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Violences des Beaux-Arts à Montpellier : six condamnés avec sursis

Terrasse de café vide sur une place ombragée du centre historique de Montpellier

Six hommes ont été condamnés jeudi 10 septembre par le tribunal correctionnel de Montpellier à des peines de prison avec sursis comprises entre six et huit mois. Ils avaient roué de coups deux clients attablés en terrasse le 18 septembre 2025, place des Beaux-Arts, quelques heures après la manifestation intersyndicale. Particularité de cette audience : l’une des deux victimes repart elle aussi avec une condamnation.

Six à huit mois avec sursis pour les agresseurs

Sept hommes comparaissaient ce jeudi matin devant le tribunal. Six d’entre eux étaient poursuivis pour violences en réunion. Ces prévenus avaient entre 18 et 25 ans au moment des faits. Cinq ont écopé de six mois de prison intégralement assortis du sursis. Le sixième, absent de l’audience et non représenté, a été condamné à huit mois avec sursis.

Deux peines complémentaires accompagnent ces condamnations :

  • un stage de citoyenneté à effectuer dans les six mois, à leurs frais ;
  • une interdiction de détenir ou de porter une arme durant cinq ans.

Sur le volet civil, le tribunal a reconnu les deux blessés comme parties civiles. Quatre prévenus portent 90 % de la responsabilité du préjudice du plus atteint des deux. Une expertise médicale doit encore chiffrer ce préjudice. En attendant, une consignation de 1 500 euros leur est imposée, assortie d’une provision de 2 000 euros et de 1 000 euros de frais d’avocat. L’examen des intérêts civils est renvoyé à janvier 2028. Concernant la seconde victime, ses trois agresseurs lui verseront 1 500 euros de dommages et intérêts, plus 1 000 euros de frais d’avocat.

Les condamnés disposent de dix jours pour faire appel devant la cour d’appel de Montpellier.

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Une victime sur le banc des prévenus

Le cas de Sébastien, 45 ans, a occupé une bonne partie de l’audience. Attablé avec sa compagne à une terrasse voisine, ce père de famille s’était approché en entendant les cris venus de la place. Il avait alors lancé que les hommes du groupe étaient des « fachos » avant de porter un coup de poing, dans un mouvement qu’il décrit comme un geste de panique.

La suite lui a coûté cher. Roué de coups une fois au sol, il en est sorti avec des fractures au visage, quinze jours d’incapacité totale de travail et plusieurs opérations chirurgicales. Il était pourtant jugé lui aussi, pour une violence n’ayant entraîné aucune incapacité de travail. La légitime défense plaidée par son avocate n’a pas été retenue. Résultat : 500 euros d’amende, dont 150 euros avec sursis. Le ministère public en avait requis 300, dont 150 avec sursis.

« Le fascisme, ce n’est pas une insulte, c’est une caractérisation. Quand on s’infiltre dans une manifestation pour commettre des exactions, c’est du fascisme. »

Sébastien, victime et prévenu à l’audience

Le politique tenu à l’écart des débats

Tout est parti d’une phrase lancée depuis la terrasse du bar : « On veut pas de fachos ici ! » Le jeune homme qui l’a prononcée, Pierre, s’est retrouvé encerclé puis frappé au sol. Il a été blessé au thorax, au visage, aux bras et aux jambes, avec trois jours d’ITT à la clé.

Reste une question que l’audience n’aura pas tranchée : ces hommes appartiennent-ils réellement à la mouvance identitaire, comme l’affirment les victimes ? La présidente du tribunal ne les a pas interrogés sur d’éventuelles appartenances à un groupuscule. Seuls leurs avocats ont abordé le sujet en plaidoirie. « Ils sont traités de fachos alors qu’ils ne le sont pas », a plaidé Anthony Chabert, conseil de l’un des prévenus, quand un autre avocat soulignait que les prévenus n’arboraient aucun drapeau de mouvance nationaliste ou identitaire.

« On ne va pas partir sur des débats politiques, on n’est pas là pour ça. »

La représentante du ministère public, à l’audience

À la barre, les prévenus ont dit leurs regrets. L’un a évoqué sa colère d’avoir été qualifié de « facho », un autre son sentiment que ses amis étaient menacés. Plusieurs ont d’abord minimisé leur rôle avant d’être confrontés aux images de vidéosurveillance, pivot du dossier.

Un an de procédure et des zones d’ombre

Retour au 18 septembre 2025. Ce jour-là, la mobilisation intersyndicale baptisée « Bloquons tout » avait rassemblé 10 000 personnes à Montpellier selon la préfecture. En fin de cortège, une cinquantaine d’hommes, dont plusieurs masqués, avaient traversé le centre-ville derrière un drapeau tricolore. Pris à partie place de la Comédie, il avait été exfiltré par les forces de l’ordre. Une trentaine de minutes plus tard, ses membres s’installaient en terrasse aux Beaux-Arts.

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La journée avait provoqué une vive polémique. Michaël Delafosse avait dénoncé une attaque « manifestement issue de l’ultra-droite » et saisi le procureur de la République. Le sénateur Hussein Bourgi ainsi que la députée Fanny Dombre-Coste avaient interpellé le préfet de l’Hérault d’alors, François-Xavier Lauch, sur la capacité de ce groupe à circuler plusieurs heures dans la ville. Le représentant de l’État avait rejeté toute accusation de passivité.

Le procès devait initialement se tenir le 19 février. Il avait été renvoyé à la demande de l’avocat de l’un des prévenus. Près d’un an après les faits, l’audience du 10 septembre aura établi des responsabilités pénales individuelles sans que la composition du groupe ni l’action des forces de l’ordre ce jour-là soient creusées devant le tribunal.

Localisation : place des Beaux-Arts, quartier des Beaux-Arts, Montpellier