâtiment vieillissant, avec des zones condamnées à cause d’infiltrations et un accès difficile pour les personnes à mobilité réduite.

La concurrence a fait le reste. À Montpellier, le magasin Gibert, place des Martyrs de la Résistance, a capté une clientèle en développant une offre d’occasion et a d’ailleurs échappé aux difficultés du groupe. À Alès, l’arrivée de la Fnac puis de Cultura a fragilisé le point de vente cévenol. Les fermetures de la librairie du musée Fabre en 2025, puis de Sauramps Odyssée en janvier 2026, avaient déjà réduit la voilure.

Le naufrage montpelliérain n’est pas isolé. Le groupe Nosoli, maison mère du Furet du Nord et de Decitre, a été placé en redressement le 1er juin et prévoit de fermer onze librairies. Le groupe Gibert connaît la même procédure depuis avril. Le secteur du livre traverse une zone de fortes turbulences.

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Fontès et les collectivités évoquent un « nouveau concept »

Tout n’est peut-être pas terminé. Propriétaire de l’enseigne via la société Amétis, filiale du groupe Hugar, l’architecte montpelliérain François Fontès affirme travailler avec la Région Occitanie et la Métropole de Montpellier à un nouveau projet, assorti d’une reprise partielle des salariés. Depuis qu’il avait sauvé Sauramps lors d’un premier redressement en 2017, il assure avoir injecté 9,5 millions d’euros dans le groupe.

Les collectivités s’étaient déjà mobilisées. Le 16 juin, la présidente de la Région Carole Delga et le maire Michaël Delafosse avaient signé un communiqué commun affirmant leur volonté de sauver l’enseigne, comme Montpellier Infos le racontait lors du placement en redressement judiciaire.

« Nous sommes résolus à explorer tous les chemins qui permettront à Sauramps de continuer à faire rayonner le livre à Montpellier. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole

Reste à savoir si ces intentions déboucheront sur une renaissance concrète. Pour les 54 salariés licenciés ce vendredi, la priorité est désormais leur avenir professionnel. Et pour les Montpelliérains, la disparition d’un lieu où plusieurs générations ont appris à aimer les livres.