Le nouveau parvis d’accès au parc Montcalm par l’avenue de Toulouse a été inauguré ce mercredi 6 mai 2026. Michaël Delafosse et Hélène Mandroux, ancienne maire à l’origine du projet, ont coupé ensemble le ruban de ce portail monumental, symbole d’une transformation urbaine que la municipalité veut « comparable à un Central Park » pour Montpellier.
Derrière l’image d’Épinal, un chantier qui va s’étirer jusqu’en 2027 et redessiner toute l’entrée ouest de la ville.
Un parvis monumental signé West 8
Sur le portail s’étire en lettres entrelacées une phrase à demi cachée, presque illisible au premier regard : « Les arbres murmurent leurs rêves ». La signature visuelle de ce nouvel accès est l’œuvre de l’architecte paysagiste néerlandais Maarten Van de Voorde, de l’agence West 8, déjà aux manettes du projet d’ensemble du parc. La réalisation a été confiée à Urban NT, entreprise montpelliéraine qui a posé sols, mobilier urbain, clôture et système d’éclairage repensé.
Le coût de cette première phase atteint 537 000 euros, auxquels s’ajoutent 710 000 euros consacrés aux acquisitions foncières. Côté plantations, l’équipe paysagère a misé sur un double alignement d’arbres méditerranéens choisis en cépée, c’est-à-dire avec plusieurs troncs partant de la base, pour conserver une transparence vers les grands sujets historiques du parc. Micocouliers, ormes de Sibérie et chênes marcescents accompagnent désormais les promeneurs dès l’entrée.
Un projet né sous Hélène Mandroux, achevé sous Michaël Delafosse
L’inauguration a réuni les deux maires autour d’une histoire commune. Au début des années 2010, Hélène Mandroux occupait l’hôtel de ville, Michaël Delafosse était son adjoint à l’Urbanisme. C’est ensemble qu’ils ont négocié avec l’État l’acquisition des 35 hectares de l’ancienne École d’application de l’infanterie, qui abritent aujourd’hui le parc Montcalm et le quartier de la Cité Créative.
L’ancienne maire a livré une anecdote savoureuse devant le portail :
« Pour la petite histoire, les négociations avec un représentant des Finances publiques et un autre des Armées se sont déroulées au Parc Méric. Je m’étais fixé une limite de prix mais ça ne semblait pas convenir aux émissaires. Le temps qu’ils appellent leur ministère, je suis allée me promener dans le parc. C’est là que j’ai entendu : Madame le maire, la fumée est blanche. Dans mon imaginaire, je voulais en faire un Central Park montpelliérain. »
Hélène Mandroux, maire honoraire de Montpellier
Treize ans après cette poignée de main, le portail planté avenue de Toulouse matérialise ce rêve, sur un parc de 23 hectares longtemps resté caché derrière un front bâti dégradé.
Première étape d’un boulevard urbain entre Grand-M et place du 8-Mai
Le parvis n’est qu’une première pierre. Michaël Delafosse a confirmé que l’ensemble de l’avenue de Toulouse va être requalifié en boulevard urbain, du rond-point du Grand-M jusqu’à la place du 8-Mai, dans la continuité de l’avenue Clemenceau. Les démolitions d’habitations vétustes situées de part et d’autre du parvis vont s’enchaîner jusqu’en 2027, avec une nouvelle phase de chantier prévue dès la fin 2026.
Des négociations sont en cours avec les ayants droit des anciennes pépinières du Midi, fermées depuis plusieurs années, pour boucler les acquisitions nécessaires entre la rue de Bugarel et le parc. L’objectif affiché : créer un lien fluide entre les quartiers Croix-d’Argent, Lemasson, Estanove, Ovalie et la Cité Créative en pleine mutation. La ligne 5 du tramway, baptisée « ligne des parcs », dessert l’arrêt « Parc Montcalm – Cité Créative » et accompagne ce nouvel équilibre.
Le maire a tenu à rassurer les automobilistes : l’avenue restera ouverte à la circulation, malgré la requalification.
Le détail du programme d’aménagement entre les rues Chasseurs et Bugarel est consultable sur la plateforme de concertation de la Ville, où la municipalité a publié les caractéristiques techniques du projet.
« Pas de tour dans le parc » : la promesse aux Gardiens de Montcalm
L’inauguration n’a pas échappé à la vigilance de l’association Les Gardiens de Montcalm, présente depuis l’ouverture du parc. Son président, Jean-Michel Justamon, a profité de l’événement pour interpeller le maire sur les rumeurs persistantes de constructions à l’intérieur de l’enceinte verte, notamment un projet de tour qui inquiète riverains et usagers.
Michaël Delafosse a répondu sans détour. Les futurs réaménagements se concentreront uniquement sur la partie ancienne caserne, en réhabilitant des bâtiments existants. Aucune nouvelle tour ne sortira de terre dans les 23 hectares boisés, a affirmé l’édile.
Le sort des dernières démolitions à venir reste néanmoins suivi de près par les associations de quartier, qui craignent une montée en densité de la rive ouest une fois l’avenue de Toulouse complètement requalifiée. La concertation publique sur la programmation urbaine du secteur ouest reste un point d’attention pour 2026.
Un calendrier qui s’étire jusqu’à la fin de la décennie
Si la nouvelle entrée est désormais ouverte aux promeneurs, la transformation globale de l’avenue de Toulouse se poursuivra par étapes successives. Une seconde phase de démolitions est attendue à la fin 2026, suivie de travaux de requalification au premier semestre 2027.
L’ensemble du programme, lancé il y a plus de dix ans avec le rachat de l’EAI à l’État, devrait s’achever à la fin de la décennie. Le parc Montcalm deviendra alors le pivot d’un nouvel équilibre entre la cité historique et son ouest longtemps resté en marge, traversé par la ligne 5 et bordé d’un boulevard apaisé. Une mue lente à l’échelle d’une ville qui a fait du végétal son axe de mandat.
