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AVC traité en 16 minutes : record au CHU de Montpellier

Visuel du CHU de Montpellier sur la prise en charge de l'AVC : chaque minute compte

Seize minutes chrono entre l’arrivée d’un patient et la fin de son traitement : les équipes de l’hôpital Gui de Chauliac ont réalisé début juillet une prise en charge record d’un accident vasculaire cérébral. Le CHU de Montpellier a officialisé la performance ce vendredi 17 juillet en saluant la coordination de toute la chaîne de secours, des ambulanciers aux neuroradiologues.

Un chrono jamais vu : 16 minutes de l’accueil à la fin du soin

Le patient est arrivé en ambulance aux urgences tête et cou de l’hôpital Gui de Chauliac, victime d’un AVC. La première image de son cerveau a été réalisée au scanner 5 minutes et 27 secondes après son passage à l’accueil. Diagnostic posé, direction la salle de radiologie interventionnelle : les médecins ont ponctionné le vaisseau qui bouchait l’artère cérébrale pour rétablir la circulation sanguine.

Au total, 16 minutes se sont écoulées entre l’admission et l’administration du traitement. Un délai que l’établissement présente comme un record. La performance est signée par les équipes des professeurs Caroline Arquizan et Vincent Costalat, du pôle Neurosciences tête et cou, du docteur Céline Garnier, responsable des urgences, ainsi que du docteur Jean-François Vigneau, chef d’unité des urgences tête et cou.

« Un fantastique résultat qui paraissait de la science-fiction il y a encore trois ans ! »

Pr Vincent Costalat, responsable du service de neuroradiologie du CHU de Montpellier

En 2023, le centre hospitalier annonçait déjà savoir démarrer un traitement en neuf minutes après l’arrivée du patient, grâce à un plateau technique flambant neuf de trois salles d’imagerie biplan. Le nouveau chrono va plus loin : il mesure la totalité du parcours, jusqu’à la désobstruction de l’artère.

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Une chaîne de secours réglée à la seconde

Derrière ce record, il y a une méthode. À Gui de Chauliac, plus rien ne se fait à la chaîne, étape après étape : tout se déroule en parallèle. Avant même l’arrivée du véhicule de secours, une infirmière dédiée à l’AVC alerte une dizaine de professionnels, de l’urgentiste à l’anesthésiste. Le scanner, installé tout près de l’entrée du service, est libéré pour accueillir le patient dès la porte franchie.

La configuration des lieux est « idéale », explique Marie-Laure Vabre, cadre de santé des urgences tête et cou, qui évoque « un accès facilité pour les pompiers, le Smur, les ambulanciers privés, ce qui leur permet d’amener le patient directement à l’étape de diagnostic ». Assistants de régulation du Samu, pompiers, urgentistes, neurologues, radiologues, manipulateurs radio, infirmiers, aides-soignants et anesthésistes : le CHU salue « toute une chaîne de compétences » dans sa publication officielle.

L’établissement montpelliérain fait figure de pionnier en la matière. La thrombectomie, cette technique qui consiste à extraire mécaniquement le caillot sous contrôle radiologique, y est pratiquée depuis 2009. Le nombre d’interventions est passé de 60 à plus de 500 par an en une décennie et le pôle neurosciences de Gui de Chauliac, déjà à la pointe sur les mystères du cerveau, s’est imposé comme une référence européenne de la discipline.

AVC : les signes qui doivent faire composer le 15

L’accident vasculaire cérébral survient lorsqu’un caillot bouche une artère et prive le cerveau d’irrigation. La France recense environ 150 000 cas par an, dont 36 chaque jour en Occitanie. C’est la première cause de dépendance et la troisième cause de mortalité dans le pays. Chaque minute écoulée détruit près de 2 millions de neurones, d’où l’obsession du chronomètre : le CHU rappelle que « chaque minute compte pour assurer les meilleures chances de survie et de récupération ».

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Pour les Montpelliérains comme pour tous les habitants de la métropole, connaître les signes d’alerte reste le premier maillon de cette course contre la montre. Les soignants résument le réflexe à adopter en quatre lettres :

  • Visage : une bouche qui se déforme d’un côté ;
  • Bras : une faiblesse ou un engourdissement d’un seul côté du corps ;
  • Parole : des difficultés soudaines à s’exprimer ;
  • Temps : composer immédiatement le 15 ou le 18, chaque minute gagnée compte.

Plus le patient arrive vite à l’hôpital, plus les 16 minutes de Gui de Chauliac ont de chances de faire la différence. Les équipes du CHU espèrent désormais que leur organisation inspirera d’autres établissements, en région comme ailleurs en France.