L’Aéroport Montpellier Méditerranée a inauguré ce mardi 16 juin sa nouvelle zone logistique baptisée Aéropole. Le projet pèse 150 millions d’euros d’investissement et promet jusqu’à 2 000 emplois sur le site à l’horizon 2030. Une décennie aura été nécessaire pour transformer ces anciennes friches en pôle du fret régional.
Dix ans pour transformer la zone de fret
Implantée à Mauguio, aux portes de la piste, Aéropole se présente comme une zone d’activité dédiée à la messagerie express et au fret. Sa vocation tient dans une formule qui résume la logistique d’aujourd’hui : le transport du dernier kilomètre. Les colis y transitent avant d’être livrés dans toute la métropole. Ce maillon est devenu vital pour des commerces et des habitants toujours plus dépendants du commerce en ligne.
Le chantier vient de loin. Il aura fallu dix ans à la plateforme montpelliéraine pour mener à bien la mutation de cette zone héritée de la gare de fret historique, créée en 1994. Sur les 45 hectares de friches du départ il ne reste aujourd’hui que 4 hectares à commercialiser, répartis sur deux parcelles très convoitées.
« Dix ans après la décision de transformer la zone de fret, Aéropole Logistique et Fret est aujourd’hui appelée à devenir un nouveau pôle économique stratégique pour l’ensemble du territoire. »
Emmanuel Brehmer, directeur de l’Aéroport Montpellier Méditerranée
Les grands noms de la livraison s’installent
La zone enchaîne les ouvertures depuis la livraison du premier bâtiment en septembre 2024. DCB Logistic a lancé le mouvement avec une agence Chronopost. Stef Transport a suivi en février 2025, puis les entrepôts EMA développés par Black Pearl Group, qui accueillent EvoluSolar et BIT Group depuis septembre 2025. Le transporteur XPO a complété la liste en mars 2026.
Le développement est loin d’être terminé. Cinq autres bâtiments sortent de terre ou doivent l’être d’ici la fin 2026. À terme, une vingtaine de halls seront alignés le long des pistes. L’aéroport a aussi lancé un appel à manifestation d’intérêt pour réhabiliter la gare de fret historique, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives d’usage sur le site.
- 2 000 emplois visés sur la zone à l’horizon 2030, dont 1 300 créations nettes
- 100 000 m² de bâtiments livrés entre 2024 et 2030
- Une douzaine d’opérateurs privés engagés aux côtés de l’aéroport
Emmanuel Brehmer y voit « l’une des plus importantes opérations logistiques du territoire ». La proximité immédiate de l’autoroute explique en grande partie l’appétit des messagers pour ces terrains devenus rares.
Un million d’euros par an et un tram à l’étude
L’opération profite directement à la plateforme aéroportuaire. Elle va lui rapporter 1 million d’euros de recettes domaniales chaque année. Une somme réinjectée au service des passagers et de l’ouverture de nouvelles lignes. L’aéroport revendique aujourd’hui 44 destinations et 11 liaisons inédites pour la seule année 2026.
L’accessibilité du site reste le grand chantier des prochaines années. Une étude a été lancée pour prolonger le tramway jusqu’à l’aéroport, a confirmé Stephan Rossignol, maire de La Grande Motte et président de la Communauté d’agglomération du Pays de l’Or. En parallèle, un barreau routier doit fluidifier la sortie des camions, avec des travaux planifiés au quatrième trimestre 2027. La question rejoint les réflexions plus larges du futur RER métropolitain entre Montpellier, Sète et Nîmes.
Compensation écologique et voix discordantes
Conscient des critiques que suscite tout agrandissement aéroportuaire, l’aéroport met en avant une démarche de compensation écologique. Un partenariat de 50 ans a été noué avec le Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie pour préserver et restaurer des milieux en contrepartie de l’artificialisation des terrains. L’engagement court sur un demi-siècle, le temps de restaurer durablement des espaces naturels régionaux face à l’avancée du béton.
Le développement de la plateforme ne fait pas l’unanimité. Le collectif Atterrissons d’urgence Montpellier milite pour une réduction du trafic aérien et a déjà porté l’affaire devant la justice. Entre dynamique de l’emploi et impératifs écologiques, Aéropole cristallise un débat qui dépasse largement les pistes de Mauguio.














