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Trottinettes débridées : Montpellier dégaine le curvomètre

La police municipale de Montpellier vient de franchir un cap dans le contrôle des engins de déplacement personnel motorisés. La Brigade Mobilités Douces est désormais équipée d’un curvomètre, un appareil capable de mesurer en direct la vitesse réelle d’une trottinette électrique ou d’un scooter. Lors d’une première opération place Gambetta, quatre engins débridés ont été immédiatement mis en fourrière.

Le curvomètre, un banc d’essai mobile pour les deux-roues

Un curvomètre fonctionne comme un banc de contrôle de vitesse, à la manière des équipements utilisés pour les voitures dans les centres techniques. L’agent pose la roue arrière de la trottinette sur une rampe motorisée, qui s’emballe progressivement. L’appareil enregistre la vitesse maximale atteinte par l’engin, permettant de savoir en quelques secondes si le deux-roues respecte le seuil légal des 25 km/h.

Par convention, les forces de l’ordre déduisent systématiquement 6 km/h de la vitesse brute enregistrée pour calculer la vitesse retenue, avec une marge appliquée à titre de précaution analogue à la tolérance en vigueur sur les routes. Si la vitesse retenue dépasse 25 km/h, l’engin est considéré comme débridé et son propriétaire s’expose à des sanctions immédiates.

Ce type d’appareil est déjà utilisé par plusieurs polices municipales et nationales en France. Son déploiement à Montpellier s’inscrit dans une politique de contrôle renforcé des mobilités douces, après la mise en place des amendes pour circulation sur les voies du tramway et plusieurs campagnes de sensibilisation restées sans effet suffisant.

Gambetta, premier terrain d’opération : quatre trottinettes en fourrière

Le mardi 27 mai, la Brigade Mobilités Douces de la police municipale et la Police Nationale de l’Hérault ont mené une opération conjointe place Gambetta. Vingt trottinettes électriques ont été soumises au curvomètre. Résultat : quatre engins étaient illégalement débridés. Leurs propriétaires ont reçu une amende et les trottinettes ont été immédiatement mises en fourrière, conformément à la réglementation en vigueur.

La place Gambetta, quartier animé du centre-ville, est l’un des secteurs où la concentration de trottinettes électriques est la plus forte à Montpellier. Ce choix n’est pas anodin : la police municipale indique que les contrôles se multiplieront dans les semaines à venir sur d’autres points névralgiques de la capitale héraultaise.

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Ce que risquent les conducteurs et les propriétaires

Le cadre légal est clair et les sanctions sévères. Pour un conducteur d’un engin débridé, l’amende s’élève à 135 euros, auxquels s’ajoute la possibilité d’une mise en fourrière et de la confiscation du véhicule. Mais c’est pour le propriétaire ou le responsable qui a lui-même débridé l’engin que les conséquences peuvent devenir très lourdes : jusqu’à un an d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, selon l’article L. 317-1 du Code de la route.

Au-delà du débridage, les règles de circulation sont nombreuses. Pour circuler à trottinette électrique, il faut avoir au moins 14 ans. En ville, les engins sont interdits sur les trottoirs. Dans les zones piétonnes, leur usage n’est admis que si le maire l’a explicitement autorisé, avec une vitesse plafonnée à 6 km/h, sans gêner les piétons. Hors agglomération, la circulation sur la chaussée est interdite : seuls les voies vertes et les pistes cyclables sont accessibles. Il est également interdit de transporter plusieurs personnes simultanément, sous peine d’une amende de 135 euros.

À Montpellier, où les engins de déplacement personnel font partie du quotidien de milliers d’habitants, ce durcissement des contrôles accompagne une tendance nationale. Les accidents impliquant des trottinettes ont progressé ces dernières années, en lien notamment avec la pratique du débridage, qui peut pousser certains modèles au-delà de 40 ou 50 km/h. Pour la police municipale, l’équipement en curvomètre n’est pas un gadget : c’est un outil de verbalisation objective, difficile à contester.

Un contexte de renforcement global de la sécurité des mobilités

Cette opération s’inscrit dans un contexte plus large. Fin mai, la police municipale venait tout juste de débuter les contrôles et verbalisations des cyclistes qui empruntaient illégalement les voies de la ligne 5 du tramway avenue Clémenceau, après des semaines de pédagogie restées sans effet. La même logique prévaut avec les trottinettes : sensibilisation d’abord, verbalisation ensuite.

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La Brigade Mobilités Douces, unité dédiée aux enjeux de cohabitation entre les différents modes de déplacement, monte clairement en puissance. Ses agents disposent désormais d’outils techniques qui rendent les contrôles beaucoup plus précis et incontestables qu’un simple radar de vitesse pointé sur un engin en mouvement. Le message adressé aux conducteurs est sans ambiguïté : sur les rues de Montpellier, le débridage ne passera plus inaperçu.