Un homme d’une trentaine d’années est décédé jeudi 9 avril au soir après une chute de trottinette électrique rue Alexandre Cabanel, en plein centre de Montpellier. La victime ne portait pas de casque. Ce drame relance le débat sur la sécurité des usagers de ces engins dans la capitale héraultaise.
Un accident mortel en plein centre-ville
Les faits se sont produits aux alentours de 19h40, rue Alexandre Cabanel. Selon les premiers éléments, l’homme a chuté de sa trottinette électrique et a heurté violemment le sol au niveau de la tête. Des témoins présents sur place ont immédiatement alerté une patrouille de police qui se trouvait à proximité.
Les fonctionnaires ont prodigué les gestes de premiers secours en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers de l’Hérault. Malgré l’intervention rapide des secours, la victime n’a pas pu être sauvée. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, saignait abondamment au niveau de la tête. Il ne portait pas de casque au moment de l’accident.
Le casque n’est pas obligatoire en agglomération pour les utilisateurs de trottinettes électriques. Il reste simplement « recommandé » par la réglementation en vigueur.
80 morts en trottinette en 2025 : des chiffres qui explosent
Ce décès montpelliérain s’inscrit dans une tendance nationale alarmante. D’après le dernier bilan de la Sécurité routière, 80 personnes sont mortes en trottinette électrique en France en 2025, soit une hausse de 77 % par rapport à 2024. Le nombre de blessés graves a lui aussi bondi de 33 %, avec 1 100 usagers d’EDPM (engins de déplacement personnel motorisé) grièvement touchés sur l’année.
Dans la quasi-totalité des accidents mortels, le traumatisme crânien constitue la cause principale du décès. Le drame de la rue Alexandre Cabanel illustre tragiquement cette réalité : sans casque, le moindre choc à la tête peut s’avérer fatal, même à la vitesse maximale autorisée de 25 km/h.
« En 2025, la mortalité liée aux trottinettes électriques a augmenté de 77 %. Le traumatisme crânien reste la première cause de décès chez ces usagers. »
Bilan annuel de la Sécurité routière, janvier 2026
Une proposition de loi pour rendre le casque obligatoire
Face à cette hécatombe, une proposition de loi (n° 1810) a été déposée le 16 septembre 2025 à l’Assemblée nationale. Le texte vise à rendre le port du casque obligatoire pour tous les conducteurs de trottinettes et EDPM, y compris en ville. Le non-respect de cette obligation serait sanctionné par une amende de 135 euros (contravention de 4e classe).
La proposition, renvoyée à la commission des lois, pourrait être examinée au printemps 2026. Plusieurs villes n’ont pas attendu le vote du Parlement : Nice, Vence et Bourg-lès-Valence ont déjà pris des arrêtés municipaux imposant le casque à tous les âges sur leur territoire.
Montpellier durcit déjà le ton sur les trottinettes
La Ville de Montpellier a engagé depuis fin 2025 une politique de restriction de la circulation des trottinettes en centre-ville. Depuis novembre 2025, un arrêté permanent oblige les utilisateurs de trottinettes électriques à mettre pied à terre dans les principales rues piétonnes de l’Écusson : rue de la Loge, place de la Comédie, esplanade Charles de Gaulle ou encore rue de Maguelone.
Ce dispositif a été étendu le 26 janvier 2026 au quartier Antigone, avec l’interdiction de rouler en trottinette allée Jules Milhau, place du Nombre d’Or et esplanade de l’Europe. Les contrevenants s’exposent à une amende de 90 euros et à la saisie de leur engin s’il est débridé ou non assuré. Pour fluidifier la circulation des mobilités douces, la galerie cyclable souterraine sous la place de la Comédie, ouverte depuis le 27 novembre 2025, offre une alternative sécurisée vers Antigone.
Assurance obligatoire, vitesse limitée à 25 km/h, interdiction de rouler à deux, interdiction de circuler sur les trottoirs : les règles existent. Leur connaissance reste floue chez de nombreux Montpelliérains.
La question du casque, au cœur du débat
À Montpellier comme dans le reste de la France, le casque demeure un simple accessoire recommandé pour les adultes circulant en agglomération. Il n’est obligatoire que hors agglomération, sur les routes où la circulation des EDPM est autorisée par dérogation préfectorale. Cette situation interroge, alors que la sécurité des usagers vulnérables revient régulièrement dans l’actualité héraultaise.
Le décès de la rue Alexandre Cabanel pourrait alimenter la pression en faveur d’un changement législatif. Si la proposition de loi n° 1810 est adoptée, Montpellier verrait s’appliquer une mesure que les professionnels de santé réclament depuis plusieurs années. En attendant, la prudence reste de mise : selon les données de la Sécurité routière, le port du casque réduit de 70 % le risque de blessure grave à la tête.








