Depuis le samedi 25 juillet, huit professionnels de santé du CHU de Montpellier prêtent main-forte aux équipes qui soignent les personnes évacuées face aux incendies en Gironde. Ils interviennent au parc des expositions de Bordeaux, transformé en structure temporaire de prise en charge médicale. Une mission de solidarité hospitalière annoncée ce lundi 27 juillet.
Une structure d’urgence au parc des expositions de Bordeaux
Le gigantesque incendie qui ravage la Gironde depuis le 22 juillet a provoqué l’évacuation de plus de 220 000 personnes. Parmi elles se trouvent des malades chroniques, des personnes âgées et des patients en perte d’autonomie qui ne peuvent pas rester sans suivi médical. Les autorités sanitaires ont donc installé une structure temporaire au parc des expositions de Bordeaux pour les accueillir.
C’est là que les renforts montpelliérains ont pris leur poste. Le CHU décrit la situation dans son communiqué :
« Des patients dépendants nécessitant une aide pour les actes de la vie quotidienne ainsi que des soins plusieurs fois par jour ont été accueillis au parc des expositions de Bordeaux, transformé en structure de prise en charge. »
CHU de Montpellier, communiqué du 27 juillet 2026
Intégrés à des équipes venues de plusieurs hôpitaux français, les soignants héraultais assurent la continuité des soins auprès des patients les plus fragiles. L’établissement salue l’engagement de ses personnels, partis garantir une prise en charge dans les meilleures conditions possibles.
Médecins urgentistes, infirmiers, ambulanciers et régulateurs
L’équipe dépêchée par l’hôpital montpelliérain couvre toute la chaîne de l’urgence. Elle se compose de :
- deux médecins urgentistes ;
- deux infirmiers diplômés d’État du SMUR ;
- deux ambulanciers du SMUR ;
- deux assistants de régulation médicale.
Ce panachage n’a rien d’un hasard. Les assistants de régulation médicale orientent les appels et hiérarchisent les besoins, les urgentistes et les infirmiers traitent les cas les plus lourds tandis que les ambulanciers gèrent les transferts vers les hôpitaux bordelais. Le dispositif reproduit à Bordeaux le fonctionnement d’un Samu classique, à échelle exceptionnelle.
Pour le CHU, déjà distingué au début de l’été pour un record national de prise en charge d’un AVC en 16 minutes, cette mobilisation illustre la capacité des hôpitaux publics à se soutenir mutuellement quand l’un d’eux affronte une crise majeure.
Un sinistre hors norme dans le Sud-Ouest
L’ampleur du sinistre girondin donne la mesure de la mission. Entre le 22 et le 27 juillet, les flammes ont détruit près de 42 000 hectares dans le département. Environ 2 500 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires et 1 200 policiers sont engagés sur le terrain, épaulés par de nombreux bénévoles.
Les conséquences se font sentir jusque dans l’Hérault. Les fumées portées par le vent ont dégradé la qualité de l’air ce lundi, au point de placer le département en procédure d’alerte pollution, avec fermeture du zoo et des grands parcs de Montpellier. La capitale héraultaise respire l’incendie à plus de 500 kilomètres de distance.
La solidarité s’organise aussi dans la métropole
Le CHU n’est pas le seul acteur local à se mobiliser pour le Sud-Ouest. À Castelnau-le-Lez, la municipalité a débloqué ce lundi un fonds d’urgence de 2 000 euros destiné aux communes les plus durement touchées, pour financer hébergement d’urgence, ravitaillement et logistique.
« Nous ne pouvons pas rester inactifs face au désarroi des populations locales. Nous souhaitons leur apporter un appui financier et moral pour qu’elles sachent que nous sommes à leurs côtés. »
Julien Miro, maire de Castelnau-le-Lez
Ces gestes s’inscrivent dans un été où les secours héraultais ont eux-mêmes beaucoup donné. Plus de 70 pompiers du département sont partis combattre un feu de forêt en Corse le 20 juillet, quelques semaines après un renfort envoyé sur les incendies de Fontainebleau. Une réciprocité assumée : l’Hérault, régulièrement frappé par les feux de garrigue, sait qu’il pourrait avoir besoin du même soutien demain.
La durée de la mission bordelaise des huit soignants montpelliérains dépendra de l’évolution du front des flammes. Ce lundi soir, le feu girondin restait considéré comme difficile à maîtriser par les autorités, malgré la stabilisation annoncée sur le front voisin des Landes.















