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Castelnau-le-Lez : le faux « Robin des bois » de Snapchat confondu par ses Rolex et sa BMW X5 M

Véhicule de gendarmerie en opération

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Il se faisait appeler « Robindesbois » sur Snapchat. Derrière ce pseudonyme un brin romantique, la gendarmerie de Castelnau-le-Lez a identifié un trafiquant de cannabis qui menait grand train dans l’est de la métropole. Interpellé le lundi 20 avril 2026, l’homme a été présenté deux jours plus tard au tribunal judiciaire de Montpellier et placé en détention provisoire.

Son chiffre d’affaires présumé donne le vertige : près de 1,12 million d’euros depuis 2020, selon la comptabilité minutieuse qu’il tenait lui-même. Les saisies dépassent 270 000 euros.

Un pseudonyme qui met les gendarmes sur sa piste

Tout part d’un téléphone saisi dans une autre affaire. En épluchant les conversations, les gendarmes de Castelnau-le-Lez repèrent un compte Snapchat qui revient souvent. Le pseudonyme choisi par son propriétaire, clin d’œil assumé au héros des forêts, attire immédiatement l’attention des enquêteurs.

Très vite, le doute n’est plus permis : « Robindesbois » apparaît comme un fournisseur régulier de produits stupéfiants pour plusieurs revendeurs du secteur. Son identité réelle, elle, se dissimule soigneusement. Aucun contrat à son nom. Pas de véhicule officiel déclaré. Des renseignements administratifs incomplets. L’homme s’applique à rester invisible des services.

Les investigations techniques finissent pourtant par parler. Les gendarmes remontent la piste numérique jusqu’à un habitant du secteur qui, officiellement, ne perçoit que des allocations chômage. Sauf qu’il dépense à l’évidence bien au-delà de ses revenus déclarés.

Rolex, BMW X5 M et 21 000 euros en liquide

Le 20 avril au matin, l’opération d’interpellation se déroule au domicile du suspect. La perquisition révèle un véritable catalogue de luxe. Les gendarmes y découvrent 21 000 euros en espèces, environ 90 grammes de cannabis, trois montres Rolex dont l’une achetée le 14 avril dernier pour 14 000 euros et une autre acquise en octobre 2025 pour 38 500 euros.

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S’y ajoute une BMW X5 M estimée à plus de 100 000 euros, deux téléphones et surtout un document qui va peser lourd dans le dossier : un cahier de comptes tenu scrupuleusement par l’intéressé, détaillant chaque transaction.

C’est grâce à cette « tenue de compte » que les enquêteurs chiffrent le volume d’affaires. Depuis 2020, l’homme aurait écoulé pour environ 1,12 million d’euros de cannabis sous différentes formes, principalement auprès de revendeurs locaux. Au total, les avoirs saisis approchent les 270 000 euros entre liquide, comptes bancaires, véhicule et objets de valeur.

Castelnau-le-Lez, commune limitrophe de Montpellier où l’interpellation a eu lieu

Les gendarmes ironisent sur « une opération qui n’avait rien d’un conte »

Sur leur page Facebook, les gendarmes de l’Hérault ont communiqué autour de cette affaire avec un humour inhabituel. Ils évoquent les « trésors découverts » lors de la perquisition et saluent au passage la méticulosité de leur suspect.

« Une opération qui n’avait rien d’un conte. Une comptabilité très… organisée de l’activité illicite a été retrouvée au domicile de l’intéressé. »

Gendarmerie de l’Hérault, publication Facebook du 21 avril 2026

Cette communication décontractée tranche avec le ton habituel des services, plus factuel. Elle reflète aussi une pratique de plus en plus répandue dans la gendarmerie nationale, qui mise sur les réseaux sociaux pour valoriser ses opérations et toucher un public plus large que les seuls communiqués de presse.

Comparution immédiate le 24 avril à Montpellier

Présenté le 22 avril au tribunal judiciaire de Montpellier, le mis en cause a été placé en détention provisoire le temps qu’une audience soit programmée. Son dossier devait être examiné ce vendredi 24 avril en comparution immédiate, une procédure rapide utilisée lorsque les faits sont considérés comme suffisamment étayés par l’enquête.

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Ce dossier s’inscrit dans une actualité chargée pour la brigade de Castelnau-le-Lez, régulièrement mobilisée sur des affaires de stupéfiants. Il rappelle aussi la série d’opérations coup de poing menées ces dernières semaines sur le secteur montpelliérain, à l’image des quatorze interpellations réalisées à la Cité Gély après cinq jours d’opération anti-drogue.

En début de mois, un autre dossier avait marqué les esprits : un trafic de cocaïne et de cannabis démantelé avec une Kalachnikov dans un appartement familial du quartier Tournezy. Les enquêteurs pointent la même logique : des trafiquants qui investissent leurs revenus illégaux dans le luxe et l’armement. Ils finissent par attirer l’attention justement par leurs dépenses.

Un train de vie incompatible avec des allocations chômage

Le profil du « faux Robin des bois » illustre une méthode d’enquête désormais courante. Les services croisent les déclarations sociales du suspect avec ses signes extérieurs de richesse. Trois Rolex acquises en moins de six mois pour plus de 50 000 euros cumulés, une BMW haut de gamme, 21 000 euros en liquide : le décalage avec le statut de demandeur d’emploi est trop grand pour ne pas éveiller les soupçons.

Les services de la gendarmerie rappellent que les comptes bancaires, comptes en ligne, contrats de location, assurances et cartes grises sont désormais croisés systématiquement dès qu’un renseignement initial évoque un trafic. Un dossier comme celui-ci se construit moins sur une prise en flagrant délit que sur la cohérence entre ce que le suspect gagne et ce qu’il consomme.

L’affaire sera suivie de près par le tribunal de Montpellier, au moment où les avocats mènent justement une grève du zèle contre la loi Sûre qui ralentit le traitement des procédures. Dans ce contexte, la comparution immédiate du 24 avril constitue un test supplémentaire pour les délais de jugement de la juridiction héraultaise.

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