Depuis vendredi après-midi, plusieurs dizaines de passionnés campent devant la boutique Swatch du passage Lonjon à Montpellier, chaises pliantes en main, pour décrocher l’une des montres de poche Royal Pop, née de la collaboration entre Swatch et Audemars Piguet. La vente débute samedi 16 mai au matin.
Une file qui déborde sur la rue de la Loge
Le spectacle était insolite, vendredi 15 mai, à l’angle du passage Lonjon et de la rue Jacques-Cœur, dans le centre historique de Montpellier. Des dizaines de personnes se sont installées sur des chaises pliantes devant la boutique Swatch, bien décidées à patienter toute la nuit pour être parmi les premiers servis samedi matin.
La file s’est rapidement allongée jusqu’à déborder sur la rue de la Loge, faisant de la scène l’une des plus insolites observées dans la capitale héraultaise depuis longtemps. Cette mobilisation témoigne de l’engouement mondial déclenché par la nouvelle collection Swatch Bioceramic Royal Pop, fruit de la collaboration avec la manufacture horlogère suisse Audemars Piguet.
Montpellier, l’une des rares adresses en province
La boutique du passage Lonjon est l’une des seules adresses provinciales autorisées à vendre la collection, aux côtés de Bordeaux, Lille et Lyon. Les amateurs parisiens ont davantage de choix avec plusieurs enseignes dans la capitale. Hors Île-de-France, le nombre de points de vente reste très limité, ce qui explique la mobilisation particulière observée à Montpellier.
La mise en vente en boutique physique, sans réservation préalable en ligne, impose la règle du premier arrivé, premier servi. Une contrainte qui transforme mécaniquement l’ouverture de caisse en événement, quelle que soit la ville.
« Les Royal Pop, c’est la montre la plus folle de l’année. On a décidé de venir la veille pour être sûrs d’en avoir une. C’est un objet unique, mi-montre mi-bijou. Le prix reste accessible pour une pièce Audemars Piguet. »
Un passionné de l’Hérault, dans la file d’attente du passage Lonjon
Que sont exactement ces montres de poche collectors ?
La collection Swatch Bioceramic Royal Pop marque une rupture radicale avec les collaborations précédentes de Swatch. Exit la montre-bracelet classique de la MoonSwatch ou de la Blancpain x Swatch Fifty Fathoms : cette fois, Audemars Piguet et Swatch ont transformé l’emblématique Royal Oak en montre de poche, dans un format inédit.
L’objet peut se porter autour du cou, accroché à un sac, glissé dans une poche. Il peut également être posé comme horloge de bureau grâce à un support amovible fourni avec la montre. Le boîtier mesure 40 mm sans le clip de fixation (44,2 mm × 53,2 mm avec), pour une épaisseur de 8,4 mm. Comme la Royal Oak originale signée Gérald Genta en 1972, chaque modèle conserve la lunette octogonale ornée de huit vis hexagonales et la texture de cadran « petite tapisserie » caractéristique d’Audemars Piguet.
La collection se décline en huit modèles, en clin d’œil aux huit vis de la lunette, réalisés en biocéramique, un matériau breveté par Swatch composé de poudre de céramique et d’un dérivé biosourcé d’huile de ricin. Six modèles adoptent un affichage dit Lépine (couronne à 12 heures), deux autres une configuration savonnette (couronne à 3 heures, petite seconde à 6 heures). Parmi les teintes les plus remarquées : la monochromatique Green Eight, la graphique Ocho Negro en noir et blanc et la très colorée OTG ROZ qui associe cadran bleu-vert, lunette jaune et détails roses.
Un mouvement mécanique à 385 € : la vraie surprise
Sous des dehors ludiques, la Royal Pop dissimule une technique horlogère soignée. Chaque modèle est animé d’une version à remontage manuel du mouvement SISTEM51 de Swatch, intégrant 15 brevets actifs, une réserve de marche de plus de 90 heures et des spiraux Nivachron antimagnétiques, une technologie co-développée avec Audemars Piguet. Un indicateur visuel inédit signale l’état du remontage : le barillet apparaît gris lorsque la montre doit être remontée et doré lorsqu’elle est pleinement armée.
Le prix officiel est fixé à 385 € (ou 400 $). Ce tarif, perçu comme accessible pour une pièce estampillée AP, alimente les discussions dans la communauté horlogère mondiale. Pour certains collectionneurs, cette affordabilité garantit une revente rapide à prix majoré ; pour d’autres, elle rend la collection simplement désirable pour ce qu’elle est.
Que la vente de samedi matin au passage Lonjon satisfasse tous ceux qui ont passé la nuit à patienter reste à voir. Les quantités disponibles dans chaque boutique n’ont pas été communiquées. Une chose est ce












