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Ambulanciers privés : grève reconductible dans l’Hérault

Ambulance privée stationnée dans une rue, transport sanitaire

Depuis le 1er juillet, les ambulanciers privés de l’Hérault ont franchi un cap. Leur mobilisation, jusqu’ici ponctuelle, est devenue reconductible et ralentit désormais les sorties d’hôpital non urgentes sur l’ensemble du territoire desservi par le CHU de Montpellier. Un secteur qui se dit « asphyxié financièrement » et qui attend des réponses du gouvernement.

Un mouvement national qui s’installe dans l’Hérault

Le transport sanitaire privé vit une crise ouverte. Réunies sous la bannière d’une intersyndicale rassemblant les quatre grandes fédérations du secteur (CNSA, FNAA, FNAP et FNMS), les entreprises ont d’abord organisé une journée nationale de mobilisation le 26 juin. Face à la canicule qui frappait alors le pays, elles avaient choisi de suspendre leurs actions en région pour ne pas fragiliser davantage un système de soins déjà sous pression et de converger vers Paris pour être reçues au ministère de la Santé.

Le geste attendu de l’État n’est pas venu. Passé l’ultimatum fixé au 1er juillet, les fédérations ont donc durci le ton. Depuis cette date, le mouvement s’inscrit dans la durée dans plusieurs départements. Dans l’Hérault, il touche de plein fouet les établissements du Groupement hospitalier de territoire (GHT) Hérault, Lozère et Sud Aveyron, ainsi que le centre hospitalier de Béziers.

« On est asphyxiés financièrement »

La formule résume la colère de la profession. Les ambulanciers dénoncent la hausse continue du prix du carburant, jamais compensée à la hauteur des enjeux, à laquelle s’ajoutent des charges salariales et sociales toujours plus lourdes. Leur principal grief reste le gel des tarifs réglementés. Le tarif de l’urgence préhospitalière est bloqué à 64 euros de l’heure depuis 2018, alors que l’inflation a dépassé 30 % depuis 2020.

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Résultat : les équilibres financiers se dégradent vite, quelle que soit la taille de l’entreprise. « Les entreprises ferment les unes après les autres et les salariés quittent le secteur », alertent les représentants des quatre fédérations. Ces derniers rappellent avoir joué le jeu des réformes demandées par l’État, avec près de 30 % des trajets désormais mutualisés et 150 millions d’euros d’économies acceptées dans le cadre du protocole conventionnel.

« Sans décision concrète, le 1er juillet marquera une rupture majeure pour le transport urgent préhospitalier. »

Dominique Hunault, président de la CNSA

Des sorties d’hôpital ralenties, les urgences préservées

Concrètement, les entreprises participantes adaptent leur activité sur tout le GHT héraultais. Les sorties hospitalières non urgentes sont progressivement ralenties afin de concentrer les moyens humains et matériels sur les missions jugées prioritaires. Les ambulanciers tiennent toutefois à rassurer les patients : le mouvement se déroule dans le respect des usagers et sans aucune entrave à la circulation.

Trois types de transports restent assurés en priorité : les transports urgents, les transports itératifs indispensables comme les séances de dialyse, de chimiothérapie ou d’oncologie et les trajets liés à la médecine de ville. La crainte porte sur la période estivale. Le système de santé héraultais, déjà mis à l’épreuve par la canicule et par l’afflux touristique, encaisse une tension supplémentaire, quelques jours après la mobilisation des pompiers de l’Hérault devant l’ARS.

Trois revendications sur la table

Les ambulanciers conditionnent la levée de leur mouvement à des réponses rapides du gouvernement et de l’Assurance maladie. Ils réclament d’abord des mesures d’urgence pour enrayer la dégradation économique des entreprises. Ils demandent ensuite un calendrier précis de réformes pour moderniser durablement l’organisation du transport sanitaire.

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Leur troisième exigence porte sur un modèle économique pérenne, via l’ouverture immédiate de négociations conventionnelles. Tant qu’aucune avancée ne sera enregistrée, le ralentissement des activités hospitalières dans l’Hérault se poursuivra. Les regards de la profession sont désormais tournés vers Paris, où se joue l’avenir d’un maillon souvent invisible mais essentiel de la chaîne de soins.