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Vélos sur les voies du tram à Montpellier : 90 € d’amende dès le 26 mai

Dès mardi 26 mai, les cyclistes montpelliérains qui empruntent les voies de la ligne 5 du tramway sur l’avenue Georges Clémenceau s’exposent à une amende de 90 euros. La police municipale de Montpellier passe de la sensibilisation à la répression, après plusieurs semaines d’avertissements restés sans effet.

L’avenue Clémenceau, terrain de friction entre vélos et trams

Depuis l’ouverture de la ligne 5 du tramway, le 20 décembre 2025, la Métropole de Montpellier multiplie les campagnes d’information. La réglementation est pourtant claire : il est strictement interdit de circuler sur les plateformes et les voies du tramway, quel que soit le mode de transport. Seuls les véhicules d’intérêt général en intervention, gyrophares activés, y sont autorisés à titre exceptionnel.

Mais sur l’avenue Clémenceau, entre le secteur Saint-Denis et le centre-ville, le constat reste le même semaine après semaine. Cyclistes, utilisateurs de trottinettes électriques et deux-roues motorisés continuent de remonter le long des rails de la ligne 5, malgré la signalétique installée et les pavés en quinconce déployés sur certaines portions pour décourager ces circulations.

La verbalisation commence le 26 mai

La phase de pédagogie touche à sa fin. À compter du mardi 26 mai 2026, la police municipale procédera à des contrôles et dressera des amendes. Les cyclistes, utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) et conducteurs de véhicules motorisés circulant sur les voies s’exposeront à 90 € d’amende. Le stationnement dangereux ou très gênant à proximité immédiate des voies est quant à lui passible de 135 €, avec possibilité de mise en fourrière pour les véhicules motorisés.

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De nouveaux panneaux rappelant l’interdiction pour tous les usagers vont également être installés dans le secteur. La Métropole rappelle aussi que les piétons ne doivent pas traverser les voies sans respecter les feux de signalisation.

L’itinéraire alternatif au cœur de la polémique

La Ville de Montpellier propose un parcours cyclable sécurisé pour rejoindre la place Saint-Denis depuis l’avenue Georges Clémenceau, passant par les rues Meyrueis, Enclos Fermaud, Ernest Michel et Rondelet, toutes récemment aménagées et jalonnées dans le cadre des travaux liés à la ligne 5.

Ce contournement ne convainc pas les associations de cyclistes. Pour Hélène Quillaud, de l’association Vélocité Montpellier, le problème est plus profond que la simple signalétique.

« On ne peut pas verbaliser des comportements naturels, puisque l’itinéraire direct c’est de passer par-là. »

Hélène Quillaud, Vélocité Montpellier

L’association souligne une progression de 40 % de la pratique du vélo entre 2019 et 2024 dans la métropole. L’association plaide pour des aménagements lisibles. Des cyclistes rencontrés sur place signalent que le chemin de contournement proposé oblige à emprunter une rue en sens interdit ou une alternative sans piste cyclable.

Un danger réel, rappelé par des accidents passés

Si la mesure suscite des critiques, les risques liés à la circulation sur les rails sont bien réels. Lorsque les roues d’un vélo se coincent dans les rainures des rails, la chute est quasi inévitable, souvent grave. La capitale héraultaise a déjà payé un lourd tribut : en 2016, un homme de 66 ans a perdu la vie après avoir été percuté par un tram alors qu’il traversait une voie dans le secteur de Castelnau.

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D’autres accidents, heureusement non mortels, ont eu lieu depuis l’ouverture de la ligne 5. Cette réalité nourrit le sentiment de certains usagers qui voient dans la verbalisation non pas une sanction injuste mais une nécessité.

« Je trouve que c’est sécurisant. Si on se prend les pneus dans les rails, on peut se blesser gravement. Il y en a même qui sont morts. C’est indispensable qu’on ne soit pas là. Mais pas sur le trottoir non plus. »

Une cycliste interrogée par France 3 Occitanie

Le débat renvoie à une question plus large : comment aménager l’espace urbain pour que la cohabitation entre le tramway et les modes doux reste possible sans contraindre les cyclistes à des détours mal balisés ? La réponse, pour l’heure, passera par le carnet à souches à partir de mardi.

L’avenue Georges Clémenceau, axe concerné par la verbalisation à partir du 26 mai 2026