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SERM de Montpellier : candidature votée, la gauche divisée

Train à la gare de Montpellier Saint-Roch, hub du futur SERM

La Métropole de Montpellier a franchi une étape clé vers son futur réseau express. Mardi 23 juin, le conseil métropolitain a voté sa candidature au Service express régional métropolitain, le fameux SERM. Ce vaste chantier de transports est estimé à 1,2 milliard d’euros d’ici 2034. Le dossier file désormais vers l’État pour décrocher le précieux label.

Un RER pour une métropole qui étouffe

Montpellier grandit vite et son réseau routier peine à suivre. La septième ville de France gagne près de 8 000 habitants chaque année. C’est la croissance démographique la plus soutenue parmi les onze plus grandes métropoles du pays.

Cette pression se lit chaque matin sur les routes. Dans les zones périphériques de la métropole, les automobilistes perdent en moyenne 72 heures par an dans les embouteillages, selon l’élu communiste Hervé Martin. La collectivité mise sur le SERM pour enrayer cette saturation, avec un objectif clair: offrir une alternative crédible à la voiture sur tout le bassin de vie.

Quatre trains par heure et un réseau express d’ici 2034

Le projet a été finalisé le 11 juin par un large tour de table d’institutions. La Région Occitanie, le Département de l’Hérault, Montpellier Méditerranée Métropole, Nîmes Métropole, Sète Agglopôle ou encore le Pays de l’Or se sont accordés sur une feuille de route des mobilités courant jusqu’en 2034.

L’ambition repose sur une étoile multimodale articulée autour de plusieurs leviers:

  • une offre ferroviaire renforcée sur l’axe Sète-Montpellier-Nîmes, avec en moyenne quatre trains par heure et par sens en heure de pointe, de 5h à 23h
  • cinq lignes de cars express et deux lignes de bus-tram dotées de voies dédiées, à une fréquence de 10 à 15 minutes aux heures de pointe
  • 44 pôles d’échanges multimodaux pour faciliter les correspondances entre le train, la route et les réseaux urbains
  • plus de 300 kilomètres de réseau cyclable structurant et un service d’information voyageurs unifié
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Cette montée en puissance est liée à la mise en service de la future Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan. L’objectif consiste à désengorger l’étoile ferroviaire montpelliéraine, déjà sous tension, tout en reliant mieux les communes du littoral à la capitale héraultaise. Le détail de l’offre figure dans le dossier officiel présenté par la Région Occitanie.

1,2 milliard d’euros et un feu vert encore suspendu

Le chiffrage donne le vertige. Les investissements nécessaires au déploiement complet du SERM atteignent 1,2 milliard d’euros à l’horizon 2034. À cette somme s’ajoutent 37,2 millions d’euros de surcoûts d’exploitation par an une fois l’offre cible atteinte.

Les premiers travaux pourront être financés via le Contrat de plan État-Région en cours. Le dossier vient d’être transmis au ministre chargé des Transports, seul habilité à délivrer le statut officiel de SERM. Sans ce label, le projet resterait une intention sur le papier. Le maire indique avoir échangé la veille du vote avec le ministre pour défendre la candidature montpelliéraine.

Une gauche métropolitaine divisée sur le tout-routier

Le vote n’a pas fait l’unanimité dans la majorité. Plusieurs élus de gauche reprochent au projet de trop s’appuyer sur la route plutôt que sur le rail. Nathalie Oziol, conseillère La France insoumise, a résumé la critique.

« Ce n’est pas une candidature à la démarche qui nous est faite, c’est un projet déjà conclu qui s’appuie encore trop sur la voiture. »

Nathalie Oziol, conseillère métropolitaine (LFI)

Le maire et président de la métropole Michaël Delafosse a défendu un arbitrage économique. Un réseau de bus-tram coûterait selon lui bien moins cher qu’une extension de tramway classique.

« Faire du bus-tram, c’est six fois moins cher que faire du tramway. »

Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée Métropole

La délibération a finalement été adoptée, les élus insoumis choisissant l’abstention. Le débat a aussi ravivé les tensions autour de la LGV Montpellier-Perpignan, jugée « inutile et écocide » par une partie de la gauche quand le maire y voit un outil pour soulager un sillon ferroviaire déjà saturé de 170 trains par jour. Ce projet d’infrastructure rejoint la liste des grands chantiers qui structurent l’avenir de la métropole, à l’image du développement de l’Aéropole autour de l’aéroport.

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Reste désormais à convaincre l’État. Si le label SERM est accordé, les Montpelliérains pourraient voir les premiers effets dès cette année, avant une montée en charge progressive jusqu’en 2034.