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La Toupie : une Folie sans climatisation au Nouveau Saint-Roch

Vue d'architecte de La Toupie, folie architecturale du Nouveau Saint-Roch à Montpellier

Le chantier de La Toupie a démarré à l’entrée du Nouveau Saint-Roch, en contrebas de la gare de Montpellier. Cette nouvelle Folie architecturale de 19 mètres de haut, isolée en paille et conçue sans climatisation, doit être livrée en mai 2027. Six PME montpelliéraines financent l’intégralité du projet, présenté le vendredi 10 juillet.

Une Folie née d’un concours municipal, un détour par le Corum

La Toupie est issue du concours des Folies architecturales du XXIe siècle lancé par la Ville de Montpellier en 2022, dans la lignée des folies du XVIIIe siècle qui parsèment la capitale héraultaise. Désigné coup de cœur du jury, le projet était initialement pressenti du côté du Corum. Il a finalement été repositionné par Altemed en 2024 sur une dent creuse à l’entrée de la ZAC Nouveau Saint-Roch.

Le bâtiment sort de terre au croisement des rues Albert-Leenhardt et du Grand-Saint-Jean, sur la place récemment baptisée Dalida. Le chantier a débuté il y a environ deux mois et la présentation officielle s’est tenue le vendredi 10 juillet, quelques semaines après la pose de la première pierre.

Localisation : croisement des rues Albert-Leenhardt et du Grand-Saint-Jean, quartier Nouveau Saint-Roch, Montpellier

Six PME montpelliéraines aux commandes, sans promoteur

L’originalité du montage saute aux yeux : pas de grand promoteur immobilier ici. L’opération d’autopromotion est portée exclusivement par six entreprises montpelliéraines spécialisées dans les métiers de la ville : Teritéo, La Strada, Coloco, Studio Jaouen, Agatte et TLA Architectes. Architectes, urbanistes, paysagistes et spécialistes des transitions écologiques y travailleront côte à côte.

« Ce seront six PME, représentant 45 personnes, spécialisées dans les métiers de la ville, réunies au sein d’un même bâtiment. Nous voulons créer un véritable pôle de compétences autour de ces métiers. »

Florian Cezard, agence Agatte

L’investissement d’environ 4 millions d’euros est intégralement assumé par les entreprises associées. Le lieu sera géré selon les principes de l’économie sociale et solidaire. Sur environ 1 000 m² de surface de plancher, le programme prévoit un café tiers-lieu ouvert sur la rue au rez-de-chaussée avec une terrasse sur le parvis, trois étages d’environ 200 m² de bureaux partagés chacun, puis un dernier niveau dédié aux salles de réunion, à la formation et à l’incubation de projets urbains. Un rooftop d’environ 100 m² couronnera l’ensemble. Une cinquantaine d’événements gratuits et ouverts au public sont annoncés chaque année : expositions, conférences, rencontres et actions d’éducation populaire.

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Pas de climatisation, même après un été à 40 °C

Alors que Montpellier vient de battre son record de chaleur avec 40,8 °C relevés début juillet, le parti pris interpelle : l’immeuble a été conçu sans aucun système de climatisation. Thomas Landemaine, l’architecte de TLA Architectes chargé de la conception, assume pleinement ce choix.

« Le béton va amener de l’inertie au bâtiment et le bois va apporter d’autres choses en termes de bilan carbone et d’exécution du chantier. Le bois va être isolé avec de la paille. C’est un matériau exceptionnel qui absorbe du carbone plus qu’il ne le redistribue. »

Thomas Landemaine, architecte, TLA Architectes

La recette repose sur une construction mixte bois-béton mobilisant 245 m³ de bois, 125 m³ de paille et 12 m³ d’enduit en terre. De grands volumes, des brasseurs d’air et des rideaux extérieurs assurant la protection solaire complètent le dispositif. L’air sera prérafraîchi à 20 °C grâce au réseau urbain de chaleur et de froid via une centrale de traitement d’air double flux. Des matériaux issus du réemploi seront intégrés au bâtiment : radiateurs, parquet, tuiles et appareils sanitaires.

Un mur du XVIIe siècle conservé, livraison en mai 2027

Les Montpelliérains connaissent bien ce pan de mur ancien soutenu par des étais au débouché de la rue Albert-Leenhardt. L’architecte des Bâtiments de France a tranché : ce vestige du XVIIe siècle sera intégré à la construction. Un « mur magnifique » qu’il fallait « absolument préserver » selon Thomas Landemaine, qui décrit un site « mouton à cinq pattes » à l’image de son projet inédit.

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Après l’installation du restaurant Muse au pied du Higher Roch et l’arrivée de plusieurs commerces le long de la rue François-Coulet, le quartier de la gare poursuit sa mue, déjà bien visible avec les chantiers qui bousculent le réseau de tramway tout l’été.

« Montpellier est une folie architecturale. De la ville ancienne jusqu’aux nouveaux quartiers, c’est une grande fierté d’avoir un paysage urbain et un cadre de vie extrêmement beaux. Ce projet participe au rééquilibrage de la ville et avec sa diversité des usages permettra demain aux habitants de dire leur fierté d’habiter le quartier de la gare. »

Laurent Nison, adjoint au maire chargé de l’urbanisme durable

La livraison de La Toupie est attendue en mai 2027. D’ici là, la Ville poursuit son programme de Folies contemporaines, présenté en vidéo lors du lancement du concours.

Les Folies architecturales du XXIe siècle présentées par la Ville de Montpellier