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Vélos en free-floating à Montpellier : l’avenir de Vélomagg en jeu

Station Vélomagg avec ses vélos en libre-service à Montpellier

Des vélos que l’on prend et que l’on dépose n’importe où, sans borne ni station : le free-floating arrive à Montpellier. Au dernier conseil municipal, l’autorisation donnée à un opérateur privé a réveillé une vieille inquiétude à gauche, celle de voir le service public Vélomagg peu à peu abandonné.

Un opérateur privé autorisé à déployer ses vélos

La métropole ouvre la porte aux vélos en libre-service sans station d’attache. Ce modèle, baptisé free-floating, repose sur des bicyclettes géolocalisées que l’usager déverrouille avec une application puis laisse sur le trottoir une fois son trajet terminé. Plus de borne fixe, plus de station à rejoindre : le vélo se trouve et se dépose au plus près du besoin.

La délibération autorisant cette arrivée a été votée lors du conseil municipal du 16 juin. Elle s’inscrit dans la stratégie cyclable que la majorité met en avant depuis le début du mandat, avec un réseau de pistes qui n’a cessé de s’étendre. Pour les élus, multiplier les solutions de mobilité douce reste le meilleur levier pour réduire la place de la voiture dans la capitale héraultaise.

La gauche redoute la mort lente de Vélomagg

L’arrivée de cet opérateur n’a pas fait l’unanimité. Dans l’hémicycle, Julia Mignacca et Nicolas Hillaire ont tiré la sonnette d’alarme sur le sort de Vélomagg, le service public déjà en place et géré par TaM. Leur crainte : qu’un opérateur privé prospère pendant que la régie publique se dégrade faute d’investissement.

« On nous demande de voter une délibération sans bilan du dispositif Vélomagg. Quand on veut tuer un service public, on le laisse se dégrader et on dit que le privé fait mieux. »

Julia Mignacca, conseillère municipale, cofondatrice des Verts Populaires

Le groupe La France insoumise a voté contre la délibération. Ses élus dénoncent une logique répétée à chaque dossier impliquant un acteur extérieur : confier au privé ce qui devrait relever du service universel. La même séance avait vu la gauche radicale s’opposer au financement d’une crèche associative dans le quartier des Prés-d’Arènes, sur un argumentaire quasi identique.

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La majorité défend son bilan cyclable

Face à ces critiques, la majorité a préféré mettre en avant les chiffres de la mandature. Julie Frèche, en charge des transports, a rappelé le développement du réseau, avec 168 kilomètres de pistes sécurisées aménagés en quelques années. Un effort que la collectivité présente comme la colonne vertébrale de sa politique vélo, le free-floating venant en complément et non en remplacement.

La municipalité inscrit aussi ce dossier dans son « bouclier social », au même titre que la gratuité des transports en commun mise en place pour les habitants de la métropole. Selon ses promoteurs, additionner les offres élargit le choix des usagers sans fragiliser la régie publique. Reste que l’opposition réclame un bilan détaillé de Vélomagg avant tout nouvel arbitrage.

Vélomagg face à un nouveau modèle

Lancé il y a près de vingt ans, Vélomagg reste une institution montpelliéraine. Le service propose des vélos en libre-service, classiques et électriques, accessibles depuis des stations réparties dans l’agglomération, pour une location facturée 0,50 euro de l’heure. En mars dernier, la métropole annonçait encore l’extension du maillage et l’ajout de vélos à assistance électrique.

L’arrivée du free-floating change la donne. Les deux systèmes vont devoir cohabiter, l’un ancré dans ses stations, l’autre totalement mobile. Pour les usagers, la promesse est celle d’une couverture plus fine du territoire et d’une attente réduite. Pour la collectivité, l’enjeu sera d’éviter les dérives observées ailleurs : vélos abandonnés en travers des trottoirs, stationnement anarchique, dégradations.

Les prochaines semaines diront si les deux offres parviennent à se compléter ou si elles se livrent une concurrence frontale. La gauche municipale, elle, promet de rester vigilante sur les moyens accordés à Vélomagg. Le débat sur la frontière entre service public et initiative privée, lui, est loin d’être clos à Montpellier.

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