Un train toutes les quinze minutes entre Sète, Montpellier et Nîmes, cinq lignes de cars express et plus de 300 kilomètres de pistes cyclables : le futur réseau de transport du bassin montpelliérain franchit une étape décisive. Réunies jeudi 11 juin, les collectivités partenaires ont finalisé le dossier du Service express régional métropolitain (SERM) Montpellier Méditerranée. Le document part désormais sur le bureau du ministre chargé des Transports pour obtenir sa labellisation officielle.
Surnommé le « RER métropolitain », ce projet vise à transformer les déplacements quotidiens de centaines de milliers d’habitants à l’horizon 2034. Une réponse directe à une métropole qui étouffe dans les bouchons.
Un dossier bouclé, désormais entre les mains de l’État
La décision est tombée à l’issue du troisième comité de pilotage du projet. La Région Occitanie, le Département de l’Hérault, Montpellier Méditerranée Métropole, Nîmes Métropole, Sète Agglopôle Méditerranée, Lunel Agglo et Pays de l’Or Agglomération, rejoints par plusieurs communautés de communes du territoire, ont validé ensemble le dossier de demande de statut.
Ce document sera prochainement transmis au ministre chargé des Transports. L’objectif est d’obtenir la labellisation qui ouvrira la voie aux financements et aux premiers travaux. La phase de préfiguration a déjà mobilisé 609 200 euros, dont 88,5 % pris en charge par l’État. Les études ont été menées avec l’appui de SNCF Réseau, SNCF Gares & Connexions et de la Société des grands projets.
Quatre trains par heure et une « étoile multimodale »
Le cœur du projet repose sur le rail. D’ici 2034, les partenaires veulent atteindre quatre trains par heure et par sens aux heures de pointe entre Sète, Montpellier et Nîmes, sur une large amplitude allant de 5 heures à 23 heures. De quoi offrir une desserte cadencée sur l’axe littoral, en lien avec la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan.
Mais le SERM ne se limite pas au train. Il s’articule autour d’une véritable « étoile multimodale » qui combine plusieurs modes de transport :
- Cinq lignes de cars express et deux lignes de bus-tram circulant sur des voies dédiées, avec une fréquence de 10 à 15 minutes en heure de pointe
- 44 pôles d’échanges multimodaux pour faciliter les correspondances entre trains, cars et réseaux urbains
- Plus de 300 kilomètres de réseau cyclable structurant et 130 kilomètres d’itinéraires de rabattement vers les gares
- Des services numériques pour mieux informer les voyageurs et harmoniser progressivement la tarification
Cette logique de complémentarité doit permettre à chaque habitant de trouver près de chez lui une alternative crédible à la voiture individuelle. Un enjeu de taille pour les communes périphériques, aujourd’hui mal reliées aux grands axes.
Un investissement de 1,2 milliard d’euros
L’ambition a un prix. Le déploiement complet du SERM Montpellier Méditerranée représente un investissement évalué à 1,2 milliard d’euros à l’horizon 2034, notamment pour l’acquisition de nouveau matériel roulant. Le fonctionnement du dispositif engendrera par ailleurs un surcoût annuel brut estimé à 37,2 millions d’euros pour assurer le niveau de service promis.
Les premières études et opérations pourront être financées en grande partie dans le cadre du Contrat de Plan État-Région 2021-2027. Côté gouvernance, le Port de Sète-Frontignan, l’Aéroport Montpellier Méditerranée, les gestionnaires routiers ainsi que les associations locales seront associés aux travaux. Les collectivités voisines pourront, elles, participer aux réflexions avec un statut d’observateur. La Métropole a déjà fléché une part importante de ses ressources vers les mobilités, comme le rappelle son budget d’investissement 2026.
Désengorger une métropole qui suffoque
Le projet répond à une réalité brutale. Avec près de 900 000 habitants, l’aire d’attraction de Montpellier concentre 73 % de la population de l’Hérault et affiche la plus forte croissance démographique parmi les onze plus grandes métropoles françaises. En 2023, les automobilistes y ont perdu en moyenne 73 heures dans les embouteillages. Sans changement, le trafic routier pourrait grimper de 20 % d’ici 2030.
Pour la Région Occitanie, porteuse du projet, le SERM doit changer la donne au quotidien.
« Dans une société moderne, les individus doivent avoir la liberté d’être reliés, de se déplacer. Avec le SERM, chacun trouvera près de chez soi le mode de déplacement adapté à ses besoins. »
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie
La fiabilité du rail reste toutefois la condition de réussite du projet. Les usagers montpelliérains gardent en mémoire les perturbations récurrentes du réseau, à l’image de la récente grève des trains liO. Avec la finalisation du dossier, les partenaires espèrent désormais accélérer les études et les travaux préparatoires. Le détail du projet est consultable sur le site de la Société des grands projets.















