Une nouvelle cheffe d’état-major départemental dirige l’hôtel de police de Montpellier depuis le 1er avril 2026. Lauriane Alomene, commissaire de 38 ans formée aux Jeux olympiques de Paris 2024 et passée par les services de la préfecture de police, succède à Annabelle Challiès dans cette fonction stratégique de la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de l’Hérault.
Native de la cité surdouée et supportrice du MHR, elle revient dans sa ville après une carrière entièrement effectuée en région parisienne. Un retour aux sources qui correspond aussi à un poste hautement opérationnel.
Une commissaire montpelliéraine de retour à l’hôtel de police
Lauriane Alomene a d’abord étudié à la faculté de droit de Montpellier avant d’intégrer en 2011 l’école des officiers de la police nationale. Cinq années de terrain en région parisienne lui ont permis de découvrir le métier, avant qu’elle ne décroche le concours interne de commissaire en 2017 puis sa nomination dans le corps de conception et de direction en 2019.
Son parcours en Île-de-France passe par la Seine-Saint-Denis puis le Val-de-Marne, où elle exerce comme commissaire adjointe à Montreuil-sous-Bois et cheffe de la circonscription de Fontenay-sous-Bois. Une trajectoire qui l’éloigne géographiquement de l’Hérault sans jamais lui faire perdre le lien avec sa ville natale.
« J’ai d’ailleurs effectué mes stages de commissaire et d’officier à l’hôtel de police de Montpellier », rappelle-t-elle au moment de prendre ses fonctions, dans une interview accordée à Midi Libre. La Montpelliéraine n’arrive donc pas en terre inconnue dans cette maison qu’elle a déjà fréquentée comme stagiaire.
Une experte des grands événements et des Jeux olympiques de Paris
Le tournant majeur de sa carrière intervient en juin 2023, lorsqu’elle est recrutée par la Direction nationale de la sécurité publique (DNSP). Elle prend alors la tête de la cellule Coupe du monde de rugby 2023 et Jeux olympiques de Paris 2024, un poste qui la projette dans la planification des événements sportifs majeurs en France.
Pendant l’été olympique, son rôle est central. La gestion des renforts policiers nationaux passe par son bureau, à l’échelle de plusieurs milliers d’agents mobilisés simultanément.
« J’étais chargée des 20 000 renforts venus de toute la France, à disposition de la préfecture de police de Paris. Une expérience épuisante mais passionnante. »
Lauriane Alomene, cheffe d’état-major de la DIPN 34
Cette mission lui vaut d’être promue ensuite cheffe de la division des missions opérationnelles et cheffe d’état-major par intérim au sein de la DNSP. En mai 2025, elle est nommée chevalière de l’Ordre national du Mérite au titre du ministère de l’Intérieur, après douze ans de service. Quelques mois plus tard, elle intègre le seizième cycle supérieur ARIANE de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur, signe d’une carrière clairement orientée vers les fonctions de commandement.
« La tour de contrôle de la DIPN » dans l’Hérault
L’état-major départemental est une fonction discrète du grand public mais déterminante au quotidien. Dans la nouvelle organisation issue de la réforme de la police nationale entrée en vigueur en 2024, il chapeaute le pilotage opérationnel de l’ensemble des services dans le département : sécurité publique, police judiciaire, renseignement territorial, police aux frontières.
Lauriane Alomene résume sa mission en une formule simple. « C’est la tour de contrôle de la DIPN. Il faut savoir tout ce qui se passe sur le territoire et faire remonter les informations », explique-t-elle. Concrètement, son équipe centralise les remontées de terrain et coordonne la réponse opérationnelle sur l’ensemble de l’Hérault.
L’hôtel de police de Montpellier, situé avenue du Comte-de-Melgueil dans le quartier des Aubes, abrite le commandement départemental de la police nationale. Il dessert l’agglomération montpelliéraine ainsi que les antennes territoriales du département.
Sète, Agde, Béziers : un territoire à parcourir
La nouvelle cheffe d’état-major a prévu de se déplacer dans les autres villes du département pour rencontrer les services locaux. Sète, Agde et Béziers figurent parmi les premières étapes annoncées, dans une logique d’appropriation rapide d’un territoire vaste et contrasté.
L’enjeu est réel pour l’Hérault. Le département concentre des problématiques de sécurité variées : trafic de stupéfiants dans plusieurs quartiers de Montpellier, violences urbaines, criminalité littorale autour des ports de Sète et d’Agde, faits divers sensibles comme l’arrestation récente d’un dealer à Castelnau-le-Lez ou les violences entre adolescents au stade du Crès.
L’arrivée d’une commissaire formée aux Jeux olympiques et aux dispositifs de masse intervient également dans un contexte particulier : la fin de saison du mouvement social dans les prisons héraultaises, les opérations anti-stupéfiants régulières dans la métropole et la préparation des grands rendez-vous sportifs et culturels de l’été.
Une nomination dans la continuité d’une carrière
Lauriane Alomene voit cette affectation comme une étape « dans la continuité logique » de son parcours. À 38 ans, elle illustre une génération de commissaires formés aux missions transversales, aux grands événements et au pilotage interministériel, plutôt qu’à la seule gestion d’un commissariat de circonscription.
Pour les Montpelliérains, l’arrivée d’une enfant du pays à un poste clé de l’hôtel de police constitue un signal symbolique. Reste à savoir comment cette « tour de contrôle » saura traduire en actions concrètes les attentes locales en matière de sécurité du quotidien, sujet sur lequel les habitants de la métropole se montrent particulièrement vigilants.
