Les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont fait entendre leur colère à Montpellier. Mercredi 1er juillet, une délégation s’est rendue devant l’Agence régionale de santé pour dénoncer une surcharge d’interventions qui ne relèvent pas de l’urgence. En cause selon eux : la régulation du Samu qui mobilise leurs moyens à tout-va. Une tension installée depuis des années, que la perspective d’un été sous pression a ravivée.
Une délégation reçue à l’Agence régionale de santé
Les pompiers se sont d’abord réunis au centre de secours de Montaubérou avant de traverser jusqu’à l’ARS voisine. Objectif affiché : « dénoncer la surutilisation de nos moyens et exiger des solutions ».
Les syndicats visent la régulation médicale assurée par le Centre 15, opérée depuis le Centre départemental des appels d’urgence installé à Vailhauquès. Ils reprochent à ce dispositif de déclencher l’envoi des secours de façon quasi automatique. Ils ont été reçus par Cédric Laperteaux, nouveau directeur départemental de l’agence.
« Certaines pratiques conduisent à mobiliser les moyens du SDIS par automatisme, par prudence excessive ou par absence de solutions alternatives organisées. Ce choix protège parfois une décision individuelle. Il fragilise en revanche un dispositif collectif. »
David Payant et Gautier Néolas, syndicats SNSPP-PATS 34 et SA SPP-PATS 34
Des véhicules immobilisés des heures au CHU
Le nœud du problème se cristallise à l’hôpital. Les véhicules de secours et d’assistance aux victimes ne sont pas prioritaires au CHU de Montpellier ni à l’hôpital de Béziers, où ils patientent parfois plusieurs heures au milieu des ambulances privées et de celles du Smur.
Ces immobilisations en chaîne obligent la régulation à solliciter des ambulances toujours plus éloignées de Montpellier. Les centres de secours se vident pendant ce temps, tandis que l’attente s’allonge pour les patients. Les syndicats refusent de voir leurs moyens dédiés aux urgences vitales servir de rustine aux failles du système de santé.
« À force de considérer les véhicules de secours comme toujours disponibles, on finit par oublier qu’un équipage déjà engagé ne pourra peut-être pas répondre au prochain arrêt cardiaque ou au prochain accident grave », préviennent les représentants.
Cinq demandes portées à l’agence
Au-delà du coup de colère, les représentants ont remis une liste de revendications précises au directeur de l’ARS. Ils réclament un examen sans détour des pratiques de régulation ainsi qu’un rééquilibrage entre hôpitaux publics et cliniques privées.
- Analyser la pertinence des engagements de véhicules de secours
- Harmoniser les pratiques de régulation du Centre 15
- Renforcer le dialogue avec les responsables du CRRA 15
- Réduire les délais d’attente imposés aux équipages à l’hôpital
- Mobiliser plus équitablement établissements publics et privés
Ces pistes visent à desserrer l’étau sur un service de secours qui se dit à bout de souffle. Reste à savoir si la nouvelle direction de l’agence transformera ces engagements en mesures concrètes, alors que les précédentes alertes étaient restées sans réponse durable.
Une pression aggravée par l’été
Le calendrier n’aide pas. La saison estivale s’ouvre sur un épisode caniculaire prolongé, synonyme d’afflux de population et de risques multipliés, des incendies aux accidents de la route en passant par les malaises et les noyades. Autant d’interventions supplémentaires pour un SDIS 34 déjà tendu.
Le service départemental a lui-même appuyé les revendications lors d’une récente réunion en préfecture, quelques semaines après l’ouverture de sa nouvelle caserne de Montpellier Sud. Un signe que la grogne dépasse les seuls rangs syndicaux et gagne l’institution elle-même.
« Les effectifs actuels ne suffisent plus à absorber durablement notre activité. »
Représentants des sapeurs-pompiers de l’Hérault
La balle est désormais dans le camp de l’ARS, à qui les pompiers réclament des réponses concrètes avant le cœur de l’été.













