La ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan vient de franchir une étape clé. La préfecture d’Occitanie, la Région, la société LNMP et SNCF Réseau ont lancé l’appel à candidatures des entreprises chargées de bâtir le premier tronçon, entre Montpellier et Béziers. Les travaux doivent démarrer en 2029. En parallèle, 2 000 habitants viennent d’être consultés sur la suite du chantier.
Un premier tronçon désormais opérationnel
Les partenaires du projet parlent d’un « jalon décisif ». La société LNMP et SNCF Réseau ont ouvert l’appel à candidatures des groupements d’entreprises qui construiront la section Montpellier-Béziers. Cette phase 1 doit débuter en 2029, conformément au planning établi, pour une mise en service visée à l’horizon 2034.
SNCF Réseau a également été désignée pour préparer les prochaines conventions de financement. Elles porteront sur les études détaillées et sur les acquisitions foncières le long du futur tracé. Le préfet de région évoque une « phase résolument opérationnelle », qui succède aux longues années d’études et de concertation. Ce lancement marque le basculement des dossiers vers le chantier, après plus de trente ans de maturation. Le projet avait été esquissé dès 1990 puis confirmé d’intérêt général en 2000.
2 000 habitants consultés sur la suite du projet
La phase 2, entre Béziers et Perpignan, reste à trancher. Une concertation préalable s’est tenue du 9 avril au 19 juin 2026, avec 23 réunions publiques organisées sur le territoire. Quelque 2 000 habitants y ont participé et plus de 1 300 avis ont été déposés en ligne.
Les échanges ont porté sur trois grands sujets : l’opportunité de cette seconde phase, la mixité de la ligne entre voyageurs et fret ainsi que les hypothèses de gares nouvelles. Deux sont aujourd’hui envisagées, à Béziers Est et à Narbonne Ouest. Un bilan complet de la concertation sera publié fin juillet, suivi des réponses des maîtres d’ouvrage fin septembre. La décision sur la poursuite du projet et sur les scénarios de desserte est attendue à l’automne 2026.
« La concertation préalable a permis à un large public de s’exprimer sur l’opportunité et la mixité de la ligne ainsi que sur les hypothèses de gares nouvelles. »
Thomas Allary, directeur adjoint « Grands projets » à SNCF Réseau
Le chaînon manquant du corridor méditerranéen
Pour les Montpelliérains, l’enjeu dépasse le simple confort de voyage. La ligne actuelle sature déjà aux heures de pointe entre Montpellier et Béziers, où trains régionaux, TGV et convois de marchandises se partagent les mêmes voies. La ligne nouvelle vise à absorber cette croissance du trafic tout en réduisant la part de la voiture et du camion. À Montpellier, les trains à grande vitesse s’élanceront depuis la gare Sud de France, inaugurée en 2018 au sud-est de la ville.
Le projet est aussi européen. Esquissée dès 1990, la LNMP constitue le « chaînon manquant » entre le réseau espagnol et la LGV Méditerranée. À terme, elle doit permettre de relier Paris à Madrid en six heures dans les années 2040. Réuni le 3 juillet, le comité de pilotage a entendu le coordonnateur européen du corridor Méditerranée, Mathieu Grosch, réaffirmer un soutien appuyé à cette liaison jugée « indispensable » aux échanges entre le sud et le nord de l’Europe.
Les chiffres du projet global donnent la mesure du chantier :
- 150 km de ligne nouvelle et 30 km de raccordement au réseau existant
- 2 gares nouvelles envisagées, à Béziers Est et Narbonne Ouest
- 160 000 tonnes de CO2 évitées chaque année
- un coût estimé à 6,12 milliards d’euros
La LNMP s’inscrit dans une vaste réorganisation du rail local, aux côtés du futur RER métropolitain Montpellier-Sète-Nîmes et de la candidature au service express régional métropolitain. Le détail des tracés et des documents de concertation reste consultable sur le site officiel du projet LNMP. Les prochaines annonces, à la rentrée, diront si la seconde phase suivra le même calendrier que la première.















