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Épilepsie : première opération au laser au CHU de Montpellier

Un neurochirurgien introduit une sonde laser dans un cadre stéréotaxique au bloc opératoire du CHU de Montpellier

Le CHU de Montpellier a réalisé sa première intervention de neurochirurgie par thermo-ablation laser pour traiter une épilepsie résistante aux médicaments. L’établissement a rendu l’opération publique jeudi 13 août. La technique permet de détruire la zone du cerveau responsable des crises sans recourir à une chirurgie ouverte.

Une sonde laser glissée par une ouverture de quelques millimètres

La méthode porte un nom anglais : Laser Interstitial Thermal Therapy, abrégé en LITT. Elle consiste à introduire une fine sonde laser jusqu’à la région cérébrale à traiter, par voie stéréotaxique, à travers une ouverture du crâne de quelques millimètres.

Le traitement se déroule ensuite sous contrôle IRM en temps réel. La thermométrie par IRM permet de suivre l’élévation de la température dans les tissus et de contrôler progressivement l’étendue de la thermo-ablation tout en préservant au maximum les structures cérébrales environnantes, décrit le CHU dans son communiqué.

L’intérêt de la manœuvre : accéder à certaines régions délicates du cerveau tout en limitant le caractère invasif de l’intervention par rapport à une chirurgie ouverte conventionnelle. Celle-ci passait jusque-là par l’ablation d’une partie du cerveau, rappelle Midi Libre. Le CHU précise que l’approche ne concerne que des épilepsies « soigneusement sélectionnées ».

Des traitements insatisfaisants pour près d’un tiers des malades

Environ 600 000 personnes vivent avec une épilepsie en France, soit 0,8 % de la population, selon l’Inserm. Près de la moitié d’entre elles ont moins de 20 ans. Santé publique France a pour sa part dénombré 685 122 personnes épileptiques traitées au 1er janvier 2020, dans une étude publiée en avril 2024, soit une prévalence de 10,2 pour 1 000 habitants. Les deux comptages ne mesurent pas la même chose : l’un estime le nombre de malades, l’autre dénombre les patients sous traitement remboursé.

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Les traitements ne suffisent pas à tout le monde. L’Inserm juge les options thérapeutiques « encore insatisfaisantes pour près d’un tiers des malades ». Quand les médicaments échouent, la chirurgie est parfois envisagée. L’institut rappelle qu’elle ne peut être proposée qu’à une minorité de patients souffrant d’épilepsie partielle pharmacorésistante.

L’imagerie cérébrale nourrit d’autres travaux dans la capitale héraultaise. Le laboratoire Praxiling s’en sert depuis 2021 pour explorer les origines du bégaiement.

Montpellier rejoint un club encore restreint

La LITT n’est proposée que dans un nombre limité de centres français. Le CHU cite notamment Paris, Amiens et Lille. La liste s’allonge : à Marseille, l’AP-HM a annoncé début mars 2026 la disponibilité de la thermo-ablation laser guidée par IRM à l’hôpital de la Timone.

La technique elle-même n’est pas neuve. D’après Midi Libre, elle avait été testée pour la première fois en France en 2006, dans le traitement de métastases. Son emploi contre l’épilepsie reste, lui, cantonné à une poignée d’hôpitaux.

L’intervention s’est déroulée à l’hôpital Gui de Chauliac, au 80 avenue Augustin Fliche. C’est l’adresse que le CHU donne pour cet établissement.

Localisation : hôpital Gui de Chauliac, 80 avenue Augustin Fliche, Montpellier.

Un renfort parisien pour la première opération

L’opération a été menée par l’équipe de neurochirurgie fonctionnelle du Pr Gaëtan Poulen, responsable de l’Unité de neurochirurgie fonctionnelle et stéréotaxique du CHU. Elle a mobilisé les neurologues épileptologues, les neuroradiologues, les anesthésistes-réanimateurs, les équipes d’imagerie et du bloc opératoire ainsi que l’ensemble des professionnels paramédicaux du parcours patient.

Sur son compte LinkedIn, le chirurgien remercie le Pr Thomas Blauwblomme, neurochirurgien à l’AP-HP, venu accompagner l’équipe montpelliéraine et lui faire profiter de son expérience. Les équipes de Medtronic sont également citées.

« Nous avons réalisé aujourd’hui avec succès notre première procédure de Laser Interstitial Thermal Therapy (LITT) au CHU de Montpellier, dans le cadre de la prise en charge d’une épilepsie pharmaco-résistante. »

Pr Gaëtan Poulen, responsable de l’Unité de neurochirurgie fonctionnelle et stéréotaxique du CHU de Montpellier

Les dates ne se recoupent pas tout à fait. Le communiqué de l’établissement est daté du jeudi 13 août, date à laquelle Midi Libre situe l’intervention. Le Pr Poulen avait pour sa part publié son annonce sur LinkedIn le vendredi 7 août, six jours avant le communiqué, en indiquant avoir opéré le jour même.

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L’annonce de la première intervention par le Pr Gaëtan Poulen.

Le choix des patients passe par une réunion collégiale

Tous les malades ne pourront pas en bénéficier. La sélection repose aussi sur une discussion collégiale au sein de l’Unité médico-chirurgicale de l’épilepsie, où sont confrontées les données cliniques, électrophysiologiques et d’imagerie de chaque patient.

Le communiqué présente cette première comme « l’aboutissement d’un important travail collectif ». Il estime qu’elle ouvre la voie au développement de la technique à Montpellier et à son intégration dans la stratégie thérapeutique de patients sélectionnés. La méthode vient compléter les techniques chirurgicales et de neuromodulation déjà proposées dans la capitale héraultaise.

Gui de Chauliac avait déjà fait parler de lui cet été avec une prise en charge d’AVC en seize minutes, présentée par l’établissement comme un record. Le communiqué ne donne aucune indication de volume.