Les cheminots d’Occitanie rejoindront le mouvement national ce mercredi 10 juin 2026 : pour la première fois depuis la nomination de Jean Castex à la tête de la SNCF, les quatre syndicats représentatifs de l’entreprise appellent unitairement à la grève. Les voyageurs montpelliérains qui empruntent les trains liO pour leurs trajets quotidiens doivent anticiper des perturbations importantes sur l’ensemble du réseau ferroviaire régional.
Une grève historique : quatre syndicats unis pour la première fois
L’appel à la mobilisation du 10 juin est inédit. CGT Cheminots, UNSA Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots ont déposé conjointement un préavis de grève le 6 mai 2026, après la rupture du dialogue social lors d’une intersyndicale tenue le 14 avril. C’est la première grève unitaire nationale depuis que Jean Castex a pris les rênes de la SNCF, en novembre 2025.
Les syndicats dénoncent trois griefs principaux : les réorganisations internes menées dans le cadre de la filialisation du groupe, jugées « anxiogènes » et responsables d’une hausse des accidents du travail, des arrêts maladie et des burnout ; des hausses salariales jugées insuffisantes (la NAO 2026 s’est conclue par une augmentation de 2,57 %, inférieure à l’inflation qui atteignait 2,2 % en avril) ; et la réforme du système informatique de retraites, déployée en mai 2026.
« Le PDG de la SNCF doit se préparer à sa première épreuve de force. Nos revendications sont connues, la direction du Groupe doit y répondre le plus rapidement possible ! »
Communiqué intersyndical CGT Cheminots – UNSA Ferroviaire – SUD-Rail – CFDT Cheminots, juin 2026
Dans leur communiqué commun, les fédérations cheminotes évoquent la multiplication des « restructurations compulsives » et du processus de filialisation, accusant la direction de vouloir « diviser pour mieux régner » en imposant des négociations par filiale plutôt qu’au niveau du groupe.
Quel impact pour les trains liO et les voyageurs en Occitanie ?
Les trains liO, qui assurent la desserte régionale en Occitanie au départ de Montpellier, seront directement concernés. Des perturbations majeures sont attendues sur les TER mais aussi sur les TGV, Intercités et Transilien à l’échelle nationale. À la différence des mobilisations précédentes, portées par la seule CGT avec un impact limité comme lors du 30 avril dernier, l’unité syndicale du 10 juin laisse présager un taux de grévistes bien plus élevé.
La SNCF communiquera son plan de transport 48 à 72 heures avant la date de grève, soit à partir du lundi 8 juin. L’application SNCF Connect et le site sncf-connect.com sont les sources officielles pour vérifier la circulation de son train. Les voyageurs qui effectuent des trajets entre Montpellier et Nîmes, Béziers, Perpignan, Carcassonne ou Toulouse via les liaisons liO sont particulièrement concernés.
Ce que vous pouvez faire avant le 10 juin
Si vous avez un trajet prévu le 10 juin, plusieurs réflexes s’imposent. D’abord, vérifiez le type de billet que vous détenez : les billets Liberté sont échangeables et remboursables sans frais, tandis que les Prem’s ne le sont pas, sauf en cas d’annulation du train par la SNCF. Si votre train est annulé par la compagnie, vous avez droit à un remboursement intégral et automatique, sans démarche particulière pour les billets réservés via SNCF Connect.
Des alternatives existent pour les liaisons régionales : les cars liO car (réseau routier régional de la Région Occitanie), les bus BlaBlaCar et Flixbus sur certains axes ou encore le covoiturage. À Montpellier, les lignes de tramway TAM ne seront pas affectées, le réseau urbain fonctionnant indépendamment. Pour une vue d’ensemble des modifications en cours sur le réseau de tramway, consultez notre article sur les travaux affectant les lignes 1, 2 et 4.
En cas de retard de plus d’une heure, les voyageurs peuvent demander une indemnisation de 25 % du prix du billet ; au-delà de deux heures, cette indemnisation monte à 50 %. Ces demandes s’effectuent via le formulaire G30 disponible en gare ou sur l’application SNCF.
Un signal d’alarme pour la fin de l’été ?
Au-delà du 10 juin, le mouvement pourrait s’inscrire dans la durée. Plusieurs sources syndicales évoquent un risque de grève reconductible si la direction reste sur ses positions, ce qui ferait peser une menace sur le lancement des nouvelles rames TGV-M, prévu le 1er juillet 2026. Les négociations engagées dans les prochains jours seront donc décisives pour l’ensemble de la période estivale.
Les voyageurs qui n’ont pas encore réservé leurs billets de vacances ont tout intérêt à privilégier des tarifs souples en attendant de connaître l’issue des négociations entre la direction et les syndicats.
